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À chaque école son policier

À chaque école son policier

Philippe Dubois ne passe pas inaperçu quand il franchit les portes d'une école de Sherbrooke. Il est le seul à y porter l'uniforme, et pas n'importe lequel. Le policier travaille dans les établissements scolaires depuis une douzaine d'années. Si aujourd'hui sa présence va de soi, au départ, on le voyait comme un intrus.

Un texte de Mylène Grenier

Il se souvient encore de ses débuts. En 2005, avec un collègue, il a démarré le programme sur la présence policière dans les écoles secondaires publiques de Sherbrooke à l'école internationale du Phare.

« Nous sommes arrivés dans un milieu où ils ne voyaient jamais de policiers dans l'école. Il a fallu faire du rapprochement dans un premier temps, jaser avec les jeunes, leur expliquer pourquoi on était là, de façon informelle. Ils venaient nous voir, ils nous parlaient, comme ça se fait encore aujourd'hui », explique l'agent de la sécurité des milieux.

Depuis 2007, Philippe Dubois est attitré au pavillon Montcalm de l'école Mitchell-Montcalm. Il y passe cinq heures par semaine, mais sa présence tire à sa fin; le policier prend sa retraite le 30 mai.

Philippe Dubois prend le temps de discuter avec les jeunes.Philippe Dubois prend le temps de discuter avec les jeunes. Photo : Radio-Canada

Aborder des questions délicates

Aujourd'hui, un policier est attitré à chaque école secondaire publique de Sherbrooke. Le but est de faire de la prévention en abordant des enjeux tels la drogue, la cybercriminalité, l'alcool, la témérité et la vitesse au volant.

Lors de notre passage à l'école, il a été question du bal des finissants, mais aussi de l'après-bal et de la consommation d'alcool avec des élèves de cinquième secondaire. Les jeunes ont pu essayer des lunettes pour simuler les effets de l'alcool sur la vision.

Les élèves ont pu essayer des lunettes por simuler les effets de l'alcool sur la vision. Les élèves ont pu essayer des lunettes pour simuler les effets de l'alcool sur la vision. Photo : Radio-Canada

« La population cible pour nous, la plus importante, c'est la jeunesse. C'est notre société future. C'est sur eux qu'on a le plus d'emprise, qu'on peut changer le plus de choses. C'est avec eux qu'on va travailler pour essayer d'améliorer la société », explique Philippe Dubois.

Le programme a été lancé en 2005 à l'école internationale du Phare.Le programme a été lancé en 2005 à l'école internationale du Phare. Photo : Radio-Canada

Si la prévention prend une grande place, les activités de rapprochement aussi. Philippe Dubois a par exemple participé à des pièces de théâtre, à l'écriture de romans policiers avec les jeunes, et il a accompagné un élève qui jouait dans une comédie musicale en lui prêtant l'habillement et en lui expliquant le travail d'un agent de la paix.

Des pistes d'enquête

La présence d'un policier à l'école amène les jeunes à se confier. Des confidences qui permettent parfois d'ouvrir des enquêtes et de résoudre des crimes.

« On est une personne qui va être là en relation d'aide. On a vu toutes sortes de cas : des élèves venir nous parler, nous demander de l'aide, autant au niveau de la drogue, de la prostitution, de la violence; violence à l'école, mais aussi familiale. On est une personne-ressource pour ces jeunes-là », raconte le policier.

Les élèves abordent parfois Philippe Dubois pour avoir des conseils.Les élèves abordent parfois Philippe Dubois pour avoir des conseils. Photo : Radio-Canada

La psychoéducatrice Marjorie Larouche travaille en étroite collaboration avec Philippe Dubois. Elle constate les bienfaits de sa présence.

Marjorie Larouche, psychoéducatriceMarjorie Larouche, psychoéducatrice Photo : Radio-Canada

« Valider si on a besoin d'une intervention policière à ce niveau-là, donner la bonne information aux jeunes aussi ou mettre en confiance si on a un processus qui doit aller plus vers le judiciaire. C'est arrivé à quelques reprises qu'on [ait] dû intervenir de pair avec un élève, et ça a été aidant », souligne-t-elle.

Lili BenkoLili Benko Photo : Radio-Canada

« Dans nos têtes, les policiers nous arrêtent sur le bord de la rue et nous donnent une contravention. Ce n'est pas juste ça. C'est aussi lui qui est là pour soutenir les gens dans leurs problèmes », dit Lili Benko, une élève de cinquième secondaire.

Le saviez-vous?

Sherbrooke n'est pas la seule ville à attitrer des policiers dans les écoles. À Magog, un policier jeunesse travaille à temps plein à l'école secondaire de la Ruche. À Granby, deux agents de prévention et relations communautaires, section jeunesse, donnent du temps, selon les besoins, à tous les établissements scolaires du territoire. La Sûreté du Québec compte aussi des intervenants en milieu scolaire qui visitent les écoles situées dans les municipalités qu'elle dessert.

Travail « gratifiant »

Philippe Dubois adore cette portion de son travail, celle qu'il passe auprès des élèves.

« C'est une belle complicité qu'on a, j'ai vraiment du plaisir à travailler avec les jeunes, participer à leurs activités et m'intégrer dans ce monde-là. Ils nous apprennent beaucoup aussi », conclut Philippe Dubois.

Philippe Dubois prend sa retraite le 30 mai.Philippe Dubois prend sa retraite le 30 mai. Photo : Radio-Canada

Le pavillon Montcalm ne sera pas en reste même si Philippe Dubois prend sa retraite. Il pourra compter sur la présence d'un autre policier entre ses murs quelques heures par semaine, puisqu'un collègue le remplacera.

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