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Les producteurs de lait québécois s'estiment mal payés

Jacques Bissonnet fait part des inquiétudes des producteurs de lait.
Radio-Canada

Une soixantaine de producteurs laitiers se sont rassemblés mercredi midi devant le siège de l'Union des producteurs agricoles (UPA), à Longueuil, pour dénoncer la faiblesse des prix que leur paient les transformateurs, souvent des entreprises multinationales.

Les Producteurs de lait du Québec, qui ont l’appui de l’UPA dans ce dossier, dénoncent l’effondrement du prix qui leur est payé, qui est à son plus bas niveau depuis une douzaine d’années.

Certains affirment produire à perte actuellement tellement les prix sont bas.

Selon les producteurs, on leur paie actuellement 64 $ par hectolitre (100 litres) de lait alors qu’il leur en faudrait 74 $ par hectolitre seulement pour faire leurs frais.

« Il me manque 4000 $ ce mois-ci », a témoigné un producteur venu manifester.

Le prix est rendu tellement bas qu’on n’arrive plus à couvrir nos coûts de production. C’est rendu qu’il faut payer pour travailler.

Un producteur de lait présent à la manifestation

D'autres ont déploré qu'on leur ait demandé d'investir dans leurs installations pour répondre à des normes de qualité très élevées alors que le prix payé à la ferme ne cesse de baisser.

Selon l’UPA, la demande de lait diminue en Amérique du Nord, alors que celle de beurre et d'autres dérivés du gras de lait est à la hausse, ce qui crée un déséquilibre dans le marché.

Le prix a tendance à descendre parce qu'on a des marchés moins payants. La vache, elle donne pas ce que le consommateur demande : elle donne pas assez de gras et trop de protéines!

Bruno Letendre, président des Producteurs de lait du Québec
M. Letendre devant des micros.Bruno Letendre, président des Producteurs de lait du Québec Photo : Radio-Canada

Les producteurs réclament par conséquent une renégociation des prix du lait avec les multinationales pour rééquilibrer le partage des revenus de la vente du lait et des produits laitiers. Selon les producteurs, le prix du lait payé par les consommateurs a très peu augmenté, alors que les multinationales, elles, paient de moins en moins cher le lait qu’elles achètent dans les fermes québécoises.

Dans deux semaines, les représentants de l’UPA doivent rencontrer leurs homologues de la Commission canadienne du lait (CCL), à Ottawa, pour tenter de remédier à la situation.

« C’est la Commission canadienne du lait qui a le pouvoir de décréter une augmentation, parce que dans la négociation qu’on a eue avec les transformateurs, on a un article qui dit "circonstances exceptionnelles". Ça se déclenche quand le prix aux producteurs est de 3,5 % inférieur à leurs coûts de production. Là, la CCL a reçu notre demande et elle nous dit : "On attend les autres provinces, on est dans un système canadien". C’est long », a souligné M. Letendre.

Le conseil d'administration des Producteurs de lait du Québec examinera aussi une série de mesures possibles pour rajuster le niveau de production aux besoins.

Avec les informations de La Presse canadienne

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