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Crise du recyclage : la qualité des matières recyclées est le nœud du problème, dit la ministre Melançon

Des ballots de papier, de carton et de plastique au centre de tri de Saguenay
Des ballots de papier, de carton et de plastique au centre de tri de Saguenay Photo: Radio-Canada / Mélissa Savoie-Soulières
Radio-Canada

La ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, demande aux centres de tri du Québec de se moderniser et de revoir leurs méthodes, afin d'offrir un produit de qualité. Elle a rencontré mercredi les principaux acteurs de l'industrie du recyclage pour trouver des pistes de solution afin de traverser la crise qui secoue leur secteur.

La qualité des matières recyclées est « le nœud » du problème, selon la ministre. L’industrie québécoise est en manque de débouchés pour ses produits, dont la qualité est critiquée.

Isabelle Melançon soutient qu’auparavant, il était facile d’envoyer n’importe quelle matière recyclée en Chine, et qu’il n’était donc pas nécessaire d’améliorer sa qualité.

Mais depuis le début de l’année, la Chine impose une limite de 1 % de contaminants dans le papier journal qu’elle recycle.

Le pays a presque fermé ses frontières aux importations de matières recyclables québécoises et le prix des ballots de papier a chuté sur les marchés.

Depuis, la plupart des centres de tri du Québec fonctionnent à perte, et des tonnes de ballots de matières recyclées continuent de s'accumuler.

Une économie circulaire

La ministre Melançon n’a pas annoncé de subventions ou de fonds d’urgence, mercredi, pour aider cette industrie en crise.

Comme piste de solution, elle suggère aussi de créer une économie circulaire, pour « faire affaire avec le Québec ».

Peut-être que c’est le moment de parler d’une opportunité d’affaires, si on est capables d’augmenter la qualité de notre recyclage et de faire de l’économie circulaire, donc de consommer ici; de récupérer ici; de recycler ici; de revaloriser ici; de créer des emplois ici.

La ministre Isabelle Melançon

La ministre Melançon dit avoir eu des discussions avec les entreprises Cascades et Kruger « qui ne cessent de dire qu’ils sont prêts à prendre des matières québécoises ».

Selon elle, ils importent de la matière des États-Unis et de l’Ontario et non pas du Québec « pour des questions de qualité ».

« On parle avec l’entreprise privée qui met de nouveaux produits sur le marché au niveau de l’emballage, mais comment elle aussi peut nous aider? Alors c’est d’une façon très globale, très macro, qu’on a parlé aujourd’hui », a souligné le porte-parole du Service aux citoyens, développement durable, approvisionnement et environnement à la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau.

« Les gens commencent à comprendre », soutient pour sa part le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Karel Ménard.

Il faut revoir le système dans son ensemble. Subventionner des centres de tri parce qu’ils font des pertes avec les matières qu’ils récupèrent, ce n’est peut-être pas la solution.

Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

Les citoyens doivent-ils encore recycler?

Oui, a insisté la ministre Melançon, qui a indiqué que 80 % des matières sont encore recyclées, même si elles sont vendues à perte.

« Au moment où on se parle, rien n’est allé à l’enfouissement, rien n’est allé à l’incinération », a-t-elle dit. On continue de poser les bons gestes, et les Québécois le font depuis une trentaine d’années. »

Les 27 centres de tri du Québec récupèrent un million de tonnes de matières recyclables par année, ce qui équivaut à 100 000 camions à ordures, dont 700 000 tonnes de papier, a noté la ministre Isabelle Melançon.

Avec les informations de Mathieu Dion

Environnement

Économie