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La chasse au trophée attire des touristes francophones en Saskatchewan

Le reportage de Lise Ouangari

Saviez-vous que des ours, des chevreuils et d'autres gros animaux sont chaque année en Saskatchewan dans le viseur de chasseurs francophones? Ces trophées attirent de nombreux Québécois qui ne rechignent pas à mettre la main au porte-monnaie et parcourir des milliers de kilomètres pour enrichir leur tableau de chasse.

Un texte de Lise Ouangari

Dans la famille de Bruno Ouellette, on est chasseur de génération en génération. Originaire de l’Estrie, au Québec, ce dernier a chassé dans le monde entier.

Toutefois, la Saskatchewan demeure l’une de ses destinations de prédilection. Il s'est rendu dans cette province des Prairies plus d’une douzaine de fois.

La chasse, c'est ma passion, mais juste le gros gibier.

Bruno Ouellette

Ce printemps, le chasseur est revenu en Saskatchewan avec un but précis, avoir une peau d'ours. « Soit l'ours cannelle ou l'ours blond, parce que ça se trouve juste dans l'Ouest canadien », explique-t-il.

Par un dimanche de mai, après plusieurs heures de vol vers Saskatoon, le chasseur se rend vers midi à la pourvoirie Great Grey Outfitters, au nord de Prince Albert.

Son propriétaire, Claude Juteau, est un chasseur québécois installé dans la province depuis une dizaine d'années. Sur place, il informe son client qu'un ours blond a été repéré sur son terrain. Cela semble combler les attentes du chasseur, qui ne tient plus en place. Il n'attend qu'une chose : partir à la chasse dès 16 heures.

Je suis encore plus heureux, j'ai des frissons.

Bruno Ouellette
Bruno Ouellette au centre et Claude Ouellette regardent des photos sur un ipad. Bruno Ouellette (au centre) est heureux de voir la taille et la couleur de l'ours blond que Claude Juteau (à gauche) a pris en photo dans sa pourvoirie. Photo : Radio-Canada

Bruno Ouellette est d'avis que la Saskatchewan compte de plus gros gibiers, comparativement au Québec, où la chasse est plus intensive, selon lui, car il y a plus de chasseurs et moins d’espace.

« En Saskatchewan, les bêtes sont plus grosses, elles ont eu la chance de grossir. Au Québec, [...] ils ne laissent pas l'animal grossir, la génétique a beaucoup baissé », déplore-t-il.

Ce que vous voyez dans une journée ici, ça prend presque cinq, six, sept ans à voir au Québec.

Bruno Ouellette
Bruno Ouellette assis sur un siège installé dans les arbres regarde dans le viseur de son fusil. Bruno Ouellette a chassé dans le monde entier, mais la Saskatchewan demeure l’une de ses destinations de prédilection pour la chasse. Photo : Radio-Canada

« Peut-être 30 à 40 % de ma clientèle est du Québec », affirme Claude Juteau. « Il n'y a pas de barrière de langue, je suis natif du Québec. Je connais beaucoup de monde du Québec, il y a beaucoup de gens qui me suivent parce que c'est devenu des amis. »

C'est vaste, c'est le paradis pour tous les amateurs de plein air. Pour quelqu'un qui aime la chasse, la pêche, c'est merveilleux.

Claude Juteau

Une semaine de chasse à l'ours peut coûter au moins 4500 $ dans la pourvoirie. Un voyage cher, mais qui en vaut la peine, selon Bruno Ouellette.

Une heure après être entré dans la forêt, le chasseur québécois aura finalement abattu l'ours blond d'environ 150 kg. Ce sera maintenant l'occasion en soirée, de rencontrer d'autres passionnés de chasse, pour raconter son aventure.

Six personnes sont réunies autour d'une table et discutent en mangeant. Bruno Ouellette (à gauche) apprécie l'ambiance de ces voyages où les chasseurs peuvent se raconter leurs aventures. Photo : Radio-Canada

« C'est surtout un beau party, ce n’est pas une chasse individuelle, c'est un party. Le soir, on se réunit, puis tout est bien captivant », dit-il.

Et la chasse est aussi une façon chaque fois pour lui de découvrir une province qu'il affectionne. « Surtout quand vous venez le printemps, puis l'automne, vous voyez toutes les différences, c'est différent du Québec », conclut le chasseur.

Saskatchewan

Chasse et pêche