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Décès tragique d'une mère et de son bébé : la coroner s’interroge sur l'absence de protocole

Marie-Jacque Fortin.
La vie de Marie-Jacque Fortin et celle de sa petite fille se sont arrêtées de façon soudaine à la suite d’un « malaise » survenu le 7 mars 2016, peu avant 21 h. Photo: Famille de Marie-Jacque Fortin
Radio-Canada

Une femme de 32 ans et son foetus de 39 semaines sont morts à l'Hôpital de Hull en mars 2016. Or, l'absence d'un protocole spécifique sur la réanimation d'une femme en fin de grossesse a pu contribuer à la tragédie, selon un rapport du coroner.

Le 7 mars 2016, un appel d’urgence est fait au 911, car Marie-Jacque Fortin tombe abruptement en détresse respiratoire et s’effondre devant son conjoint.

Les policiers, les ambulanciers et les pompiers arrivent rapidement sur les lieux. Mme Fortin subit deux arrêts cardiorespiratoires avant d’être transportée vers l’Hôpital de Hull, après 24 minutes d'intervention.

L’Hôpital de Hull est situé à proximité de sa résidence, mais cet hôpital ne dispose pas d'un service d'obstétrique. Les équipes médicales ont donc dû faire venir un obstétricien de l'Hôpital de Gatineau.

Une césarienne a finalement été effectuée environ 36 minutes après son arrivée à l'hôpital, soit une heure après l'arrivée des ambulanciers à son domicile. Il était trop tard. Il a été déterminé que la femme était décédée d'une embolie amniotique, et l'enfant n'a pas survécu.

La coroner Pascale Boulay indique dans son rapport que le foetus aurait eu de meilleures chances de survie si une césarienne d'urgence avait été pratiquée plus tôt, ce qui aurait également aidé à la réanimation de la mère. En effet, les textes médicaux recommandent le recours immédiat à la césarienne d'urgence chez une patiente enceinte de plus de 20 semaines lorsqu'une réanimation cardiorespiratoire ne fonctionne pas.

Une meilleure formation des intervenants

La coroner recommande au ministère de la Santé d'assurer une formation adéquate des intervenants de première ligne. Elle recommande également au personnel d'urgence de l'Hôpital de Hull, qui n'a pas de service d'obstétrique, d'avoir à sa disposition des trousses de césarienne d'urgence, fonctionnelles en tout temps.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, qui gère l'Hôpital de Hull, a indiqué explorer déjà des solutions.

« Nous avons lu les deux rapports du coroner dès que nous les avons reçus la semaine dernière. Nos premières pensées vont au conjoint et aux proches de Mme Fortin et de son bébé Alexie. Nous avons déjà débuté des travaux avec les différentes directions concernées afin de mettre en place la recommandation qui touche le CISSS de l’Outaouais, soit d’outiller nos hôpitaux de trousses de césarienne d’urgence et de former notre personnel avec le programme AMPRO [approche multidisciplinaire en prévention des risques obstétricaux] », a commenté par courriel la porte-parole de l'établissement, Geneviève Côté.

Le père est satisfait des rapports du coroner

Jean-Philippe Bousquet, le conjoint de Marie-Jacque Fortin, est heureux d’entendre les recommandations de la coroner.

« C’est un début, c’est définitivement un pas dans la bonne direction. Nous aurions voulu que ce [la césarienne] soit fait dès le début, ce qui aurait pu sauver la vie de ma fille Alexie et augmenter les chances de survie de ma conjointe », a commenté M. Bousquet.

Un bébé dans une couverture.La petite Alexie, décédée le 7 mars 2016. Photo : Famille de Marie-Jacques Fortin

Il espère maintenant que tout sera fait pour que ça ne se reproduise pas. Il trouve inacceptable qu'une situation du genre se soit produite dans un grand centre comme Gatineau. Jamais il n'aurait pensé que ce soit possible.

« Ce soir-là, nous n’avions aucune idée de ces lacunes-là, nous sommes arrivés à l’Hôpital de Hull et tout [s'est passé] rapidement, mais nous n’avions aucune raison de croire qu’un centre de trauma n’avait pas un kit de césarienne disponible », a expliqué le conjoint de Mme Fortin.

M. Bousquet souhaite que le CISSS de l'Outaouais se penche sur l’aide et l'appui offert aux victimes qui vivent un drame similaire. Il s’est senti abandonné après la mort de sa femme et de son bébé.

« Quand nous avons quitté, nous n’avons eu aucun support, pas de travailleur social pour la famille, pas de soutien », a affirmé M. Bousquet.

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