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  • Archives
  • François Gendron : un doyen de l’Assemblée nationale du Québec qui accumule les records

    L'animatrice Claudine Boubonnais annonce le retrait politique de François Gendron. On retrouve à l'arrière-plan une grande photo de monsieur Gendron.
    Le député François Gendron se retire après 42 ans à l'Assemblée nationale du Québec. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    L'Assemblée nationale du Québec perd son doyen en cette fin de session parlementaire du printemps 2018. François Gendron, député d'Abitibi-Ouest, prend sa retraite après avoir établi un record de longévité en tant que parlementaire québécois. Nos archives ont suivi, au cours de toutes ces années, l'exceptionnelle carrière du garçon du septième rang de Val-Paradis.

    Une carrière pleine de surprises

    François Gendron quittera le Parlement en octobre 2018 après avoir été pendant 42 ans un de ses élus.

    Le député d’Abitibi-Ouest lui-même le confirme. Il est surpris que son parcours parlementaire l’ait amené à occuper certaines des plus hautes fonctions de l’État québécois.

    En fait, il croyait être battu à l’élection provinciale du 15 novembre 1976. Sa conjointe, pour sa part, espérait qu’il revienne à la maison et retourne au domaine de l’enseignement après ce scrutin. Les électeurs abitibiens en ont décidé autrement et le jeune animateur pédagogique s’est retrouvé propulsé au « Salon de la race ».

    Cérémonie de présentation du cabinet de René Lévesque, 26 novembre 1976

    Le 26 novembre 1976, René Lévesque, fraîchement assermenté comme premier ministre du Québec, dévoile la composition de son cabinet. Le premier ministre confirme qu’il a donné au député péquiste d’Abitibi-Ouest l'un des deux postes de whip adjoint du gouvernement. Nos archives ont capturé le bref moment où le nouveau whip adjoint, souriant timidement, s'est levé de son siège pour saluer les invités à la cérémonie.

    Cette nomination se révèle la première étape d’une exceptionnelle carrière comme responsable de l’État québécois.

    Entre novembre 1976 et avril 2014, François Gendron devient tour à tour ministre de la Fonction publique, de l’Éducation, des Ressources naturelles et de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Il occupe finalement le poste de vice-premier ministre entre septembre 2012 et avril 2014.

    En mai 2007, il succède à André Boisclair de manière intérimaire comme chef du Parti québécois.

    Les exploits s’accumulent…

    Le député est admiré par les électeurs pour son honnêteté, et il est craint par ses adversaires pour son franc-parler. François Gendron devient un député pratiquement indélogeable dans sa circonscription électorale.

    Reportage du 7 décembre 2008

    Mais en 2008, malgré sa popularité, il appréhende d’être vaincu. C’est ce que rapporte le journaliste Francis Labbé à la veille de l’élection générale du 8 décembre 2008. François Gendron est réélu même si le gouvernement libéral de Jean Charest retrouve sa majorité au Parlement.

    À l’automne 2008, François Gendron réussit un autre exploit très rare dans l’histoire du parlementarisme québécois. Député d’un parti de l’opposition, il est élu 43e président de l’Assemblée nationale du Québec. C’est la première fois depuis 1887 qu’un député ne provenant pas des banquettes ministérielles accède à ce prestigieux poste.

    Téléjournal, 21 octobre 2008

    La correspondante parlementaire Martine Biron explique l’exceptionnel événement au Téléjournal du 21 octobre 2008.

    Le gouvernement libéral du premier ministre Jean Charest est alors minoritaire à l’Assemblée nationale. À la rentrée parlementaire, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec veulent indiquer aux libéraux qu'ils ne contrôlent pas entièrement le parlement. Les deux partis d'opposition préfèrent le doyen François Gendron au candidat du premier ministre, le député libéral Yvon Vallières. Le premier ministre fulmine.

    À peine assermenté, le président Gendron doit affronter le courroux du premier ministre Jean Charest. Il réplique au premier ministre avec doigté et assurance. Jean Charest doit se plier à la volonté de la majorité des députés. Il prépare cependant sa contre-attaque.

    Dès qu’il le peut, Jean Charest dissout le Parlement. Les élections du 8 décembre 2008 redonnent une majorité aux libéraux.

    François Gendron enregistre alors un autre record : celui d’avoir occupé le moins longtemps le fauteuil de président de l’Assemblée nationale. Gageons qu’il aurait préféré ne pas réussir ce dernier exploit!

    Le député d’Abitibi-Ouest conclut en cette fin de session parlementaire une remarquable carrière politique. Saluons au passage le dévouement d’un homme qui a démontré pendant plus de quatre décennies un intérêt profond pour le bon fonctionnement de l’État québécois.

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