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Trois spectacles attendus au Festival TransAmériques

Un homme couronne un autre homme devant lui, tandis qu'une dizaine de personnes fait la file derrière lui, dans une scène de la pièce «Kings of War», du Belge Ivo van Hove.
Une scène de la pièce Kings of War, du Belge Ivo van Hove. Photo: Jan Versweyveld / FTA
Radio-Canada

Le 12e Festival TransAmériques (FTA) débute mercredi à Montréal, avec, comme toujours, un grand choix de productions de danse et de théâtre hors normes. « Il faut aimer se faire brasser la cage », indique la chroniqueuse culturelle Katerine Verebely, qui a sélectionné trois spectacles de théâtre à ne pas manquer, pour l'émission Gravel le matin.

Tom na Fazenda

Pièce québécoise à succès du dramaturge québécois Michel Marc Bouchard (adaptée au cinéma par Xavier Dolan), Tom à la ferme connaît un grand succès à l’étranger.

La version brésilienne (en portugais avec surtitres en français et en anglais) que propose Rodrigo Portella au FTA apporte une réflexion encore plus poussée sur l’homophobie du fait de la situation dans le pays d’Amérique du Sud. « Le Brésil est un des pays où il y a le plus d’homicides contre les hommes gais. On parle d’au moins un meurtre par jour perpétré contre la communauté LGBT », a expliqué Michel Marc Bouchard en entrevue.

La trame demeure la même : Tom, jeune homme sophistiqué, se rend aux funérailles de son amant dans un village rural. Il y découvre que l’homosexualité du défunt est ignorée par sa mère. De son côté, son frère cache la vérité en se montrant violent.

Présentation du 1er au 3 juin à la Maison Théâtre.

Kings of War

La passion d’Ivo van Hove porte un nom : William Shakespeare. Le Belge a déjà mis en scène plusieurs spectacles autour du plus célèbre des auteurs britanniques, dont Tragédies romaines, présentées au FTA voilà huit ans.

Là encore, il s’agit d’une trilogie (en néerlandais, avec surtitres en français et en anglais) : Henri V, Henri VI et Richard III. Au total, le spectacle devrait durer une dizaine d’heures, mais Ivo van Hove en a condensé le propos en 4 heures 30 minutes (avec entracte).

Kings of War, où la notion de pouvoir occupe une place majeure à travers trois figures différentes de souverains, a été perçue en Europe comme une charge contre Donald Trump. Pourtant, la pièce a été créée en 2015, avant l’arrivée au pouvoir du milliardaire américain.

C’est la maîtrise de Shakespeare. Il parle de chaque époque, avec les mêmes pièces. Ça résonne dans la société, avec ce qui se passe dans l’actualité.

Ivo van Hove

Présentation du 24 au 27 mai au Théâtre Denise-Pelletier

La nuit des taupes

Le théâtre sans paroles est aussi à l’honneur, grâce à Philippe Quesne. Le principe en déconcertera plus d’un, puisqu’on descend dans un terrier, avec « sept acteurs déguisés en taupes géantes, qui ne disent pas un mot et qui détruisent le décor pendant 1 heure 20 minutes », raconte Katerine Verebely.

Objet d’excellentes critiques, la pièce La nuit des taupes a été perçue comme une métaphore du sort des migrants. « Le spectateur s’intéresse tout à coup à une autre espèce que lui-même. Je crois que dans ce théâtre de mammifères, on apprend à regarder les étrangers. On a l’occasion d’observer un autre peuple, d’apprendre la différence », indique de son côté Philippe Quesne dans un entretien publié sur le site du FTA.

Le Français semble fasciné par les taupes, puisqu’il avait déjà utilisé l’animal dans un spectacle précédent, Swamp Club, présenté au Festival d’Avignon. La taupe guidait des humains dans un abri souterrain. « Cette taupe a suscité tellement de sympathie de la part du public que j’ai eu envie de la revoir. […] C’est un animal qui fait la transition entre le monde du dessus et ce qui se passe en dessous, qui se révèle plus inquiétant, qui s’agite en profondeur », affirme-t-il.

Présentation du 3 au 6 juin à l’Usine C.

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