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La province commencera à élaborer sa stratégie en matière d’agression sexuelle cet été

Le ministre de la Justice de la Saskatchewan, Don Morgan s'est engagé à commencer l'élaboration d'une stratégie provinciale en matière d'agression sexuelle dès cet été.

Photo : CBC News/Adam Hunter

Radio-Canada

Pour la première fois, le gouvernement de la Saskatchewan s'engage clairement à mettre en place une stratégie à l'échelle provinciale pour lutter contre la violence sexuelle après des années de pression de la part de l'opposition et des groupes d'appui aux victimes. Le ministre de la Justice, Don Morgan, dit que son gouvernement commencera à élaborer sa stratégie cet été.

Un texte d’Andréanne Apablaza

La Saskatchewan est la seule province canadienne à ne pas avoir sa propre stratégie en matière d’agression sexuelle. Elle a aussi le deuxième taux d’agressions sexuelles par habitant, derrière le Manitoba.

Après avoir ouvert la porte à l’idée de discuter d’un plan ce mois-ci, le ministre de la Justice s’est officiellement engagé à élaborer une stratégie lors de la période de questions de l’Assemblée législative, lundi.

La porte-parole de l’opposition en matière de justice, Nicole Sarauer, a demandé au ministre d'élaborer deux stratégies distinctes, l’une en matière de violence familiale, et l’autre, en matière d’agression sexuelle.

« Ceux qui travaillent dans ces domaines vous diront que la Saskatchewan a besoin à la fois d'une stratégie d'agression sexuelle et une stratégie de violence familiale », a-t-elle expliqué. « Le ministre peut-il s'engager à élaborer une stratégie d'agression sexuelle et une stratégie globale de violence familiale? »

Le ministre Morgan s’est levé, a répondu oui et s’est rassis.

Par courriel, Don Morgan s’est engagé à nouveau mardi à mettre au point une stratégie en matière d’agression sexuelle. « Les travaux sur [ces stratégies] commenceront cet été, mais il est important de noter qu'ils prendront du temps pour assurer qu'ils seront complets », écrit-il.

Nicole Sarauer, qui demande cette stratégie depuis des années, a salué l’engagement du ministre, mais elle s’est dite déçue du manque de réponses de ce dernier quant à l’échéancier du projet.

« Il est temps que le gouvernement prenne les devants et fasse ce qu’il faut pour rattraper les autres provinces », explique-t-elle.

Élaboration de la stratégie

Le NPD souhaite que les intervenants du milieu soient consultés dans l’élaboration de cette stratégie provinciale. « Nous voulons que ceux qui travaillent à soutenir les survivant(e)s soient consultés. Nous voulons aussi que les victimes soient consultées; ils ont un rôle important à jouer pour déterminer ce que nous devons faire pour résoudre ce problème dans la province » a dit la députée.

Selon des données de Statistique Canada, les agressions sexuelles autodéclarées sont en hausse en Saskatchewan.

Le nombre de dénonciations au Service de police de Saskatoon est passé de 275 en 2013, à 359 en 2017, une augmentation de plus de 30 %.

À Regina, la situation est similaire. Le Service de police a reçu 185 rapports d’agression sexuelle en 2017, alors qu’il en a reçu 146 en 2013.

La Saskatchewan est la deuxième province au pays, après le Manitoba, à avoir le plus d'incidents d'agressions sexuelles autodéclarées.

La Saskatchewan est la deuxième province au pays, après le Manitoba, à avoir le plus d'incidents d'agressions sexuelles autodéclarées.

Photo : Radio-Canada

La directrice du Bureau de la prévention de la violence basée sur le genre de l’Université de Regina, Roz Kelsey, estime que cet engagement de la province est prometteur. « Nous avons beaucoup de personnes bien informées, avec une grande expertise, qui pourraient aider, comme les travailleurs de première ligne, les différents fournisseurs de services et les anciennes victimes d’agression sexuelle », explique-t-elle.

Elle estime que les universités sont limitées dans leurs efforts pour lutter contre la violence sexuelle en raison de compressions budgétaires. « Si le gouvernement s'engageait à soutenir les efforts déployés pour régler ce problème, nous aurions amplement l'occasion d’agir efficacement pour le régler et ce serait très encourageant », ajoute-t-elle.

Le gouvernement s’est aussi engagé à mettre en place une stratégie en matière de violence familiale. Le ministre Morgan dit vouloir élaborer cette stratégie en respectant les 19 recommandations du rapport sur les décès liés à la violence familiale en Saskatchewan, dévoilé le 24 mai.

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