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Un œuf par jour garderait le cardiologue à l’écart

Un oeuf.

Au début des travaux, 13,1 % des participants ont déclaré une consommation quotidienne d’œufs et 9,1 % n'en avaient jamais ou très rarement consommé.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les personnes qui consomment des œufs modérément, une quantité pouvant aller jusqu'à un par jour, réduiraient considérablement leur risque de maladies cardiovasculaires (MCV) par rapport à celles qui n'en mangent pas, montrent des travaux réalisés en Chine.

Un texte d'Alain Labelle

Les œufs sont une source importante de cholestérol et contiennent également des protéines de haute qualité, de nombreuses vitamines et des composés bioactifs comme les phospholipides et les caroténoïdes.

D’autres études réalisées sur l’impact de la consommation d'œufs sur la santé du cœur n’avaient pas permis d’établir d’associations claires.

Les chercheurs Liming Li et Canqing Yu de l'Université de Pékin ont voulu approfondir nos connaissances sur le lien entre la consommation d'œufs et les MCV.

Les œufs innocentés

En 2009, des chercheurs britanniques affirmaient qu’une importante consommation hebdomadaire d'œufs n'influait que très peu sur les taux de cholestérol. Selon le Pr Bruce Griffin de l'Université de Surrey, une grande majorité de personnes peut ainsi manger autant d'œufs qu'elle le veut sans hypothéquer sa santé.

Des œufs et des cœurs

L’équipe de recherche a utilisé les données de l'étude de la China Kadoorie Biobank, une étude prospective toujours en cours concernant 512 891 adultes âgés de 30 à 79 ans provenant de 10 régions chinoises (cinq régions urbaines et cinq rurales).

Les participants ont été recrutés entre 2004 et 2008 et ont été interrogés sur la fréquence de leur consommation d'œufs. Ils ont fait l'objet d'un suivi pour déterminer leur morbidité (ensemble des facteurs susceptibles de provoquer une maladie) et leur mortalité.

Au début des travaux, 13,1 % des participants ont déclaré une consommation quotidienne d’œufs et 9,1 % n'en avaient jamais consommé, ou très rarement.

L'analyse des données montre que, par rapport aux personnes qui ne consomment pas d'œufs, la consommation quotidienne d'œufs était associée à un risque plus faible de MCV. Les consommateurs quotidiens d'œufs (jusqu'à un œuf par jour) présentaient :

  • un risque d'AVC hémorragique inférieur de 26 %;
  • un risque de décès par AVC hémorragique inférieur de 28 %;
  • un risque de décès par MCV inférieur de 18 %.

En outre, les auteurs ont observé une réduction de 12 % du risque de cardiopathie ischémique chez les personnes qui consommaient des œufs quotidiennement (quantité estimée à 5,32 œufs/semaine), comparativement à ceux qui n’en consommaient jamais, ou rarement.

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont la première cause de décès et d'invalidité dans le monde, y compris au Canada, principalement en raison des cardiopathies ischémiques et des accidents vasculaires cérébraux (hémorragiques et ischémiques).

Contrairement à la cardiopathie ischémique, qui est la première cause de décès prématuré dans la plupart des pays occidentaux, l'accident vasculaire cérébral (AVC) est la première cause de décès en Chine. Si l'AVC ischémique représente la majorité des AVC dans ce pays, la proportion d'AVC hémorragique est encore plus élevée que dans les pays occidentaux.

Il s'agissait d'une étude observationnelle, de sorte qu'aucune conclusion ne peut être tirée au sujet des causes et des effets, mais la grande taille de l’échantillon tenait compte des facteurs de risque établis et potentiels de MCV.

Auteurs de l’étude

« L'étude montre qu'il existerait une association entre une consommation modérée d'œufs (jusqu'à 1 œuf/jour) et un taux d'événements cardiaques plus faible », poursuivent les auteurs dont les travaux sont publiés dans la revue Heart (Nouvelle fenêtre).

Le saviez-vous?

Au Canada, au courant des 5 dernières années, la consommation d'oeufs a augmenté en moyenne de 3,5 % par année. En 2016, la consommation annuelle moyenne par habitant s'élevait à 19,9 douzaines.
Cette hausse peut s'expliquer par différents facteurs tels que :

  • Changement dans la perception des gens quant à la consommation d'oeufs;
  • Changement vers des diètes à haute teneur en protéine où l'oeuf est une bonne source de protéine.

Alimentation

Science