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  • Le sombre destin du pianiste André Mathieu

    Le pianiste André Mathieu jouant une des compositions au piano familial, en 1956 Photo: Radio-Canada / Reportage de l'émission Carrefour, 2 mars 1956
    Radio-Canada

    Il y a 50 ans, le pianiste et compositeur André Mathieu était retrouvé sans vie à son domicile de Montréal. La carrière de celui qu'on avait surnommé le « Mozart canadien » déclinait depuis plusieurs années déjà. Nos archives nous révèlent un jeune homme sombre, mais ô combien talentueux!

    À l’émission Carrefour du 2 mars 1956, le journaliste Jacques Languirand s’entretient avec André Mathieu. Le pianiste et compositeur se situe alors dans la fin de la vingtaine.

    En réalité, c’est son père, Rodolphe Mathieu, qui répond à la majorité des questions du journaliste. Il raconte le parcours de son fils, cet enfant prodige.

    Rodolphe Mathieu, compositeur connu, a été le premier maître d’André Mathieu. Il dit que son fils « manifestait des dons » depuis l’âge de 2 ans. André n’a que 4 ans lorsqu’il compose et joue ses premiers morceaux. Son père l’envoie à New York pour qu’on prenne bien la mesure de son talent. À 5 ans, il donne au Ritz-Carlton un récital de ses œuvres. Boursier du gouvernement du Québec, le jeune pianiste part ensuite à Paris pour y étudier durant 3 années.

    Assis mollement devant le piano familial, André Mathieu se redresse un peu pour décrire son style musical : « un genre de romantisme moderne ».

    Ses yeux s’animent au moment de parler de ses dernières œuvres : un quintette pour quatuor à cordes et piano et un poème symphonique qu’il est à peaufiner. Lorsque le journaliste aborde « cette affaire de pianothon », son regard devient fuyant.

    En conclusion de l’entrevue, André Mathieu interprète une toute nouvelle composition : Scherzando.

    Cette pièce musicale ne sera transcrite sur papier qu’en 1962. Elle n’a jamais été endisquée.

    André Mathieu en 1967, quelques mois avant sa mort

    Jeunesse oblige, 21 novembre 1967

    Moins d’un an avant sa disparition, l’émission Jeunesse oblige du 21 novembre 1967 est consacrée à André Mathieu. L'animateur Michel Dussault dresse le portrait du pianiste et compositeur.

    La biographie est entrecoupée d’un témoignage filmé d’André Mathieu, cigarette à la main, le regard camouflé par des verres fumés.

    « On s’engueulait tout le temps », dit-il à propos de son père, « amicalement, mais c’était toujours une engueulade ».

    Sur la musique électronique : « Je ne considère pas que c’est de la musique. Je considère que ce sont des bruits. Très bon pour les suspens à la télévision ou dans les films au cinéma, mais mon dieu qu’on n’appelle pas ça de la musique! De la musique par équation! »

    La ferveur du pianiste est intacte lorsqu’il passe derrière le piano. Il interprète plusieurs de ses pièces musicales au cours de l’émission, dont sa préférée : Mistassini.

    Entre quelques répliques acerbes, André Mathieu se permet aussi des pointes de poésie :

    À vingt ans, j’ai choisi d’exécuter mes œuvres parce que je suis contre la peine de mort. Je ne peux pas faire exécuter mes œuvres par d’autres

    André Mathieu

    Et pourtant. Depuis quelques années, le pianiste Alain Lefèvre s’est donné pour mission de faire revivre l’œuvre d’André Mathieu, notamment son Concerto de Québec.

    Le 14 juin prochain, le grand pianiste québécois soulignera d’ailleurs le 50e anniversaire de la disparition d’André Mathieu dans un concert à la Maison symphonique.

    L’événement, auquel participent de nombreux autres artistes invités, sera diffusé en direct sur Ici Musique.

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