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Gauguin, Van Gogh et les autres : les peintres au cinéma

Vincent Cassel est accroupi et regarde au loin dans une scène du film «Gauguin: Voyage de Tahiti».
Vincent Cassel dans une scène du film Gauguin : voyage de Tahiti Photo: MK2 - Mile End

Gauguin : voyage de Tahiti, film d'Édouard Deluc, prend l'affiche vendredi. Vincent Cassel incarne le peintre français (déjà joué par Anthony Quinn et... Kiefer Sutherland!) alors qu'il arrive en Polynésie en 1891 et rencontre celle qui deviendra sa femme et sa muse. Une occasion pour nous de revenir sur quelques incarnations inoubliables de peintres majeurs.

Un texte d'Helen Faradji

Andreï Roublev, d’Andreï Tarkovksi (1969) : l’art pour mieux toucher au divin

Classique du cinéma, coécrit par un autre maître russe, Andreï Kontchalovski, ce deuxième long-métrage de Tarkovski décrit en tableaux aussi métaphysiques que quotidiens, dans un noir et blanc sublime, la vie au début du 15e siècle du moine et peintre d’icônes Andreï Roublev, joué par celui qui deviendra l’acteur fétiche du cinéaste, Anatoli Solonitsyne.

Foi, angoisse, doute, violence : le film évite bien sûr la voie du biofilm traditionnel pour plutôt se servir de la figure de l’artiste et réfléchir ainsi les grandes préoccupations esthétiques, spirituelles et existentielles de l’humanité. Rien que ça.

Van Gogh, de Maurice Pialat (1991) : l’artiste maudit

Tout dans ce film semblait un défi : raconter la fin de vie du peintre, alors qu’il se soigne à la campagne et combat ses démons par un abus de femmes et d’absinthe; confier le rôle à Jacques Dutronc, plus connu pour ses chansons et ses cigares, et d’autres à des comédiens non professionnels; Maurice Pialat, dont l’humeur tempétueuse a de quoi déstabiliser même les tournages les plus solides.

Finalement, la réussite a été totale, valant même à Dutronc un César du meilleur acteur et au film une présence en compétition à Cannes. On le comprend. Car rarement aura-t-on vu un regard aussi lucide, parfois cruel, toujours mélancolique et bouleversant, sur l’art et la folie.

À noter, lors des plans rapprochés sur les mains du peintre au travail, ce sont celles de Pialat qui servent de doublures.

La jeune fille à la perle, de Peter Webber (2003) : pour l’amour de l’art

Le projet était fascinant : raconter dans un film non pas la vie ou le travail d’un peintre, mais plutôt l’histoire d’un chef-d’œuvre, La jeune fille à la perle, peint par Vermeer vers 1665. Inspiré par un roman de Tracy Chevalier, le film relate donc comment le génie tombera sous le charme de la jeune Griet, engagée au service de sa famille, et matérialisera son attirance pour elle dans un tableau.

Grâce, délicatesse, direction photo dans les tons de la grande peinture flamande : le film offre un cocon aux interprétations subtiles et nuancées de Scarlett Johansson et Colin Firth.

Frida, de Julie Taymor (2002) : la révolution en couleurs

Elles le voulaient toutes. Toutes les actrices américaines se sont en effet presque battues pour décrocher le rôle de la célèbre peintre mexicaine, Frida Kahlo. Mais avec beaucoup de perspicacité, c’est à Salma Hayek que l’a confié Julie Taymor.

Également coproductrice du film, l’actrice y a trouvé un rôle à sa mesure : bouillonnant, intense et énergique. Fière, libre et courageuse, elle rend cette peintre révolutionnaire, aux relations complexes et passionnées avec son mari et mentor Diego Rivera et aux terribles souffrances physiques, aussi captivante qu’inoubliable dans un film inventif qui prend l’audacieux parti d’animer ses toiles ou d’oser la poésie et la métaphore.

Séraphine, de Martin Provost (2008) : le fabuleux destin d’une artiste insoumise

Elle peignait à la même époque que le douanier Rousseau. Mais l’histoire n’a pas retenu son nom, sort souvent réservé aux femmes artistes. Pourtant, Séraphine Louis dite de Senlis ne manquait pas de talent, au contraire.

Le film de Martin Provost, où Yolande Moreau brille par sa tendresse et sa sensibilité, répare fort heureusement cette injustice en relatant l’histoire incroyable de cette femme de ménage autodidacte, au rapport fort et intime avec la nature et dont les toiles naïves furent découvertes presque malgré elle par un collectionneur dans la France de 1912.

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