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  • Musique, improvisation et liberté à L’Osstidcho

    Les trois artistes gesticulent. Robert Charlebois joue de la guitare.
    Robert Charlebois, Louise Forestier et Yvon Deschamps présentent un extrait de « L’Osstidcho » à l'émission « Aujourd’hui ». Photo: Radio-Canada / Capture d'un reportage de 1968

    Il y a 50 ans, Robert Charlebois, Louise Forestier, Mouffe et Yvon Deschamps se réunissaient au Théâtre de Quat'Sous à Montréal, pour la première de L'Osstidcho. Ce spectacle en chansons et en humour a marqué l'histoire de la musique au Québec. Retour sur cet événement mythique dont il subsiste peu d'archives.

    Mai  1968. Un vent de contestation souffle sur la France et un peu partout en Occident. Le Québec ne fait pas exception. La jeunesse s’y émancipe.

    À quelques jours de la première du nouveau spectacle, Paul Buissonneau lance à Robert Charlebois : « Ton hostie de show, fourre-toé-le dans l’cul ». C’est que le metteur en scène est excédé par le manque de discipline de sa jeune troupe.

    Robert Charlebois vient de trouver un titre au spectacle. Il s’appellera L’Osstidcho.

    Un spectacle indéfinissable

    Ce titre fera parler de lui. À l’émission Aujourd’hui du 27 juin 1968, l’animateur Wilfrid Lemoine précise qu’il n’ose dire le nom du spectacle à cette heure d’écoute familiale.

    Dans cet extrait, le journaliste Bernard Derome rencontre trois des têtes d’affiche du spectacle : Yvon Deschamps, Robert Charlebois et Louise Forestier. Ensemble, ils discutent de leur œuvre difficile à définir, chantent et s’amusent. Ambiance désordonnée et liberté créative sont au rendez-vous!

    L’Ostisscho se déroule sur un échafaudage et met le joual à l’honneur. Les artistes y expérimentent sur la musique du Quatuor du nouveau jazz libre du Québec et improvisent des sketches.

    Ce n’est pas nécessairement "un show" qu’il faut comprendre.

    Louise Forestier

    Les spectateurs y découvrent des mélodies interprétées par Robert Charlebois et Louise Forestier qui deviendront célèbres, ainsi que les monologues d’Yvon Deschamps.

    L’Ostisscho est essentiellement improvisé. C’est ce qu’explique Robert Charlebois plusieurs années plus tard :

    À trois jours d’avis, on ne savait pas trop où on s’en allait. Je crois que de cette indiscipline, de cette espèce de brouhaha total, est né "L’Osstidcho".

    Robert Charlebois

    Le 24 novembre 1985, l’animateur Jacques Boulanger reçoit Robert Charlebois sur le plateau de l’émission Superstar. Ses complices Louise Forestier, Mouffe et Yvon Deschamps viennent ensuite le rejoindre. Dans la bonne humeur, le groupe raconte quelques anecdotes de l’époque de L’Osstidcho.

    L’Osstidcho renaît de ses cendres

    En 2003, le spectacle qui a révolutionné la culture du Québec connaît une nouvelle vie. Le journaliste du Devoir Sylvain Cormier révèle l’existence d’un enregistrement audio d’une des représentations de L’Osstidcho à la Comédie-Canadienne.

    Les bandes sonores se trouvaient dans les archives de Pierre Petel, ancien directeur des variétés à Radio-Canada. Une découverte aussi inattendue qu’inespérée.

    Au Montréal ce soir du 10 février 2003, le journaliste Claude Deschênes raconte cette histoire. En entrevue, Sylvain Cormier y explique que l’enregistrement donne la pleine mesure de L’Osstidcho :

    Ça dégonfle un peu le mythe qui, lui, n’a pas rapport avec la réalité.

    Le journaliste Sylvain Cormier

    En 2009, Alain Petel, fils de Pierre Petel, fait don des bandes à Archives nationales du Québec (BAnQ). Lorsque l’institution fait l’acquisition du fonds d’archives d’Yvon Deschamps, elle découvre un second enregistrement réalisé au Théâtre de Quat'Sous.

    Toutes les bandes magnétiques sont aujourd’hui conservées précieusement par BAnQ.

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