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Des élèves dénoncent un code vestimentaire injuste et sexiste à l'école

Gabrielle Arseneault et Maude Basque sont élèves à l'École Mathieu-Martin de Dieppe. Elles croient que le code vestimentaire est sexiste envers les filles.

Gabrielle Arseneault et Maude Basque sont élèves à l'École Mathieu-Martin de Dieppe. Elles croient que le code vestimentaire est sexiste envers les filles.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Radio-Canada

Des élèves de l'École secondaire Mathieu-Martin dénoncent le nouveau code vestimentaire qui leur est imposé. Plusieurs jeunes le qualifient d'« injuste » et de « sexiste », car ils sentent que ces nouveaux règlements visent surtout les filles.

Un texte de Catherine Allard

Les robes moulantes et les chandails qui tombent des épaules ou qui montrent le dos ne seront plus tolérés à l’École Mathieu-Martin à Dieppe, au Nouveau-Brunswick. Les culottes courtes et les robes doivent également cacher une partie de la cuisse et les débardeurs doivent cacher le corps.

Si des élèves ne respectent pas le code vestimentaire, ils seront suspendus.

« Ce n’est pas juste pour les filles. Des six points qui étaient sur le code vestimentaire, il y en avait cinq pour les filles et juste un pour les gars. C’est visé vers nous autres », dit Jade Montiel, une élève, à la sortie de l’école.

Les élèves de 12e année Josée Gauvin, Alyssa Bourgeois et Natasha LeBlanc ne comprennent pas pourquoi leurs corps dérangent autant leurs professeurs. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les élèves de 12e année Josée Gauvin, Alyssa Bourgeois et Natasha LeBlanc ne comprennent pas pourquoi leurs corps dérangent autant leurs professeurs.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

C’est sexiste en masse. Ils visent plus les filles que les garçons. Ils disent beaucoup de choses qu’on ne peut pas porter pour les filles, et pour les garçons c’est juste une muscle shirt. C’est injuste.

Josée Gauvin, élève de 12e année à l’école Mathieu-Martin

« Ils ont dit qu’ils allaient tolérer les muscle shirts pour les gars, mais pour nous autres, c’est tolérance zéro. “ Et si vous nous écoutez pas, c’est la suspension ”, donc c’est la même conséquence que si tu fais des drogues à l’école, c’est injuste », dit Maude Basque.

Les garçons questionnés sont moins préoccupés par le nouveau code vestimentaire.

« Ça ne me dérange pas vraiment, parce que moi, ce que je porte, ça ne dérange pas. Mais c’est injuste pour les filles, parce qu’elles ne peuvent pas porter ce qu’elles veulent », dit Gabriel Thériault, un élève de 9e année.

Xavier Roy-Lanctôt, Gabriel Thériault, Noah Richard croient que le code vestimentaire ne changera pas beaucoup de choses pour les garçons. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Xavier Roy-Lanctôt, Gabriel Thériault, Noah Richard croient que le code vestimentaire ne changera pas beaucoup de chose pour les garçons.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Des adolescentes se sentent visées

Face à ce code vestimentaire, des élèves rapportent se sentir mal dans leur peau.

« On nous dit toujours de nous aimer nous-mêmes et de ne pas être self conscious. Mais quand on nous dit de nous changer et que ça dit qu’il faut qu’on se couvre, ça dit qu’on n’a pas le droit de s’aimer et de montrer les choses qu’on aime », déplore Natasha LeBlanc.

Ça fait depuis qu’on est jeunes qu’on dit que ce n’est pas à nous de nous faire dire comment nous habiller, mais c’est aux gars de ne pas faire des commentaires sexuels sur tout ce qu’on porte.

Jade Montiel, élève à l’École Mathieu-Martin
Jade Montiel (à gauche) et Julie Sweetapple (à droite) craignent l'impact de ce nouveau code vestimentaire sur l'estime personnelle des jeunes filles. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jade Montiel (à gauche) et Julie Sweetapple (à droite) craignent l'impact de ce nouveau code vestimentaire sur l'estime personnelle des jeunes filles.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Un groupe d’élèves dit avoir l’intention de rencontrer le directeur, Michel Power. Elles espèrent qu’il acceptera d’assouplir certaines règles.

« On est un groupe de filles et on va aller parler au directeur, parce que c’est très injuste », dit Julie Sweetapple.

L’école refuse de s’expliquer

Le directeur de l’école, Michel Power, a expliqué aux élèves vendredi dernier qu’un nouveau code vestimentaire entrait en vigueur. Les parents ont reçu un courriel les informant des changements lundi.

Michel Power a refusé, mardi, de répondre aux questions de Radio-Canada sur le processus qui a mené à la mise en place de ce code vestimentaire.

La direction refuse également de donner l’autorisation aux élèves membres du conseil étudiant de nous accorder une entrevue sur le sujet.

Le danger de sexualiser les filles

Le regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) croit que les écoles doivent être prudentes afin de ne pas sexualiser les jeunes filles.

« Quand on dit que le corps est un problème, particulièrement celui des jeunes filles, et qu’on vient sexualiser un corps qui n’a pas de raison de l’être parce qu’on parle d’un milieu scolaire, c’est là qu’on crée des inégalités », explique la directrice générale du RFNB, Nelly Dennene.

Le regroupement affirme même avoir reçu des appels et des messages d’une poignée de parents qui avaient des questions quant à l’interprétation du code vestimentaire de l'École Mathieu-Martin et aux façons d’aborder la question avec leur adolescent.

Quand on dit que l’élève sera suspendu, et qu’on suspend uniquement les filles, il y a un danger parce qu’on envoie le message que c’est toi le problème et on t’exclut.

Nelly Dennene, directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Le code vestimentaire de l'École Mathieu-Martin :

  • les bustiers (chandails tube top) et les chandails à épaules dénudées (off the shoulder) sont interdits;
  • les robes moulantes sont interdites;
  • les vêtements transparents sont interdits;
  • le dos et l’abdomen doivent être couverts;
  • les culottes courtes et les robes doivent couvrir le fessier en entier et une partie de la cuisse;
  • les débardeurs doivent couvrir le corps.

La démarche à suivre si un élève ne respecte pas le code vestimentaire :

  • un membre de la direction rencontre l’élève le plus rapidement possible et lui demande de se couvrir;
  • si l’élève ne respecte pas la directive de la direction, il sera suspendu à l’externe et une communication avec les parents aura lieu avant la réintégration de l’élève.

En mars, le regroupement féministe et la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) ont mis sur pied un guide afin d'aider les élèves et les écoles à développer ensemble des codes vestimentaires inclusifs et respectueux. L'objectif était surtout d'en arriver à des codes moins sexistes.

La présidente de la FJFNB, Sue Duguay, affirme que ce n'est pas son rôle de juger du code vestimentaire de l'école, mais elle affirme qu'elle « recommande le respect de tous et l’égalité des genres » dans le développement des politiques.

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