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L'urubu à tête rouge de plus en plus visible en Nouvelle-Écosse

Un urubu à tête rouge posé sur l'herbe déploie ses ailes.

Urubu à tête rouge.

Photo : iStock / chrisboy2004

Radio-Canada

Un oiseau à la tête chauve d'un rouge vif ne passe pas inaperçu ce printemps au Cap-Breton, où beaucoup de résidents l'ont repéré pour la première fois. L'urubu à tête rouge, ou vautour aura, visite en effet de plus en plus régulièrement cette région de la Nouvelle-Écosse, et on devra s'habituer à sa présence, selon des experts.

Les Cap-Bretonnais ne doivent pas toutefois pas s’inquiéter de la présence de cet oiseau à la mine patibulaire, mais plutôt s’en réjouir, estime l’ornithologue et chroniqueur Alain Clavette.

« C’est un nettoyeur de l’environnement, c’est un animal important », fait-il valoir.

Il nous rend un service en nettoyant, en recyclant la charogne, la matière animale en putréfaction. Ça purifie nos écosystèmes.

Alain Clavette, ornithologue et chroniqueur.

L’urubu à tête rouge ne se nourrit en effet que de la chair d’animaux morts. Une nourriture qu’il trouve en abondance, dans les Maritimes et ailleurs.

La présence de l’urubu à tête rouge serait due à l'expansion du réseau routier nord-américain au siècle dernier.

« Le développement routier, le développement humain en général, va produire plus de fatalités au niveau de la faune, donc plus de carcasses à manger », explique M. Clavette.

Tête d'un urubu à tête rouge.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Urubu à tête rouge.

Photo : CBC

Au gré des collisions impliquant des animaux divers sur les autoroutes, l’urubu a donc suivi sa nourriture, du sud des États-Unis et ailleurs, jusqu’à chez nous.

« La quantité de charogne à manger, au début du 19e siècle, n’était juste pas là, alors ces oiseaux-là n’avaient pas d’affaire ici », résume M. Clavette. « Maintenant, la charogne est là, donc ils sont là. »

La plupart des urubus retournent vers le sud à l’automne, mais l’oiseau colonise lentement mais sûrement les territoires où il s’aventure. Les nouvelles générations supportent bien nos hivers, la présence de nourriture étant la raison qui, ultimement, les amène à s'établir ici. Le climat a peu à voir avec l'expansion de l'espèce, indique M. Clavette.

Un urubu à tête rouge debout sur le sol près de son repas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un urubu à tête rouge et son repas.

Photo : Getty Images / Brian Kushner

L’urubu à tête rouge a fait ses premières apparitions au Nouveau-Brunswick au début des années 1990, se rappelle Alain Clavette.

Ces observations étaient plutôt rares à l’époque. La situation est toute autre aujourd’hui. « Il va, de plus en plus, à des endroits où il n’allait pas auparavant, et on a même maintenant des oiseaux qui vont passer l’hiver », dit-il.

Maintenant, on a des nids dans toutes les régions [du Nouveau-Brunswick]. Il y en a dans la Péninsule, dans le nord-ouest, dans le sud-est. Il y en a partout qui nichent.

Alain Clavette, ornithologue et chroniqueur.

« Au Cap-Breton, ils en sont peut-être à leurs débuts d’avoir des couples nicheurs », avance Alain Clavette. « Ils sont mieux de s’habituer, parce qu’ils ne vont pas cesser d’en voir. Ça va continuer. »

Urubu à tête rouge repéré près de Port Hood, au Cap-Breton, en mai 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Urubu à tête rouge repéré près de Port Hood, au Cap-Breton, en mai 2018.

Photo : John MacDonald

Outre les animaux tués par les collisions sur les routes, l’urubu va se nourrir au moment des foins, lorsque des bêtes, notamment des rongeurs et d’autres oiseaux, sont happées par la machinerie agricole. « En pleine saison de nidification, l’urubu n’a qu’à se promener après dans ces champs-là, et il se fait un lunch », illustre Alain Clavette.

Puisque l’espèce n’entretient pas de rivalités avec les espèces natives pour sa nourriture, l’urubu à tête rouge « s’est approprié une niche écologique qui était vacante, ou qui était peut-être inexistante », explique M. Clavette.

Un urubu à tête rouge perché sur un cactus dans l'État de Basse-Californie, au Mexique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un urubu à tête rouge perché sur un cactus dans l'État de Basse-Californie, au Mexique.

Photo : Getty Images / InStock

L’oiseau, doté d’un bec adapté pour décortiquer des os, est particulièrement mal équipé pour attaquer d’autres bêtes. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, donc, pour ses animaux domestiques ou d’élevage.

L’urubu se satisfait de son rôle de nettoyeur et, malgré son air inquiétant, n’est nuisible ni aux humains, ni aux autres espèces animales.

« On a tous l’image du Far West, du désert de l’Arizona, avec des urubus qui tournent autour d’un cadavre. On est loin de cette image-là quand tu les vois sur un car à vidanges en arrière d’un centre d’achats en plein mois de janvier, mais c’est exactement la réalité », illustre Alain Clavette.

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Nouvelle-Écosse

Faune et flore