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Fermeture d’une nouvelle zone de pêche : « la maison est en feu et on la regarde brûler »

Un reportage d'Élisa Serret
Radio-Canada

Prendre le large en vaut-il encore la peine? Des crabiers sont de plus en plus découragés devant l'annonce de la fermeture d'une nouvelle zone de pêche dans le golfe du Saint-Laurent, afin de protéger les baleines noires.

Un texte de Catherine Allard

Des pêcheurs de crabe pourraient ramasser leurs casiers et revenir à quai pour de bon, selon un représentant des crabiers, même si la saison n’est pas terminée et qu’ils sont encore loin d’avoir atteint leur quota.

L’exaspération des pêcheurs est palpable, selon le directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), Jean Lanteigne.

Rendu où on est là, il n’y a absolument plus rien à faire. C’est comme si la maison est en feu et on la regarde brûler. Et d’ici la fin de la semaine, il y aura probablement encore d’autres zones de fermées.

Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels

La taille de la zone fermée temporairement va pratiquement doubler, mercredi. Cette nouvelle mesure a été prise après que le ministère des Pêches et des Océans a aperçu des baleines noires dans la région samedi.


Zones de pêche au crabe touchées par les fermetures


Zone de pêche fermée

1.  Fermée pour la durée de la saison 2018
2.  Fermée de façon temporaire depuis le 22 mai 2018
3.  Fermée de façon temporaire à partir du 30 mai 2018

Source : Pêches et Océans Canada


La fermeture de cette nouvelle zone entrera en vigueur mercredi à 16 h. Les pêcheurs ont jusqu'à ce moment-là pour retirer leur équipement.

Les crabiers à bout de souffle

Seulement 60 % du quota de crabe a été pêché jusqu'à maintenant, selon les estimations de la FRAPP. Les pêcheurs affirment qu’ils ont de moins en moins d’endroits où poser leurs casiers.

« Si les endroits qui restent à pêcher sont des endroits où il reste peu ou pas de crabe, ça donne quoi d’aller là et de revenir bredouille ou avec peu de captures? Ça ne me surprendrait pas du tout que des pêcheurs décident de lever leur casier et d’arrêter de pêcher, point », explique Jean Lanteigne.

Avec l’histoire qu’il ne faut vraiment pas qu’il y ait de décès [de baleines], on est dans une véritable souricière. On ne peut pas s’en sortir.

Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels
Des baleines noires photographiées par Charlotte Horvath du Réseau
d'observation de mammifères marins.Des baleines noires photographiées par Charlotte Horvath du Réseau d'observation de mammifères marins. Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Réseau d'observation des mammifères marins / Charlotte Horvath

Critiques envers le gouvernement

Les représentants des pêcheurs se font de plus en plus critiques face aux décisions prises par le gouvernement fédéral afin de protéger les baleines.

Le directeur général de l'Association des crabiers acadiens, Robert Haché, croit que ces nouvelles mesures donnent raison à ceux qui affirmaient que le plan du fédéral n’était pas viable et serait trop dur sur l’industrie.

« Ce sont des protocoles qui sont extrêmement trop sévères, qui sont mal pensés. Les baleines se déplacent et on peut voir la même deux fois dans différentes zones. Si on avait ouvert l’autre zone, ça aurait permis de donner de l’espace pour pêcher », dit Robert Haché.

Au moins 12 baleines noires ont été aperçues dans le golfe du Saint-Laurent la semaine dernière.

Le pire, encore à venir?

Robert Haché et Jean Lanteigne s’attendent tous deux à voir apparaître davantage de sections interdites à la pêche au cours des prochaines semaines.

Les déplacements des baleines dans le golfe risquent effectivement d’étendre les zones de fermetures temporaires.

« La conséquence on l’a en pleine face et ça va continuer. Ça ne va pas arrêter là. On a constamment dit au ministère que ça risquait de faire ça », explique Jean Lanteigne.

Au moins 18 baleines noires sont mortes dans les eaux canadiennes et américaines l’an dernier. Les scientifiques qui ont fait l'autopsie de carcasses ont conclu que plusieurs d'entre elles sont mortes empêtrées dans de l’équipement de pêche ou heurtées par des navires.

Nouveau-Brunswick

Protection des espèces