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Accord sur le nucléaire : l'Iran veut des garanties d'ici une semaine

De nombreuses personnes sont assises autour d'une grande table.
Plusieurs intervenants ont participé aux discussions de vendredi. Au bout de la table, au centre : Helga Schmid (secrétaire générale du Service européen pour l'action extérieure, hôtesse de la rencontre), Yukiya Amano (directeur de l'AIEA) et Abbas Araghchi (vice-ministre iranien des Affaires étrangères). Photo: Getty Images / AFP/Hans Punz
Agence France-Presse

Des émissaires d'Iran, d'Europe, de Chine et de Russie se sont réunis vendredi à Vienne pour tenter de sauver l'accord nucléaire de 2015. Téhéran souhaite que des garanties lui soient proposées d'ici la fin mai.

Pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de l'accord, la réunion de la commission conjointe chargée de superviser l'application du texte s'est tenue sans les États-Unis, qui s'en sont retirés le 8 mai.

Les autres signataires, réunis à la demande de l'Iran, se sont lancés dans un marathon diplomatique pour tenter de maintenir à flot l'accord destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien.

S'exprimant après la réunion de vendredi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré : « Nous négocions [...] pour voir si on peut nous présenter un ensemble de mesures qui puissent donner à l'Iran les bénéfices de la levée des sanctions. »

Des « solutions pratiques » sont nécessaires pour répondre aux inquiétudes de Téhéran sur ses exportations de pétrole, ses flux bancaires et les investissements étrangers dans le pays, a-t-il ajouté.

« La prochaine étape est de trouver des garanties pour cet ensemble de mesures », a-t-il estimé. Selon des responsables iraniens, Téhéran s'attend à ce que ces mesures lui soient présentées d'ici la fin du mois.

Abbas Araghchi a précisé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines « en particulier au niveau des experts », après quoi l'Iran déciderait de rester ou non dans l'accord.

Nous avons l'impression que les Européens, la Russie et la Chine [...] sont sérieux et qu'ils reconnaissent que la survie de l'accord dépend du respect des intérêts de l'Iran.

Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères de l’Iran
Un drapeau iranien flotte devant une cheminée crachant des flammes vers le ciel, sur la réserve de pétrole Soroush, près du golfe Persique, en Iran.L'Agence internationale de l'énergie atomique atteste que l’Iran respecte ses engagements. Photo : Reuters / Raheb Homavandi

Poutine espère voir Washington se rallier

Le président russe Vladimir Poutine s'est voulu plutôt optimiste.

« Il me semble que tout n'est pas perdu » pour sauver l'accord, a-t-il affirmé lors d'un forum économique à Saint-Pétersbourg.

Le président américain [Donald Trump] ne ferme pas la porte des négociations, il dit qu'il y a beaucoup de choses qui ne l'arrangent pas dans ce document, mais il n'exclut pas de trouver un accord avec l'Iran.

Vladimir Poutine, président de la Russie

De manière inhabituelle pour ce type de réunion, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a été invité à informer les participants sur le travail de l'AIEA en Iran.

Dans un rapport auquel l'AFP a eu accès jeudi, l'AIEA a une nouvelle fois attesté que l'Iran continuait à remplir ses engagements.

L'agence onusienne « encourage » toutefois Téhéran « à aller au-delà des exigences » posées par l'accord du 14 juillet 2015, afin d'améliorer la confiance, selon ce texte qui doit être examiné prochainement par le Conseil des gouverneurs de l'agence basée à Vienne.

En l'absence de mesures concrètes de la part des Européens pour sauver l'accord, Téhéran a menacé de relancer son programme d'enrichissement d'uranium à un « niveau industriel ».

L'UE, la Chine et la Russie souhaitent que l'Iran reste dans l'accord, les Européens estimant que cela n'exclut pas de poursuivre les négociations avec la République islamique sur un texte élargi.

Le président Trump reproche à l'accord d'être trop laxiste sur le volet nucléaire, et de ne pas englober les missiles balistiques de Téhéran ni ses interventions directes ou indirectes dans plusieurs conflits régionaux, comme au Yémen et en Syrie.

Depuis l'entrée en vigueur du texte âprement négocié par les grandes puissances, l'AIEA, chargée d'en vérifier l'application, a toujours attesté que l'Iran remplissait ses engagements.

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