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Racisme et harcèlement : Halifax présente des excuses à un employé municipal

L'hôtel de ville d'Halifax.

La Ville d'Halifax a présenté ses excuses à un mécanicien de son service d'autobus.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Le directeur général de la Municipalité d'Halifax, Jacques Dubé, a présenté ses excuses à un mécanicien du réseau de transport en commun de la ville et à sa famille pour la discrimination raciale dont l'employé a été victime sur son lieu de travail.

Le mécanicien est identifié par les initiales Y. Z. dans le jugement de 78 pages rendu mardi par la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse.

Lynn Connors, qui présidait les travaux de la Commission, a jugé que le harcèlement et la discrimination dont Y. Z. et certains de ses collègues ont été victimes témoignent d’un « environnement de travail toxique » à Halifax Transit.

Une litanie d’incidents et d’agressions physiques

Le plaignant est Blanc, et dit avoir été ciblé parce qu’il est marié à une Afro-Néo-Écossaise possédant le statut d’Autochtone, et à cause de son association avec des collègues de travail autochtones ou afro-néo-écossais. Sa plainte avait été déposée en 2006.

Y. Z. a été ciblé à répétition par des injures à caractère racial et des messages intimidants. Ses outils de travail ont été endommagés, on l’a délibérément frôlé avec un autobus et on lui a lancé un écrou de roue d’autobus.

Un autobus d'Halifax quittant un terminus.

Des autobus du réseau de transport en commun d'Halifax.

Photo : CBC / Robert Short

Le jugement rapporte aussi des incidents racistes, des abus et du dénigrement à l’endroit d’autres mécaniciens d’origine inuite ou africaine.

Un superviseur, Arthur Maddox, est la personne qui a été jugée responsable de la plupart des actes discriminatoires. Il a été congédié en 2000, mais a pu reprendre son emploi après avoir déposé un grief.

Le mécanicien Y. Z. rapporte s’être présenté avec son épouse à un événement social lié au travail pour entendre le superviseur Maddox déclarer à haute voix : « Nous ne voulons pas ce genre de personnes ici ».

Arthur Maddox est aussi cité dans la plainte pour avoir déclaré que « le racisme devrait être une loi » permettant de « tirer sur quelqu’un » sans subir de conséquences.

À un autre moment, des employés rapportent un message signé « Un membre de Baby Hitler » dans les toilettes des hommes, qui indiquait : « Toutes les minorités ne sont pas les bienvenues » et « Brûlez une croix ».

La Commission des droits de la personne a déterminé que les témoins entendus étaient crédibles.

La Ville plaide la liberté d’expression

La Municipalité d’Halifax s’est défendue devant la Commission en invoquant la liberté d’expression de ses employés, disant que les commentaires et les propos tenus entre eux constituaient une forme de liberté d'expression garantie par la Constitution.

Le dossier, a cependant jugé Lynn Connors, « n’a rien à voir avec la liberté d’expression ».

« La Municipalité régionale d’Halifax est responsable des actions de ses employés et n’a pas fait assez pour mettre fin à leur comportement inapproprié », a déclaré Mme Connors.

« Arthur Maddox a été en mesure d’agir d’une manière désobligeante, agressive et raciste », estime Mme Connors, et les comportements discriminatoires de ce superviseur et de son entourage ont pu se produire sans que des efforts ne soient déployés pour y mettre fin.

Des excuses

« Même si notre organisation a pris des mesures concrètes pour mettre en place une culture de diversité et d’inclusion, nous avons plus de travail à faire », a déclaré le directeur général de la Municipalité régionale d’Halifax, Jacques Dubé, en réaction à ce jugement de la Commission des droits de la personne.

La Ville dit respecter les conclusions de la Commission et présente des excuses au plaignant et à sa famille.

M. Dubé se dit résolu à défendre un milieu de travail sans harcèlement, où les travailleurs sont traités avec respect et dignité.

La Commission siégera lundi prochain pour discuter de mesures réparatrices envers le plaignant.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Droits et libertés