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Des parulines partout dans l'Est-du-Québec

Paruline tigrée.
La migration des parulines atteindra son sommet au cours des prochains jours. Sur la photo, on aperçoit une paruline tigrée. Photo: Rémi Torrenta
Radio-Canada

Des dizaines de milliers de parulines ont survolé le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord au cours des dernières heures. L'observatoire d'oiseaux de Tadoussac parle même de migration historique. L'abondance de tordeuses du bourgeon de l'épinette y est pour quelque chose.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

« Peut-être un des plus gros mouvements de passereaux néotropicaux jamais observés en Amérique du Nord », peut-on lire sur la page Facebook de l'Observatoire.

Lundi, entre 5 et 16 heures, on estime à 183 000 le nombre de parulines qui ont survolé le secteur où deux observateurs étaient postés, soit à la Pointe-à-John, à Grandes-Bergeronnes.

Partout dans l'est, des citoyens rapportent des observations inusitées... et des oiseaux retrouvés morts après avoir frappé des vitres de bâtiments.

En Matanie, le biologiste Hugues Deglaire a compté par dizaines le nombre de parulines retrouvées mortes près des bâtiments du centre-ville.

Des parulines qui avaient percuté les fenêtres de l'école Victor-Côté de Matane ont été recueillies par les élèves, le temps qu'elles puissent reprendre leur esprit.Des parulines qui avaient percuté les fenêtres de l'école Victor-Côté de Matane ont été recueillies par les élèves, le temps qu'elles puissent reprendre leur esprit. Photo : Hugues Deglaire, photographe / Hugues Deglaire

Selon ce passionné d'ornithologie, le temps froid des derniers jours a retardé la migration de ces oiseaux insectivores, ce pour quoi ils ont formé un immense groupe au sud de la frontière.

C'était trop froid, il n'y avait pas d'insectes, donc elles ont attendu plus au sud et elles sont passées toutes en même temps, ce qui explique ce nombre impressionnant qu'on ne voit pas d'habitude.

Hugues Deglaire, biologiste, Saint-Ulric

Le bateau de ces pêcheurs de Baie-Comeau a aussi servi de halte au milieu du fleuve pour des parulines en migration (gracieuseté : Sébastien Vallée).

Un lien avec la tordeuse

Chenille de tordeuse sur une épinette.Chenille de tordeuse sur une épinette Photo : Radio-Canada

L'abondance de parulines cette année au Québec s'explique par l'épidémie de la tordeuse du bourgeon de l'épinette.

Les trois parulines les plus observées sont appelées les « parulines à tordeuse » puisqu'elles se délectent de cette chenille qui abonde dans les forêts de la région.

Selon le professeur associé à l'UQAR en écologie des oiseaux, Marc-André Villard, à cause de l'abondance de nourriture, les parulines ont pondu entre sept et huit oeufs. Il s'agit du double d'une couvée dite normale.

Il y a aussi un meilleur taux de survie dès la première année, car les oiseaux qui quittent le nid sont très bien nourris.

Marc-André Villard, professeur associé, UQAR

Environnement