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  • 100 ans de droit de vote pour les Canadiennes

    Caricature intitulé de «The Vote Girl» illustrant une jeune fille qui tire violemment sur un bordereau de vote, retenu par un garçon. Sous la caricature, le commentaire suivant: «I want the vote, and I mean to have the vote, thats the sort of girl I am».
    Partout au Canada, les militantes pour le droit de vote des femmes ont dû faire face à une grande résistance. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 24 mai 1918 marque un tournant dans la démocratie canadienne. Les femmes âgées de 21 ans et plus peuvent désormais voter aux élections fédérales. Province par province, la lutte devra toutefois se poursuivre afin d'étendre le droit de suffrage féminin.

    Fondement même de la démocratie, le droit de vote a longtemps été un privilège réservé à une catégorie de citoyens au Canada. Au cours de l’histoire, ce droit a graduellement été élargi quand les restrictions liées à la richesse, au sexe, à la religion et à l’origine ethnique ont peu à peu été abolies.

    Ces progrès n’ont pas été réalisés simultanément au niveau du gouvernement fédéral et de ceux des provinces.

    En 1918, alors que le Parlement canadien adopte la loi conférant le droit de suffrage aux femmes, les citoyennes manitobaines peuvent voter aux élections provinciales depuis déjà deux ans. Au Québec, les femmes devront pour leur part attendre 1940 avant d’obtenir ce droit.

    Les pionnières manitobaines

    Le 28 janvier 1916, le projet de loi sur le suffrage féminin est adopté par le Parlement manitobain. Le Manitoba devient ainsi la première province au Canada à accorder le droit de vote aux femmes.

    Téléjournal Manitoba, 27 janvier 2016

    Ce reportage diffusé au Téléjournal Manitoba du 27 janvier 2016 souligne les 100 ans de cette victoire pour les Manitobaines. Un combat de près de quatre ans mené par la suffragette Nellie McClung et la Ligue pour l’équité politique (Political Equality League).

    100 ans plus tard, la journaliste Camille Roy fait le point. Elle souligne que les femmes demeurent minoritaires sur la scène provinciale, occupant moins de 30 % des sièges.

    Pendant ce temps dans l’Ouest

    En 1916, quelques mois après le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta accordent le droit de vote aux femmes, suivies par la Colombie-Britannique et l’Ontario en 1917.

    C’est en Alberta, troisième province à octroyer le droit de suffrage aux femmes, que naîtra le mouvement des Célèbres cinq (Famous Five).

    La journaliste Elisa Serret rappelle leur importante contribution au Téléjournal Alberta du 19 avril 2016.

    Téléjournal Alberta, 19 avril 2016

    Nellie McClung fait partie du groupe des Célèbres Cinq. Après avoir obtenu le droit de vote pour les Manitobaines, elle souhaitait poursuivre le combat ailleurs au pays. Elle se joint à Emily Murphy, première femme juge de l’Empire britannique, Louise McKinney, Henriette Muir Edwards et Irene Parlby.

    La quête des Célèbres Cinq ne s’arrête pas le 19 avril 1916, moment où les Albertaines obtiennent le droit de voter. Ce sont également elles qui mèneront la révolutionnaire affaire de la « personne » devant la Cour suprême du Canada.

    En 1927, c’est ainsi grâce aux Célèbres Cinq que les femmes seront reconnues comme des personnes au sens de la Loi constitutionnelle du Canada.

    Thérèse Casgrain sur la longue lutte des Québécoises

    Entre 1918 et 1922, les Maritimes emboîteront le pas pour donner le droit de vote aux femmes. Au terme d’une lutte de près de vingt ans, le Québec sera la dernière province à céder aux pressions répétées des femmes.

    Entretien d'été, 16 juin 1967

    Thérèse Casgrain, militante et figure emblématique de cette cause, évoque le long combat des Québécoises à l’émission Entretien d’été du 16 juin 1967.

    Le Comité provincial pour le suffrage féminin, devenu plus tard la Ligue pour les droits de la femme, a dû essuyer plusieurs revers à l’Assemblée législative du Québec.

    La militante raconte ses échanges avec Maurice Duplessis. Le politicien présentait en Chambre des motions pour le droit de vote des femmes, mais s’y opposait au moment du vote. C’était simplement pour embêter le gouvernement libéral en place, alors dirigé par Louis-Alexandre Taschereau.

    Duplessis avait déclaré à Thérèse Casgrain : « Si vous obtenez le droit de vote des femmes, je vous l’enlèverai quand je deviendrai le premier ministre! »

    La présidente du Comité provincial pour le suffrage féminin doit aussi faire face à la résistance des femmes elles-mêmes. Les Cercles des fermières, par exemple, récoltent 45 000 signatures dans une pétition s’opposant au vote des femmes.

    En 1939, pour la première fois, des femmes participent au congrès d’orientation du Parti libéral du Québec. Une résolution sur le suffrage féminin est inscrite au programme électoral. Lorsque les libéraux d’Adélard Godbout sont portés au pouvoir, Thérèse Casgrain leur rappelle leur promesse.

    Le projet de loi 18 est accepté par l’Assemblée avec une large majorité. Sanctionné le 25 avril 1940, il accorde aux Québécoises le droit de voter et de se présenter en politique.

    En 1967, Thérèse Casgrain s’inquiète de la relève. Elle cherche une « tannante » qui pourrait poursuivre la bataille.

    « Les femmes qui ont des carrières – pas toutes, mais quelques-unes – sont tellement absorbées par leur propre carrière qu’elles oublient qu’il y en a d’autres qui sont moins fortunées. […] Ces femmes oublient que si elles peuvent faire tout ce qu’elles font aujourd’hui, si elles ont accès à telle, telle et telle profession, si elles sont acceptées dans tel et tel travail, c’est justement parce qu’il y a des femmes comme nous qui avons lutté pour elles. »

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