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Impatience grandissante dans l’attente de la nouvelle politique culturelle

Une salle de spectacle
Une salle de spectacle Photo: getty images/istockphoto / aerogondo
Radio-Canada

Plusieurs organismes culturels dans l'Est-du-Québec disent nager dans le flou et l'incertitude devant la nouvelle politique culturelle qui se fait attendre à Québec. Le ministère de la Culture parlait d'un dépôt en décembre, qui a ensuite été reporté au mois d'avril. À la fin du mois de mai, il est toujours impossible de dire si le milieu culturel en région éloignée pourra, notamment, bénéficier de la récente bonification budgétaire annoncée en mars.

Un texte de Laurence Gallant

Les dernières rumeurs parlent d’un possible dépôt de la nouvelle politique culturelle à la mi-juin, mais au ministère de la Culture et des Communications, on reste de marbre.

La directrice générale de Culture Bas-Saint-Laurent, Julie Gauthier, estime que tout le milieu est impatient de connaître les axes de cette politique et les sommes qui y seront associées.

Pour elle, la nouvelle politique culturelle se fait probablement attendre à cause des nombreux changements de garde à la tête du ministère de la Culture dans les dernières années : en trois ans, ce projet a été porté par Hélène David, Luc Fortin puis Marie Montpetit depuis octobre dernier.

La directrice générale du Réseau des organisateurs de spectacles de l'Est-du-Québec (ROSEQ), Solange Morrissette, observe que certains diffuseurs sont au bout du rouleau devant l'impossibilité actuelle de se développer ou d'assurer leur pérennité.

Solange Morrissette, entourée de Kevin Parent et d'Alexandre Saint-PierreLe lancement de la programmation a eu lieu à Saint-Fabien. Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

« On est dépendants de cette politique-là pour l'avenir de nos diffuseurs et pour l'avenir du Réseau. Il faut vraiment se pencher sérieusement là-dessus », affirme Solange Morrissette qui prendra sa retraite l’automne prochain.

Il y a des structures qui sont vraiment essoufflées, ce qui fait que ça prend un petit peu de sang neuf et d'argent neuf pour ressusciter tout ça, surtout des structures qui sont là depuis 40 ans.

Solange Morrissette, DG du ROSEQ

Les organismes culturels espèrent notamment pouvoir construire davantage de ponts avec les écoles et le milieu touristique, mais aussi se mettre à jour sur le plan numérique.

Une consultation qui commence à dater

En 2016, l'ex-ministre de la Culture et des Communications a mené une vaste tournée de consultation pour sonder les besoins du milieu culturel. Une fois ces revendications entendues, il a présenté, l'an dernier, un projet de politique culturelle d'une cinquantaine de pages, dénué toutefois de budget.

Or, ces revendications commencent à dater : c'est ce qu'ont souligné certains acteurs culturels, comme Julie Gauthier, directrice générale de Culture Bas-Saint-Laurent.

L'équipe de Culture Bas-Saint-Laurent présente sa nouvelle identité visuelle. De gauche à droite: Dominique Lapointe, Baptiste Grison, Nadia Gagné et Julie Gauthier.L'équipe de Culture Bas-Saint-Laurent présente sa nouvelle identité visuelle. De gauche à droite: Dominique Lapointe, Baptiste Grison, Nadia Gagné et Julie Gauthier. Photo : Baptiste Grison

Elle rappelle que le dépôt d’une politique culturelle constitue un moment très important pour l'avenir de la culture : la dernière politique, qui date de 1992, a notamment donné naissance au Conseil des arts et des lettres du Québec.

Selon la DG de Culture Bas-Saint-Laurent, ces délais font en sorte que les incertitudes s'étirent et s'amplifient et ils empêchent plusieurs organismes de se projeter dans le temps.

C'est toujours de l'instabilité et de l'insécurité, c'est quelque chose qu'on vit régulièrement dans le milieu culturel, mais encore plus, je pense, maintenant.

Julie Gauthier, DG de Culture Bas-Saint-Laurent

« Par exemple, [à] Culture Bas-Saint-Laurent, notre année est déjà commencée depuis le 1er avril, mais notre protocole d'entente n'est pas encore signé, on est donc en train de rouler sans confirmation, rien », déplore Julie Gauthier.

D’après les derniers échos du ministère de la Culture et des Communications, la date du dépôt de la politique culturelle sera annoncée dans les prochains jours.

Cela dit, Julie Gauthier mentionne que le milieu connaît le désir du Ministère d'investir davantage en culture, mais il reste à voir si ce désir va vraiment se refléter dans la réalité, notamment pour les régions plus éloignées.

Ardu, le financement privé

La directrice générale du Musée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-Loup, Mélanie Girard, affirme qu'il est de plus en plus compliqué de se tourner vers le financement privé, surtout en région.

Selon elle, les entreprises privées, qui sont beaucoup moins nombreuses que dans la métropole, sont déjà énormément sollicitées par le culturel, mais aussi par le communautaire.

Musée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-LoupMusée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-Loup Photo : Radio-Canada / Archives

Au Musée du Bas-Saint-Laurent, un peu plus du tiers du budget de fonctionnement provient du gouvernement provincial.

Mélanie Girard indique que la nouvelle politique culturelle posera les bases du financement du musée dans les prochaines années, sur lequel repose les expositions, mais aussi le salaire de la main-d’œuvre culturelle, déjà « sous-payée ».

Je trouve qu’on n’est pas dans une ère où on prend les régions en compte en général. Est-ce que tout ça va changer? Je le souhaite, mais je ne le vois pas. J’ai besoin qu’on me convainque.

Mélanie Girard, dg du Musée du Bas-Saint-Laurent

Mélanie Girard souhaiterait qu'on arrête de traiter la culture en vase clos, dans un seul ministère, alors qu'elle concerne autant l'éducation, que le développement économique, et est même un facteur de santé publique, comme le plaident les conseils de la culture.

Bas-Saint-Laurent

Politique provinciale