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Montréal prête à accueillir des calèches électriques

Une calèche devant l'hôtel de ville de Montréal

Montréal compte retirer progressivement les calèches tirées par des chevaux.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Radio-Canada

La Ville de Montréal se dit « absolument ouverte » à autoriser prochainement la présence de calèches électriques dans son centre-ville. Celles-ci pourraient remplacer les calèches actuelles, puisque l'administration de Valérie Plante compte retirer progressivement ces véhicules tractés par des chevaux.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

« Je ne pense pas qu’il y ait de problèmes [pour des calèches électriques] », assure le conseiller Craig Sauvé, responsable du dossier animalier au sein du comité exécutif, au cours d’une entrevue accordée mardi à Radio-Canada.

La veille au soir, interrogé par un citoyen au cours de la période de questions réservée au public durant la séance mensuelle du conseil municipal, M. Sauvé avait déjà indiqué trouver cette initiative « intéressante ».

Depuis plusieurs années, Projet Montréal soutient cette idée, qui a déjà vu le jour dans les rues de Rome, en Italie.

Ce type de véhicule pourrait s’insérer dans une stratégie globale pour « le tourisme guidé » dans le Vieux-Montréal.

La Ville entend d'ailleurs retirer petit à petit les calèches tirées par des chevaux. « C’était une promesse de campagne électorale, on l’a promis et on va la réaliser », confirme Craig Sauvé. Une annonce, avec les détails de ce retrait, devrait être faite dans les prochaines semaines.

Les guides préservés, défend la Ville

Au sein de l’administration de Valérie Plante, « on ouvre la porte aux propositions » de l’industrie pour l’arrivée de calèches électriques, confirme le conseiller de Verdun Sterling Downey.

Selon lui, ces véhicules permettraient de « préserver la notion du patrimoine ».

Ce que veulent les touristes, ce n’est pas un animal [avec une calèche]. C’est un guide, avec un costume, qui va leur parler de l’histoire de Montréal.

Sterling Downey

« [Avec l’électrique] il n’y a pas d’exploitation de l’animal qui pourrait lui causer du tort ou du mal, ajoute Craig Sauvé. L’électrique, c’est écologique et c’est probablement plus facile en termes d’entreposage. Il n’y a pas besoin non plus d’écuries. »

Il est hors de question, néanmoins, pour la Ville d’investir dans de tels véhicules. « Les calèches, aujourd’hui, c’est une industrie privée », souligne Sterling Downey, qui invite les entreprises intéressées « à proposer un projet. »

À ce jour, précise Craig Sauvé, aucun projet n'a encore été communiqué à l'administration municipale.

Un test finalement interdit en 2016

Un cocher dans une calècheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En 2016, le cocher Jacques Prud'homme avait tenté de mettre en circulation une calèche électrique dans les rues du Vieux-Montréal.

Photo : Courtoisie

Une telle idée avait déjà été testée par un cocher montréalais, durant l’été 2016. Cette première calèche électrique au Québec avait cependant été rapidement retirée des rues de la métropole en raison de sa non-conformité aux règlements.

Désormais, la Ville pense avoir les coudées franches pour un tel déploiement.

Une telle autorisation « prendrait un règlement sur le réseau routier, sur les transports », selon Craig Sauvé. Mais Montréal a « de nouveaux pouvoirs qui pourraient nous permettre de modifier certains règlements pour avoir ces calèches électriques », ajoute Sterling Downey.

Le vélo-pousse en réflexion

Mettre en place des vélos-pousse dans les rues du Vieux-Montréal, qui permettraient à des piétons de s’installer dans une carriole, à l’arrière d’un vélo, est l’une des autres idées imaginées par Sterling Downey. Une telle initiative permettrait de créer des emplois pour les jeunes, durant l’été, soutient-il. « C’est du transport actif et on peut même l’imaginer remplacer le taxi. Tu peux partir de Verdun, être sur ton téléphone, travailler, et arriver au centre-ville. Dans l’optique d’une Ville qui va vers plus de transport actif, plus d’employabilité, c’est intéressant. »

« Trop dispendieux », selon Lucky Luc

Qu’en pense l’industrie des calèches? Patron de Lucky Luc, seule écurie opérant dans le Vieux-Montréal, Luc Desparois reste sceptique.

« C’est loin d’avoir le même charme qu’avec des chevaux », clame-t-il.

Il confie cependant y avoir déjà pensé, notamment depuis l’adoption d’un nouveau règlement animal, qui oblige les chevaux à rester au repos lorsque la température atteint 28 degrés Celsius.

« J’y ai pensé, car quand il fait trop chaud, on perd de l’argent. On ne peut pas prendre les chevaux et ça tue nos profits. Une calèche électrique est une alternative », avoue-t-il.

Cependant, le prix d’un tel investissement l’aurait dissuadé. « C’est entre 15 000 $ et 20 000 $. C’est trop dispendieux, dit-il. Et remplacer tous nos chevaux par des véhicules électriques, ce n’est pas possible. »

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