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Un meilleur encadrement des résidus miniers souhaité par la santé publique

Fibre d'amiante chrysotile
Fibre d'amiante chrysotile Photo: AP / AP/Rich Pedroncelli
Radio-Canada

Dix-sept directeurs de santé publique du Québec veulent que les résidus miniers soient inclus dans le futur règlement fédéral visant à restreindre l'utilisation de l'amiante. Leur avis d'opposition crée bien des remous à Asbestos et à Thetford Mines, en Estrie, deux municipalités qui comptent sur ces résidus pour relancer leur économie.

L'avis en question, acheminé à Ottawa, soutient que « si les résidus miniers demeurent exclus de l'application du règlement, [...] l'objectif de protéger la population et les travailleurs sera compromis ».

Le document est sujet à interprétation, concède la directrice de la santé publique en Estrie, qui souhaite rassurer les porteurs de projets. Pour la Dre Mélissa Généreux, qui a signé le document, il n'est pas question de bannir les résidus, mais plutot d'encadrer leur utilisation.

Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique en Estrie.Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique en Estrie Photo : Radio-Canada

« Le projet de vouloir décontaminer les résidus miniers pour en extraire du magnésium, on trouve que c'est quelque chose de positif, parce que ça va contribuer à détruire les fibres d'amiante dans les résidus miniers et, en même temps, c'est un projet intéressant sur le plan économique. Donc si on prend les bonnes mesures de précaution, c'est quelque chose qui est souhaitable. »

Se disant déçus, les dirigeants d'Alliance Magnésium, à la tête d'un projet estimé à 700 millions de dollars, avaient plutôt compris mercredi matin que les directeurs de santé publique souhaitaient le banissement pur et simple de la matière première, comme l'a rapporté un quotidien national à sa une.

C'est évident qu'on prendrait un bon break si on ne peut pas toucher à la matière première. C'est comme si on demandait à une raffinerie de pétrole de produire de l'essence sans avoir de pétrole : ce serait non.

Pierre St-Aubin, vice-président Alliance Magnésium

« Il faut comprendre qu’on ne travaille pas avec l’amiante : on travaille avec la serpentine, qui est un résidu minier qui a été contaminé à l’amiante, qu’on élimine dès le début du procédé. C’est évident que si on n’a pas la possibilité d’y toucher, il faudra songer à un plan B », ajoute M. St-Aubin.

Le maire d'Asbestos compte lui aussi sur les résidus des anciennes mines d'amiante pour donner de la vigueur à sa région.

« Chez nous, les résidus miniers font partie de l'avenir; de l'avenir d'une région », insiste Hugues Grimard.

« On a investi énormément dans le Centre d’innovations minières pour développer les bonnes pratiques et on est convaincu de pouvoir le faire, ajoute-t-il. On travaille en amont avec le département de santé publique pour voir comment on peut le faire et le faire correctement. »

Par écrit, le député fédéral de Richmond Arthabaska, Alain Rayes, a réitéré mercredi que « tous les [ordres] de gouvernement ont signifié leur accord à la valorisation des résidus miniers » et que « tant que les critères de sécurité seront respectés, [il] soutiendr[a] cette initiative ».

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