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Des égoûts neufs pour la plage Parlee, mais pas à temps pour l'été

De nombreuses personnes se prélassent sur la plage et se baignent dans l'eau.
La plage Parlee est l'une des principales attractions touristiques du Nouveau-Brunswick. (archives) Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le système d'égoût, qu'on a déjà soupçonné de causer l'écoulement d'eaux usées à la plage Parlee, à Shediac, sera remplacé au coût de 1,5 million de dollars, mais pas à temps pour la saison touristique 2018.

Des documents du gouvernement obtenus par des résidents grâce à la loi sur l’accès à l‘information démontrent que les autorités soupçonnaient l’été dernier que les infrastructures mêmes du parc provincial pouvaient être une cause de la contamination de la baie par des bactéries fécales.

L’ingénieur principal affecté à ce dossier, Jacques Paynter, dit dans un courriel qu’il voulait prévenir les sous-ministres d’un problème potentiellement « sérieux ».

Les infrastructures du parc provincial de la plage Parlee ne relèvent pas de la Commission des égouts de Shediac et des banlieues, elles relèvent du ministère du Tourisme.

Les eaux usées provenant des cantines, du restaurant et des toilettes du parc circulent dans un réseau de conduites qui les mène, en principe, à l’usine de traitement.

Mais un rapport commandé par le gouvernement en mai 2017 mentionne la possibilité de fuites, puisque seulement un faible volume d’eaux usées aboutit à l’usine de traitement.

Des eaux usées s’écoulent probablement dans le sable, expliquent les auteurs du rapport.

Un panneau sur lequel il est écrit que l'eau est impropre à la baignadeBaignade interdite ou permise? Des panneaux à la plage Parlee informent les visiteurs. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Jacques Paynter, l’ingénieur à la tête du comité directeur de la plage Parlee, a révisé le rapport et conclut que la situation pouvait entraîner de sérieuses conséquences. Il a envoyé un courriel à ce sujet à Martin MacMullin, le directeur du parc, lorsque le rapport a été terminé en juin 2017.

La possibilité que le sable constitue à long terme « un réservoir de bactéries » préoccupait particulièrement M. Paynter. Il recommandait que le problème soit réglé l’été dernier afin d’éviter que la baignade soit déconseillée à cause de la contamination.

Le gouvernement affirme qu'une étude subséquente a écarté les égoûts du parc provincial comme source possible de contamination.

Le problème n’a toutefois pas été réglé pour autant. La baignade a été déconseillée huit fois en 2017 parce que le taux de bactéries fécales dans l’eau était trop élevé.

Les travaux se termineront à l’automne

Un groupe de travail formé par le gouvernement a passé un an et demi à étudier les causes possibles de la contamination des eaux. Dans un rapport publié le mois dernier, le groupe conclut qu’il faut faire plus d’études pour déterminer avec précision l’origine de la pollution.

La décision a été prise de remplacer le système d'égout parce qu'il est vieux et qu'il pourrait devenir une source de contamination, explique Anthony Doiron, porte-parole du ministère de l'Environnement.

Les travaux de remplacement du système d’égout du parc ont commencé ce printemps, précise-t-il, et ils ne seront terminés qu’à l’automne après la fermeture du parc.

La plage déserteLa baignade à la plage Parlee a été déconseillée huit fois l'an dernier. Photo : CBC/Paul Hantiuk

Les conduites du système sous les dunes du parc datent de 1974.

Le but est de brancher les égouts du parc au système municipal.

Investissement tardif, mais raisonnable, selon un groupe de résidents

L’association Red Dot, qui réclame des mesures pour améliorer la qualité des eaux de la plage Parlee, reproche au gouvernement de n’avoir pas agi dès l’an dernier.

« Pourquoi le gouvernement n’a pas bougé plus vite que ça pour réparer la situation? Parce qu’il était au courant de ça au mois de juin 2017, alors toutes les réparations auraient pu être faites et prêtes pour l’année 2018 », affirme Arthur Melanson, résident de Pointe-du-Chêne et membre de l’association Red Dot.

Arthur Melanson interviewé devant le pavillon du parc de la plage Parlee« Ils avaient du temps en masse pour commencer l’ouvrage à l’automne, au courant de l’hiver, au courant du printemps, pour être prêt pour 2018. C’est frustrant un peu de voir qu’ils n’ont pas fait les efforts nécessaires de régler la situation », affirme Arthur Melanson, de l’association Red Dot. Photo : Radio-Canada

La somme consacrée aux travaux est raisonnable, selon lui, étant donné les besoins.

« C’est un très gros projet. Ce n’est pas juste une question de changer un tuyau. C’est qu’ils remplacent tout. [..] Le montant d’argent est raisonnable, et je pense que ça le mérite à cause du bijou économique et de l’attrait touristique de cette plage. Il faut que ce soit nettoyé, que ce soit mis comme ça devrait l’être, pour avoir une belle plage propre, pour qu’on puisse [s’y] sentir en sécurité », souligne Arthur Melanson.

Le parc de la plage Parlee a ouvert ses portes vendredi dernier. Les échantillons analysés au préalable ont confirmé que les eaux étaient propres.

Avec des informations de Gabrielle Fahmy, de CBC, et de Pierre-Alexandre Bolduc

Nouveau-Brunswick

Infrastructures