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Main-d'oeuvre : une mécanique simple et concrète espérée

Le premier ministre Philippe Couillard lors du dévoilement de la toute première Stratégie nationale de la main-d’œuvre.
Le premier ministre Philippe Couillard lors du dévoilement de la toute première Stratégie nationale de la main-d’œuvre. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les différents organismes de l'Abitibi-Témiscamingue se réjouissent de la stratégie nationale sur la main-d'oeuvre dévoilée mardi, mais espèrent que des moyens concrets seront proposés pour l'appliquer.

La Stratégie nationale sur la main-d'oeuvre du gouvernement du Québec sera assortie d'investissements de plus de 1,3 milliard de dollars sur cinq ans.

L'objectif est d'augmenter le nombre de personnes en emploi et d'accroître « un environnement favorable à l'obtention des compétences que requiert la transformation rapide de l'économie québécoise ».

Pascal Perreault, président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Abitibi-Ouest, espère que les résultats se feront sentir rapidement.

Ce qui reste à voir, c'est comment, concrètement, les choses s'appliqueront et comment les entreprises et les commerces pourront les utiliser et si ce sera simple. C'est une bonne nouvelle que quelque chose se fasse, après ça, il faut voir la manière de l'utiliser.

Pascal Perreault, président de la CCIAO

Avec un taux de chômage qui oscille autour de 5 % en Abitibi-Ouest, selon la Chambre de commerce et d'industrie, Pascal Perreault affirme que le temps presse pour plusieurs commerces et entreprises.

« Il faut que ce soit fait rapidement. Il y a beaucoup d'entreprises de la région qui ont commencé à aller à l'international chercher de la main-d'oeuvre qualifiée. Ce sont des choses qui devraient ressortir dans la stratégie du gouvernement. Pour la restauration et le commerce de détail, c'est difficile pour les heures d'ouverture, pour l'international ce sont surtout les industriels qui ont commencé à y aller. »

Jeunes, Autochtones et immigrants

En 2016-2017, le nombre d'offres d'emploi publiées sur l'outil de recherche Placement en ligne a dépassé la barre des 10 000 publications. Cela représente une augmentation de 45 %.

Selon Mariella Collini, agente de recherche à l'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue, rien ne laisse présager que la situation sera différente pour 2017-2018. Pressentis pour remplacer les départs à la retraite, les jeunes ne seront pas assez nombreux pour combler les besoins, mentionne-t-elle.

« Quand on regarde qui pourrait combler la demande sur le marché du travail, on pense illico aux jeunes, mais déjà en Abitibi-Témiscamingue, on constate que l'indice de remplacement de la main-d'oeuvre signale un déficit de remplacement. On devrait atteindre un creux en 2022, avec 70 jeunes en Abitibi-Témiscamingue pour remplacer 100 personnes âgées de 55 à 64 ans. »

Le bassin de main-d'oeuvre inclut bien sûr les membres des Premières nations et l'embauche d'immigrants. L'Observatoire note par contre que tout n'est pas gagné, puisque la rétention des immigrants à long terme vacille et que la présence des travailleurs autochtones sur le marché du travail local est encore à bonifier.

« Pour les Autochtones, le taux d'emploi en 2016 en Abitibi-Témiscamingue était nettement inférieur aux personnes non-autochtones. Pour la population immigrante, leur taux d'emploi est somme toute favorable en Abitibi-Témiscamingue, mais là où le bât blesse, c'est que la région n'est pas une destination naturelle pour les immigrants admis au Québec. On constate aussi que très peu pensent s'installer à long terme. On verra si la stratégie envisage des trucs de ce genre-là aussi », avance Mme Collini.

Taux de chômage

Au Québec, le taux de chômage était de 5,4 % en avril 2018.

Selon les données du gouvernement du Québec, d'ici 10 ans, « plus de la moitié des emplois qui devront être pourvus le seront en grande partie par les jeunes âgés de 35 ans et moins ».

Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue.Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue. Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

Bien accueillie par les partenaires du marché du travail

La stratégie de Québec est bien accueillie par le président du Conseil régional des partenaires du marché du travail de l'Abitibi-Témiscamingue.

Sylvain Blais précise d'ailleurs que cette stratégie s'est faite après des consultations dans les régions.

L'annonce d'agents supplémentaires à Service Québec pour faciliter la concertation est l'un des points appréciés.

Au niveau scolaire, Sylvain Blais, qui est aussi directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, se réjouit de la possibilité de pouvoir lancer de petites cohortes.

« Ce qu'on pourrait penser, c'est qu'au lieu d'avoir 13 étudiants simultanément à suivre un programme, ce nombre-là pourrait être réduit. À quoi, à 11, à 9, à 7? C'est ce qu'on verra dans le détail », avance-t-il.

Mais, à titre d'exemple, cette année, on avait trois attestations d'études collégiales dont on a fait la promotion, qui avaient des besoins de main-d'oeuvre, mais qu'on n'a pas été en mesure de partir.

Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Abitibi–Témiscamingue

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