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Le réalisateur canadien Ken Scott fait parler de lui en Europe

Le réalisateur Ken Scott regarde l'objectif.
Le réalisateur Ken Scott Photo: La Presse canadienne / Chris Young
Agence France-Presse

Après ses succès canadiens Starbuck et La grande séduction, le réalisateur Ken Scott signe une production franco-américaine, L'extraordinaire voyage du fakir. La fable truculente raconte les aventures d'un jeune Indien trimballé aux quatre coins de l'Europe et dont le destin se confond avec celui des migrants.

Ce long-métrage, qui sort le 30 mai en Europe francophone, est adapté du roman à succès de l'écrivain français Romain Puértolas. Ken Scott a dirigé une distribution internationale : les Français Bérénice Béjo et Gérard Jugnot, l’Indien Dhanush, la Québécoise Sarah-Jeanne Labrosse, les Américains Erina Moriarty et Barkhad Abdi (né en Somalie) ou encore l’Italien Stefano Cassetti.

L’extraordinaire voyage du fakir est « un conte extravagant, une histoire foisonnante d'idées avec de la poésie et beaucoup d'humour, qui permet de parler d'un sujet important, l'immigration », a expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) le réalisateur originaire du Nouveau-Brunswick.

À la mort de sa mère, Aja, un petit arnaqueur né dans un quartier pauvre de Mumbai, entame un voyage vers Paris à la recherche du père qu'il n'a jamais connu. Là-bas, dans un magasin de meubles suédois, il tombe amoureux d'une Américaine.

Le destin change alors ses plans : Aja se retrouve inopinément coincé dans une armoire. Chargé dans un camion en partance pour le Royaume-Uni, il fait le voyage avec des migrants somaliens. De là, commence sa folle odyssée, de Barcelone à Rome, en passant par la Libye post-Khadafi.

Bloqué dans la zone d'attente d'un aéroport ou dans un camp de réfugiés, le jeune Aja se retrouve à être un migrant malgré lui, raconte à l'AFP l'actrice française Bérénice Bejo, qui joue dans le film une célébrité avec qui le jeune Indien va se lier d'amitié. « Embarqué avec eux, il va comprendre leur souffrance, découvrir des cultures différentes et trouver son propre chemin », ajoute-t-elle.

Ce n'est pas un film politique, qui vous dit quoi penser de l'immigration. L'idée, c'est de donner un visage à ces migrants, qu'on les voie comme ils sont, une autre version de nous-mêmes.

Ken Scott

Un nouveau Forrest Gump

Tout au long du film, à la manière d'un Forrest Gump, Aja – joué par Dhanush, vedette montante du cinéma tamoul et de Bollywood – va croiser le chemin de personnages haut en couleur à travers l’Europe.

C’est à Rome qu’il fait la connaissance de Nelly Marnay (Bérénice Bejo), richissime star de cinéma désenchantée. Ensemble, ils exécutent un numéro de danse dans la pure tradition bollywoodienne. « J'ai pris des cours de danse pendant un mois, alors que Dhanush l'a travaillé deux heures », s'amuse l'actrice de L’artiste, très heureuse de participer « à un film familial très populaire, dans le bon sens du terme ».

Côté réalisation, Ken Scott s'est amusé à tourner d'une façon très singulière chaque pays traversé : « En Inde, je me suis concentré sur les couleurs. En Italie, j'ai voulu donner un côté très glamour à mes plans. En Angleterre, la couleur disparaît presque complètement. Il fallait que le visuel soit imprégné des différentes cultures », explique-t-il.

« Lors de mon premier rendez-vous avec la costumière, j'ai halluciné », explique Bérénice Bejo, habillée dans le film comme une diva italienne des années 60. Avec une mallette remplie de billets de banque, une montgolfière au-dessus de la Méditerranée et ses décors fabuleux, L'extraordinaire voyage du fakir est avant tout un conte et une ode au voyage.

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