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Le Parti québécois promet la « véritable gratuité scolaire »

Le chef du PQ Jean-François Lisée, dimanche, lors du conseil national du parti, à Drummondville Photo: Radio-Canada
La Presse canadienne

Un gouvernement Lisée mettrait en place la « véritable gratuité scolaire » au cégep et à l'université, mais graduellement, d'abord pour les foyers à faibles revenus et la classe moyenne moins prospère.

Cette mesure dont le coût est estimé à 400 millions de dollars par an est un des pivots de la plateforme électorale du Parti québécois (PQ), dévoilée à son conseil national dimanche, à Drummondville, à l'avance, bien avant la campagne qui s'amorcera à la fin d'août.

Le PQ assure qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts pour financer cette mesure ainsi que les autres engagements, mais il n'y aurait pas de baisse non plus.

En mêlée de presse, le chef péquiste, Jean-François Lisée, a affirmé que seule cette première étape vers la gratuité scolaire pourrait être réalisée dans un premier mandat, parce que l'État n'aurait pas les moyens de réaliser la gratuité scolaire intégrale, au coût estimé à 800 millions de dollars par an, entre 2018 et 2022.

Nous n'aurons pas 800 millions de dollars dans un premier mandat à mettre là-dessus. Mais est-ce qu'on peut couper la poire en deux et graduellement arriver à la gratuité pour la moitié? C'est un objectif.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

L'abolition des droits de scolarité sera donc d'abord réservée aux foyers défavorisés ainsi qu'à une première moitié de la classe moyenne. L'extension de la gratuité scolaire suivrait dans le mandat suivant.

En 2012, lors de la crise étudiante, le gouvernement Marois avait annulé les hausses des droits de scolarité prévues par les libéraux pour mettre en place une indexation annuelle, mais cette fois le PQ fait un pas de plus.

Dans la plateforme, le PQ rappelle que la désaffection et le décrochage scolaire affectent 20 % des étudiants inscrits à l'université.

Un gouvernement péquiste propose également de réviser à la baisse le financement des écoles privées.

Cégeps anglophones

Dans son programme adopté l'an dernier, le PQ proposait de réduire le financement des cégeps anglophones pour qu'ils correspondent au poids démographique de la communauté, alors qu'actuellement ils bénéficient de davantage de financement en accueillant des francophones désireux de parfaire leur anglais.

Cette fois, Jean-François Lisée soutient que son éventuel gouvernement offrirait plutôt davantage de programmes d'anglais dans les cégeps francophones pour que la clientèle étudiante y revienne.

Autre volet de la plateforme : un gouvernement péquiste augmenterait le salaire minimum à 15 $ l'heure durant son premier mandat, d'ici 2022.

Laïcité

Par ailleurs, le PQ reviendrait à la charge sur l'enjeu de la laïcité. Un gouvernement Lisée exclurait les accommodements incompatibles avec l'égalité homme-femme et obligerait tous les citoyens à recevoir des services à visage découvert.

Il interdirait aux personnes en autorité, aux éducateurs en garderie ou en Centre de la petite enfance (CPE) et aux enseignants de niveau préscolaire, primaire et secondaire d'afficher leurs convictions, y compris religieuses, mais un droit acquis s'appliquerait pour ceux qui exerçaient la profession avant l'entrée en vigueur de ces dispositions.

Sur le front de la défense de la langue française, un gouvernement péquiste demanderait à ce que 100 % des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis que s'ils démontrent une bonne connaissance du français.

Il exigerait aussi une réelle connaissance du français des diplômés des cégeps et des universités anglophones.

Les 500 militants réunis dans un hôtel de Drummondville ont adopté la plateforme en plénière à l'unanimité.

Certains sont allés au micro pour affirmer que c'était de loin la meilleure proposition électorale du PQ déposée depuis longtemps, ou même que c'était une « véritable nouvelle Révolution tranquille ».

« Extrêmement déplorable »

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui tenait aussi son conseil national ce week-end à Lévis, a jugé « extrêmement déplorable » la publication de la plateforme péquiste bien avant le début de la campagne.

« On a l'air d'oublier qu'on a encore un Parlement à faire rouler, a déclaré le député caquiste Éric Caire, en rappelant que l'Assemblée nationale siégera encore à compter de mardi pour trois semaines. Si M. Lisée ne se sent plus chef de l'opposition, c'est son problème. »

Québec solidaire a pour sa part critiqué le positionnement du Parti québécois. Par Twitter, le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a dit que M. Lisée ouvrait la boîte à idées parce qu'il était en perte de vitesse.

« Dommage que le PQ n'ait pas été capable de faire preuve du même courage politique quand il était au pouvoir, a-t-il écrit. Un parti qui flashe à gauche en élection et qui se dégonfle quand il gouverne. »

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