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Un câble sous-marin entre la Gaspésie et les îles de la Madeleine

Les îles-de-la-Madeleine sont alimentées en électricité par une centrale thermique qui fonctionne au diésel.

Les îles-de-la-Madeleine sont alimentées en électricité par une centrale thermique qui fonctionne au diésel.

Photo : Luc Paradis / Radio-Canada

Radio-Canada

Hydro-Québec confirme l'installation d'un câble sous-marin afin d'alimenter en électricité l'archipel madelinot. Le câble devrait être relié à la Gaspésie en 2025.

Un texte de Joane Bérubé

Hydro-Québec confirme l'installation d'un câble sous-marin afin d'alimenter l'archipel en électricité.

Il viendra remplacer l'approvisionnement en électricité actuellement assuré par une centrale thermique alimentée en mazout lourd.

Construite en 1991, la centrale des Îles, qui est la principale source énergétique des quelque 13 000 Madelinots, est aussi la plus grande centrale à moteur diesel du Québec. En 2014, 100 000 litres de mazout destiné à approvisionner la centrale ont été déversés au port de Cap-aux-Meules.

La société d’État avait déjà indiqué en 2017 son intention d’analyser les différents scénarios susceptibles d’assurer la transition énergétique des Îles-de-la-Madeleine. Hydro-Québec était à la recherche d’une solution plus écologique.

La société d’État annonce maintenant qu’elle a fait son lit, ce sera un câble sous-marin d’une capacité de transport de 80 mégawatts et d’une longueur de 220 kilomètres.

Conférence d'Hydro-Québec aux Îles-de-la-Madeleine

Conférence d'Hydro-Québec aux Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada

Dans sept ans

Hydro-Québec entreprendra, au cours des 18 prochains mois, les études géophysiques et géotechniques sur le tracé potentiel. Ces travaux permettront d’estimer les coûts de l’installation, mais à terme, Hydro-Québec vise une réduction de l’ordre de 20 % à 25 % des coûts de fonctionnement de la centrale thermique.

Les travaux d’installations du câble devraient débuter en 2020 pour une mise en service à la fin de 2025.

Hydro-Québec a aussi l’intention de construire un microréseau énergétique aux Îles basé sur des sources d’énergie renouvelable.

Ce réseau local, qui se veut aussi un banc d’essai technologique, jumellera unités de stockage et domotique afin d’améliorer les performances énergétiques d’une quarantaine de bâtiments des Îles. Ce volet, qui pourra aussi servir de vitrine technologique, sera mis en place en collaboration avec les Madelinots. Un projet similaire a été lancé cette année à Lac-Mégantic.

La centrale thermique des Îles-de-la-Madeleine sera tout de même maintenue en réserve.

Un peu plus de 80 Madelinots y travaillent. Ce nombre sera abaissé puisque la centrale ne fonctionnera que quelques semaines par année lors, par exemple, de l’entretien du câble sous-marin ou d’une panne du réseau.

Des emplois seront créés pour entretenir la nouvelle source d’approvisionnement ainsi que le microréseau.

Maintien des emplois

Hydro-Québec confirme son engagement de conserver le même niveau d’emplois dans l’archipel. Le président d’Hydro-Québec Distribution, Éric Filion, indique qu’une table de concertation avec le milieu sera mise en place dès le mois de juin pour assurer le maintien des emplois. « C’est un engagement clair », ajoute M. Filion.

Ces trois volets, soit l’installation d’un câble sous-marin, le maintien de la centrale et l’implantation d’un microréseau, constituent l’amorce de la transition énergétique des Îles, selon M. Filion.

C’est sûr que c’est un gros changement, mais je crois que tout le monde est convaincu que cette transition énergétique est un incontournable.

Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution

Le président d’Hydro-Québec Distribution promet que la société d’État sera très présente afin d’accompagner les Madelinots tout au long du processus.

Afin de faciliter la transition énergétique, la société d’État avait mis en place l’an dernier une Table d’échanges avec des membres de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. Les membres de cette Table se sont réunis à sept reprises et ont organisé une rencontre publique en novembre dernier.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Germain Chevarie, juge que la proposition d’Hydro-Québec répond aux préoccupations exprimées alors par le milieu madelinot. « La solution annoncée est fiable, viable et respectueuse de l’environnement et fera un archipel plus vert, plus écologique, tout en permettant de conserver les retombées économiques », souligne le député.

Selon la société d’État, l’ensemble de la proposition générera une diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) estimée à 94 %.



Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Énergie