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Contrôle des armes : les élus implorés de bannir les armes d'assaut

Les précisions de Daniel Thibeault
La Presse canadienne

Si les élus ont « le coeur » de bannir les armes d'assaut au pays, « au moins, on aura gagné quelque chose » et « toute la nation canadienne va applaudir », a plaidé mardi le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah.

C'est le message qu'il a envoyé aux députés du comité parlementaire qui étudie le projet de loi C-71 sur le contrôle des armes à feu. Il était accompagné de Heidi Rathjen, coordonnatrice du groupe PolySeSouvient, et de Michel LeRoux, père d'un policier tué par arme à feu en 2016.

« S'il vous plaît, s'il vous plaît. Aidez-nous, aidez-nous, et aidez la société à ce que ce genre d'arme d'assaut, de guerre, ne soit pas dans ce pays. C'est pour le bien de toute la société », a lancé Boufeldja Benabdallah aux élus du comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Il a fait valoir que le bilan de la fusillade à la mosquée de Québec aurait pu être beaucoup plus lourd si le fusil du tireur – une arme longue semi-automatique, Small Arms VZ58 Sporter, légale et non restreinte – ne s'était pas enrayé.

« Tous les gens sont sidérés que cet individu ait eu une arme d'assaut. D'assaut! », s'est-il exclamé, enjoignant les élus à laisser de côté leurs « animosités politiques » et à amender C-71 de façon à bannir les armes d'assaut au Canada.

Soyez unanimes. Soyez bons. [...] C'est cet appel que je fais à vous tous ici [...] et je vais taper sur le clou jusqu'à ce que ça marche; Inch'Allah, si Dieu le veut.

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec

Sensibiliser la population

À ses côtés, Heidi Rathjen, qui milite en faveur d'un contrôle plus strict des armes à feu depuis la tuerie à Polytechnique, en décembre 1989, a aussi demandé de modifier C-71, qui respecte « à peine » les promesses contenues dans la plateforme libérale.

Mais elle ne se berce pas d'illusions. « Je ne peux pas dire que j'ai senti une ouverture, a-t-elle commenté après son témoignage en comité. On ne croit pas que les chances sont très grandes qu'ils amendent le projet de loi en ce sens. »

En revanche, elle estime que cette comparution devant le comité pourrait avoir l'avantage de sensibiliser la population.

Les Canadiens vont être plus au fait que les armes d'assaut sont légales. [...] Le public n'est tout simplement pas au courant à quel point nos lois sont faibles au niveau de ce type d'arme à feu.

Heidi Rathjen, coordonnatrice du groupe PolySeSouvient

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réitéré mardi qu'il était ouvert aux propositions d'amendement. Il a cependant énoncé plus clairement ce qu'il avait suggéré il y a deux semaines : C-71 ne sera pas le véhicule législatif par lequel seront bannies les armes d'assaut.

« Cela nécessiterait un projet de loi séparé, car cela irait au-delà de la portée de ce qui est à l'étude à la Chambre des communes actuellement », a-t-il signalé en mêlée de presse avant la période des questions en Chambre.

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