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Le casse-tête des enfants allergiques à tout... ou presque

Un jeune garçon se lèche les doigts tandis que sa mère lui tend un muffin sorti du four.
Evan Maccès-Nimi, 3 ans, et sa soeur Mia, 5 ans, font partie des 6 à 8 % d'enfants canadiens qui souffrent d'une ou de plusieurs allergies alimentaires. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Au Canada, entre 6 et 8 % des enfants sont allergiques à un ou à plusieurs aliments. Ce pourcentage, qui aurait doublé au cours des 15 dernières années, a des incidences sur tous les aspects de la vie familiale, comme en témoigne une famille de Winnipeg à l’occasion du Mois de la sensibilisation aux allergies alimentaires.

Un texte de Barbara Gorrand

Chaque matin, le même rituel occupe la famille de Johan et Murielle Maccès-Nimi.

Pendant que Johan réveille les quatre enfants, Murielle prépare le déjeuner et les boîtes à lunch.

Une tâche simple en apparence, mais compliquée par les nombreuses allergies et intolérances dont souffre Mia, âgée de 5 ans : « Une bonne majorité des noix, les arachides, le soja, les haricots, tous les produits laitiers, les oeufs, le gluten, le riz, les pommes de terre, certains fruits comme l'ananas, et elle n'a pas droit non plus au veau, ni au canard », énumère Murielle Maccès-Nimi.

Depuis les premières manifestations des réactions allergiques de Mia, à la suite de l’ingestion d’une friandise à l’arachide, la mère de famille a dû réapprendre tout ce qu’elle pensait connaître de la cuisine.

« Au début, je voulais m’effondrer, se souvient-elle. Parce que, depuis tout jeune, on vous apprend que faire un gâteau, ça prend des oeufs, du beurre, de la farine de blé. Et tout d'un coup, on vous dit que votre enfant ne peut rien manger de tout cela. »

Au Canada, l'allergie aux arachides touche environ 2 enfants sur 100Au Canada, l'allergie aux arachides touche environ 2 enfants sur 100 Photo : Radio-Canada

Leur situation est d’autant plus difficile que Johan et Murielle Maccès-Nimi ont trois autres enfants. Dans un premier temps, c’est toute la famille qui a été soumise au même régime. « Surtout mon deuxième, Adrian, a eu beaucoup de mal à l’accepter parce qu’il adore le riz, les pommes de terre, et il ne voulait rien d'autre », se souvient Murielle.

La naissance du dernier enfant de la famille, Evan, qui aura bientôt 4 ans, a encore compliqué la préparation des repas, puisque lui aussi souffre d’intolérances alimentaires. Sans être aussi graves que celles de sa grande soeur Mia, elles ne sont pas déclenchées par les mêmes ingrédients, ce qui complique encore davantage la préparation des repas.

Les allergies les plus communes au Canada sont les arachides, les noix et les produits de la merLes allergies les plus communes au Canada Photo : Radio-Canada

Mia et Evan font partie des 2,6 millions de Canadiens qui ont au moins une allergie alimentaire. Cette réalité touche chaque année davantage d’enfants, comme le confirme Jo-Anne St-Vincent, éducatrice infirmière au centre d'éducation sur l'allergie et l'asthme de l'Hôpital pour enfants de Winnipeg.

Une fillette sourit, une fraise à la main, pendant qu'un enfant lui murmure quelque chose à l'oreille.Mia, 5 ans, est allergique ou intolérante à une vingtaine de produits alimentaires. Son petit frère, Evan, âgé de 3 ans, souffre lui aussi de certaines allergies. Photo : Radio-Canada

« Ces chiffres ont doublé au cours des 10 à 15 dernières années, dit-elle. C’est pratiquement une épidémie d’allergies. »

Notre système immunitaire dans nos pays développés est un peu en chômage.

Jo-Anne St-Vincent, éducatrice infirmière

À cela, il y a plusieurs explications. Le facteur héréditaire en est un. Mais Jo-Anne St-Vincent explique que l’excès de propreté joue aussi un rôle dans cette situation.

« C’est la théorie hygiéniste, explique-t-elle. Les antibiotiques et les vaccins sauvent des vies, mais lorsque nous y avons recours trop facilement, ainsi qu'à tous les produits que nous utilisons pour éliminer les bactéries, nous n’enseignons pas à notre système immunitaire à bien se développer. Alors, il se met à travailler contre des éléments qui ne devraient pas être dangereux. »

Selon elle, il faut également prendre en compte les changements apportés à nos intérieurs. « Nos maisons sont tellement bien isolées que cela entraîne un confinement. Les allergènes restent à l’intérieur. »

Les allergies alimentaires ne peuvent pas être guéries. La seule façon de prévenir une réaction allergique consiste à éviter le ou les aliments allergènes.Les allergies alimentaires ne peuvent pas être guéries. Photo : Radio-Canada

Ces explications, la famille Maccès-Nimi les a également reçues au moment du diagnostic de Mia.

Et c’est justement pour aider d’autres familles à surmonter ces difficultés que Murielle Maccès-Nimi envisage de faire profiter de ses recettes sans noix, sans oeufs, sans laitages et sans gluten. Mais, au dire de ses enfants, toujours délicieuses.

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