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Le Québec encore loin de sa cible en matière de compostage

Le reportage de Marie-Laurence Delainey

Plus de 20 ans après le début du compostage dans certaines villes du Québec, les résidus organiques prennent encore trop souvent le chemin des sites d'enfouissement. Même si le gouvernement s'est fixé des objectifs ambitieux, la majorité des municipalités n'offrent toujours pas la collecte des matières putrescibles.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Chez Rachel Gauthier, à Salaberry-de-Valleyfield, le week-end est l’occasion d’un grand déjeuner en famille, mais aussi de faire sa part pour l’environnement. Ici, on fait du compostage dans la cour arrière, et même les enfants mettent la main à la pâte.

« On s’est rajouté un contenant dans la poubelle, on le vide une à deux fois par jour et on va le porter dans le compost à l’extérieur », explique la mère de famille.

Rachel Gauthier et sa fille mettent des restes de melon dans un bac jaune. Rachel Gauthier et sa fille Photo : Radio-Canada

Depuis 10 ans, la municipalité invite les citoyens à faire leur propre compostage et offrira, à compter de l’an prochain, la collecte des bacs bruns.

« Toutes les maisons ne sont pas desservies, on y va par projet pilote avant le déploiement à grande échelle, prévu pour 2019 », explique la conseillère en environnement de Salaberry-de-Valleyfield, Maggy Hinse.

Actuellement, au Québec, seulement 30 % des municipalités offrent la collecte des matières organiques.

« C’est très lent comme avancée, ce sont surtout des petites municipalités qui ont des programmes déjà en place. Au niveau des grandes municipalités comme Montréal ou Québec, il y a beaucoup de travail à faire », déplore Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

Les débuts du compostage

La première politique québécoise des matières résiduelles, qui inclut le recyclage et le compostage, a été lancée en 1989. Les villes ont adopté rapidement l’option du recyclage, entre autres parce que les industries y ont vu un moyen rentable de vendre les matières recyclées.

Pour ce qui est du compostage, il a longtemps été plus avantageux d’enfouir les matières putrescibles, puisque les sites d’enfouissement étaient peu dispendieux.

Québec a ensuite fixé des objectifs plus ambitieux. Le gouvernement prévoyait recycler 60 % des matières organiques en 2015 et 100 % en 2020. Mais il a ensuite revu ses cibles : 60 % pour la fin de l’année 2018, et 100 % pour 2022.

La mairesse de Sainte-Julie et ex-présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) Suzanne Roy explique que les obstacles étaient et sont toujours nombreux.

« On peut souhaiter des choses, mais quand on arrive pour les mettre en place, ça exige des délais, dit-elle. On fait face à des réalités, à une acceptabilité sociale aussi, parce qu’on ne peut pas parler de transformer l’organique sans avoir la participation citoyenne. »

L’UMQ est malgré tout sur la bonne voie, explique l'organisme, car chaque année, de plus en plus de municipalités et de citoyens se conforment.

Selon les dernières données de Statistique Canada, le Québec figure au troisième rang quant aux habitudes de recyclage et compostage au Canada. L’Île-du-Prince-Édouard est la province qui achemine le moins de déchets aux sites d’enfouissement, devant la Colombie-Britannique.

Matières résiduelles

Environnement