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Dans le Grand Montréal, 10 % des propriétés se vendent plus cher que demandé

Un plex à vendre via Proprio Direct.

Les plex sont de plus en plus en demande dans le Grand Montréal.

Photo : Radio-Canada / Marie Lépine-Loiselle

Radio-Canada

La surenchère dans le secteur immobilier prend de l'ampleur dans le Grand Montréal; l'an dernier, 1 propriété sur 10 s'est vendue plus cher que le prix demandé.

Un texte de Jérôme Labbé (Nouvelle fenêtre)

Selon une étude de la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) rendue publique mercredi, le phénomène est en hausse depuis un an dans tous les grands centres urbains du Québec, soit Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay.

Mais c'est dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal que la surenchère a pris le plus d'ampleur pendant la période étudiée, qui va de mai 2017 à avril 2018.

Pendant cette période, 9,9 % des propriétés – maisons unifamiliales, condos et plex confondus – ont été vendues à un prix supérieur à celui affiché au départ. C'est plus élevé que le taux de 6,8 % observé pendant la période précédente, soit de mai 2016 à avril 2017.

En moyenne, ces propriétés ont été achetées environ 15 000 $ de plus que le prix initial.

Elles se sont aussi vendues plus rapidement qu'avant. Alors qu'en 2016-2017, il aurait fallu 8,7 mois pour écouler toutes les propriétés à vendre dans le Grand Montréal, cette durée s'est raccourcie à 6,8 mois en 2017-2018.

« Plus le nombre de mois est faible, plus les vendeurs sont en position de force lors des négociations », explique la FCIQ dans son rapport.

Directeur de succursale pour Royal-Lepage dans l'ouest de Montréal, George Gaucher confirme que certains types propriétés se vendent comme des petits pains chauds depuis quelque temps.

« La maison détachée à 300 000 $ ou 400 000 $ dans des secteurs intéressants, ça c'est évident, même que dans certains secteurs, ça va jusqu'à 500 000 $; dans Notre-Dame-de-Grâce, c'est les copropriétés aux alentours de 500 000 $ ou 600 000 $; il y a les duplex qui sont dans Villeray, La Petite-Patrie, ce coin-là... Et puis dans Griffintown, ajoute-t-il. Je vous dirais que les coins les plus chauds en ce moment, c'est probablement ceux-là. »

La folie des plex se poursuit

Ce sont généralement les plex, ces petits immeubles locatifs de deux à cinq logements, qui font davantage l'objet de surenchère dans la RMR de Montréal. Pas moins de 14,9 % des plex vendus l'an dernier l'ont été à un prix plus élevé que celui indiqué.

Ce taux était de 10,4 % pour les maisons unifamiliales et de 7,6 % pour les condos, un type de propriété moins difficile à trouver dans la grande région métropolitaine.

La RMR de Montréal est une entité géostatistique définie par Statistique Canada. Avec ses 91 municipalités, elle couvre un territoire légèrement plus grand que celui de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui compte 82 municipalités.

Cette amplification de la surenchère témoigne de conditions de marché qui se sont resserrées depuis un an, analyse la FCIQ. En excluant les constructions de propriétés neuves, on observe que le nombre de ventes a crû de 7 % en 2017-2018 et que l'offre de propriétés à vendre a reculé de 9 % pendant la même période, et ce, pour l'ensemble du Québec.

Résultat : une baisse de l'inventaire à l'avantage des vendeurs, qui reçoivent de plus en plus d'offres multiples, observe George Gaucher.

« Ce que les courtiers font maintenant – évidemment il faut que le propriétaire soit d'accord –, c'est qu'ils vont mettre la maison en marché, disons le vendredi, et les premières visites se font le dimanche lors de portes ouvertes. Et là, ils invitent tout le monde. Et à la fin de ces portes ouvertes là, si le produit est attrayant, vous allez avoir jusqu'à huit offres le dimanche soir », illustre-t-il.

La FCIQ prédit qu'il est « peu probable » que la surenchère continue à prendre de l'ampleur à court terme.

« Du côté de la demande, la remontée des taux d’intérêt va refroidir graduellement, quoique légèrement, les ardeurs des acheteurs, prévoit-elle. Du côté de l’offre, les nouveaux vendeurs dans les quartiers chauds risquent de s’adapter à cette réalité en demandant des prix plus élevés. Aussi, à moyen et à long terme, l’offre de nouvelles propriétés peut s’ajuster par une hausse des mises en chantier. »

La Fédération conclut cependant que « dans les quartiers centraux, ce sont surtout des projets de copropriétés qui verront le jour » et que « les nouvelles unifamiliales et les nouveaux plex demeureront une denrée rare, ce qui maintiendra une certaine pression sur les prix ».

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