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Crabe des neiges : les travailleurs d'usine ont du mal à joindre les deux bouts

Des crabiers du Nouveau-Brunswick entassent les crabes dans des bacs de glace.
Des crabiers du Nouveau-Brunswick entassent les crabes dans des bacs de glace. Photo: Radio-Canada / Élisa Serret
Radio-Canada

Des travailleurs d'usines de transformation du crabe des neiges de la Péninsule acadienne demandent une aide immédiate au gouvernement fédéral. Plusieurs peinent toujours à travailler un nombre d'heures suffisant en raison de la diminution des débarquements de crabe des neiges.

Les employés de l'usine Ichiboshi de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, travaillent moins d'heures que souhaitées depuis le début de la saison. Ils doivent donc se contenter d'un plus petit salaire.

« On gagne moins que l'assurance-emploi et les employés sont à bout de souffle. C'est notre cinquième semaine sans arrêt », indique Jean-Maurice Leclair, employé à l'usine Ichiboshi et représentant syndical.

Selon lui, une vingtaine de travailleurs ont été mis à pied récemment en raison de la diminution du nombre de prises, par rapport à l'année dernière.

Il réclame une intervention immédiate du gouvernement fédéral.

Le travailleur devant l'usineAgrandir l’imageJean-Maurice Leclair, représentant syndical à l'usine Ichiboshi Photo : Radio-Canada / François Vigneault

On demande des solutions pour les travailleurs saisonniers dans l'industrie du crabe des neiges.

Jean-Maurice Leclair, employé à l'usine Ichiboshi et représentant syndical

Par exemple, il aimerait voir des mesures qui certifient un emploi à temps plein pour les travailleurs durant la saison. Actuellement, la plupart d'entre eux ont des semaines de travail bien en deçà de 40 heures par semaine.

Des travailleurs découragés

Raymond Hébert, un autre travailleur de l'usine Ichiboshi, est aussi exaspéré par les conditions de travail. Il dit faire environ 27 heures par semaine. « Je ne fais pas beaucoup d'argent et en plus je fais un long voyage pour venir travailler », explique l'homme qui fait environ 40 km matin et soir pour se rendre au travail.

La situation décourage tellement Raymond Hébert qu'il compte prendre sa retraite l'automne prochain : « Physiquement, je suis encore capable de travailler, mais au point ou c'est rendu ça ne vaut plus la peine de travailler ».

L'homme devant l'usineAgrandir l’imageRaymond Hébert, employé de l'usine Ichiboshi Photo : Radio-Canada / François Vigneault

La semaine dernière, le ministre fédéral des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, a tenu à rassurer les travailleurs d'usines en disant qu'ils travailleront suffisamment pour se qualifier à l'assurance-emploi.

Toutefois, Jean-Maurice Leclair dit ne pas avoir vu ces promesses se réaliser pour le moment.

Plus de débarquements aux Îles-de-la-Madeleine

La fermeture de plusieurs zones de pêche près de la Péninsule acadienne pousse les pêcheurs du Nouveau-Brunswick à décharger leurs prises aux Îles-de-la-Madeleine.

L'entreprise de transformation de fruits de mer La Renaissance des Îles travaille en collaboration avec quatre crabiers de la Péninsule acadienne cette année comparativement à deux crabiers dans les dernières années.

« Il y en a plus cette année, mais c'est les affaires, la libre-entreprise », explique Lynn Albert, présidente de La Renaissance des Îles. Toutefois, l'augmentation des débarquements aux Îles-de-la-Madeleine n'est pas directement liée à la perte d'emploi dans les usines de transformation du Nouveau-Brunswick.

« Si je calcule le nombre de crabiers qui sont ici avec les quotas qu'ils ont, ça équivaut à quatre jours de travail à Caraquet, donc ce n'est pas ce qui va faire fermer les usines », affirme Lynn Albert.

Avec les informations de François Vigneault et Philippe Grenier

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches