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Des renforts pour mieux accueillir les réfugiés à Rimouski

Une famille de réfugiés installée à Rimouski en 2017.

Une famille de réfugiés installée à Rimouski en 2017.

Photo : Radio-Canada / Archives

Radio-Canada

Le ministère québécois de l'Immigration accorde davantage de ressources à Rimouski pour mieux intégrer les réfugiés parrainés par l'État. L'organisme Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent (AIBSL), qui est responsable d'organiser l'arrivée de ces réfugiés, reconnaît qu'il a été débordé au cours de la dernière année; il fait l'objet de critiques sur l'accompagnement offert jusqu'ici à ces nouveaux arrivants.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

La présidente du conseil d'administration d'AIBSL, Danielle Dufresne, admet que des ajustements ont dû être faits au cours de la dernière année, notamment pour assurer une meilleure concertation entre son organisme et les intervenants en éducation et en santé. « C’est un nouveau mandat. Personne sur le territoire de la ville n’avait l’expérience de ce type d’approche auprès des réfugiés », explique Mme Dufresne.

AIBSL manquait aussi de personnel. Il vient d'obtenir 120 000 $ de Québec pour engager trois nouvelles personnes, ce qui fera passer le nombre d'employés de deux à cinq. Les nouveaux employés auront le mandat d'organiser des jumelages et d'accompagner les réfugiés pour faciliter leur intégration, une tâche qui revenait jusqu'ici à des bénévoles.

C'était vraiment une problématique d'avoir [seulement] une personne à temps plein pour faire tout ce qu'il fallait faire. Il y avait du débordement vraiment de tous côtés.

Danielle Dufresne, présidente du C. A. d’Accueil et intégration BSL

Rimouski a accueilli 65 réfugiés parrainés par l’État depuis qu’elle a été désignée comme ville d’accueil par le gouvernement provincial, en janvier 2017. La première famille est arrivée en avril 2017. La majorité des réfugiés parrainés par l'État jusqu'ici à Rimouski sont originaires du Congo, de République centrafricaine et de Colombie. Des réfugiés syriens ont aussi été accueillis, mais grâce à un parrainage privé.

Lacunes dans l'accompagnement des réfugiés

Radio-Canada a pu discuter avec plusieurs sources qui œuvrent auprès des réfugiés sur le terrain à Rimouski. Celles-ci ont fait part de critiques envers AIBSL, qu’ils accusent de ne pas offrir suffisamment de suivi, à long terme, aux réfugiés qui s'installent à Rimouski.

Par exemple, ces sources confirment que certains réfugiés ont dû attendre plusieurs semaines, voire quelques mois, pour avoir des meubles de base comme une table de cuisine ou un divan. « Les réfugiés sont vraiment laissés à eux-mêmes », déplore un intervenant près du dossier, qui a requis l’anonymat.

La présidente d'Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent nie ces informations, en affirmant que personne n'a été laissé pour compte au cours de la dernière année. « Que des gens soient entrés dans un appartement, et que pendant longtemps, il n’y avait rien, ça ne se peut pas dans l’organisation. Impossible », soutient Mme Dufresne.

Les critiques viennent aussi de John Kabano, qui était, jusqu’au 30 avril, coordonnateur de l’accueil aux réfugiés pour AIBSL, et dont le contrat n’a pas été renouvelé. Il accuse son ancien employeur de ne pas faire de suivi adéquat des réfugiés dont il est responsable.

Il y a de la frustration, parce que des gens me disaient : "Si on savait que c’était ça, on ne serait pas venus à Rimouski". Ils sont comme perdus, ils ne savent plus sur quel pied danser.

John Kabano, ancien coordonnateur de l'accueil aux réfugiés d'AIBSL

Intégration au marché de l'emploi

En plus des nouvelles sommes accordées à Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent, la Ville de Rimouski a obtenu une subvention provinciale de 84 000 $ pour embaucher une personne qui aura le mandat de mettre en place une table de concertation pour aider les réfugiés à intégrer le marché du travail.

Cette personne sera supervisée par la Société de promotion économique de Rimouski (SOPER) et doit entrer en poste d’ici quelques jours. Le maire suppléant, Rodrigue Joncas, affirme qu'elle n'aura pas comme mandat de superviser AIBSL, qui continuera son travail de façon autonome.

« Les lacunes sont plus dans le fait qu’on n’avait peut-être pas toutes les ressources en place pour les accueillir. Au fur et à mesure qu'on a constaté les besoins qui n'étaient pas comblés, on s'est retournés de bord et on a dit au gouvernement : "On est une ville d'accueil, on a ce qu'il faut, mais on a besoin de votre aide" », indique le maire suppléant de Rimouski, Rodrigue Joncas.

Le ministère québécois de l’Immigration a réalisé une évaluation d’AIBSL en avril. Bien qu’il refuse de dévoiler les conclusions de ce bilan mi-annuel, il affirme qu’il est « satisfait d’AIBSL » et que l’organisme « déploie tous les efforts nécessaires » pour favoriser l’intégration des réfugiés.

Bas-Saint-Laurent

Nouveaux arrivants