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Amitiés et projets à la tonne entre Rimouski et Haïti

Daniel Bénéteau et sa fille adoptive, Marie-Ange Faro

Daniel Bénéteau et sa fille adoptive, Marie-Ange Faro

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les projets et les liens d'amitié entre Rimouski et Haïti semblent fleurir de plus en plus, depuis le tremblement de terre qui a ravagé le pays en 2010. Mardi, une petite délégation rimouskoise repart dans les Caraïbes pour poursuivre une multitude de projets, de concert avec des Haïtiens qui rêvent de conditions meilleures pour leur pays. Des projets qui sont nés, pour plusieurs, d'une relation filiale unique entre le Rimouskois Daniel Bénéteau et Marie-Ange Faro, une Haïtienne maintenant installée à Rimouski.

Un texte de Laurence Gallant

Soutien dans l’installation d’un centre communautaire, d’un centre de pédiatrie sociale et d’écoles, formations en pédagogie, développement du charbon vert comme nouvelle source d’énergie écologique… Daniel Bénéteau en a beaucoup à raconter sur tous ces projets qu’il soutient en Haïti, de pair avec des personnes dévouées corps et âme pour le développement du pays.

Celui qui a fait carrière à Québec Téléphone, à Télus, puis à l’Université du Québec à Rimouski, est maintenant à la retraite, mais n’a jamais été aussi « hyperactif », inspiré par toutes ces initiatives qui fleurissent entre Haïti et Rimouski.

Des amitiés qui naissent de la solidarité

L'accueil et le parrainage d'une dizaine d'étudiants haïtiens à l'UQAR, il y a huit ans, ont été déterminants pour Daniel Bénéteau, qui était à l’époque vice-recteur de l’université.

Une femme et son enfant assis dans les ruinesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il y a 10 ans jour pour jour un séïsme frappait Haïti

Photo : Radio-Canada

Dans la foulée de ce mouvement de solidarité qui s’est déployé à la suite du tremblement de terre en Haïti, il a lui-même pris sous son aile une jeune Haïtienne, Marie-Ange Faro. Celle-ci a donc entrepris des études à Rimouski, après avoir travaillé auprès d'œuvres caritatives dans son pays.

« Je me suis réveillé un matin en me disant : " je vais m’occuper de Marie-Ange, ça va être mon projet de retraite " », raconte Daniel Bénéteau, avec son indéfectible sourire aux lèvres.

De cette rencontre avec Marie-Ange et plusieurs autres étudiants haïtiens, immigrés d’urgence à Rimouski, sont issus des amitiés et des rêves pour améliorer la vie des gens en Haïti.

Le duo a pu tisser des liens avec plusieurs Haïtiens déjà très actifs sur le terrain, et qui souhaitaient mettre en place des écoles et des centres pour aider les enfants défavorisés, mais aussi instaurer des projets agricoles et écologiques porteurs pour l’avenir du pays.

On travaille avec les communautés pour qu’elles réalisent des choses importantes pour elles. On est comme des facilitateurs.

Une citation de : Daniel Bénéteau

« Souvent, ce qui manque, c’est les ressources financières. Ils ont des idées, ils ont du talent, mais ils n’ont pas ça. Pour ça, moi je peux aider. Et Marie-Ange, avec la connaissance de la culture et tout ça, ça fait un beau mariage », explique Daniel.

Le charbon vert pour Haïti

À Limbé comme à Gonaïves, les efforts sont grands pour concrétiser ce qui pourrait devenir une solution durable face au problème de déforestation en Haïti et les besoins énergétiques de la population.

« En Haïti, 90 % des familles font la cuisson avec du charbon noir, fait des arbres coupés et calcinés. Le malheur, en Haïti, c’est qu’il n’y a plus d’arbres. Ce qui reste de forêt, c’est moins de 5 % [du territoire] », mentionne Daniel Bénéteau.

Grâce à des résidus de canne à sucre, d’écorce de riz et de papier mélangés à de l’eau, on peut désormais fabriquer des briquettes de combustible qui pourraient remplacer le charbon noir dans les foyers.

Le défi, c’est d’emmener les paysans qui vivent de la fabrique de charbon noir à faire la transition à la fabrique de charbon écologique.

Une citation de : Daniel Bénéteau

Daniel Bénéteau et ses alliés, comme l’organisme d'aide internationale à l'enfance L’AMIE, attendent d'ailleurs une réponse imminente du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, à qui ils ont demandé une subvention de 1,2 million de dollars, pour accélérer le développement du charbon vert en Haïti.

Des liens de confiance, sans intermédiaire

Ces contacts développés avec des gens de l'île ont permis d’entretenir des liens de confiance, estiment Marie-Ange Faro et Daniel Bénéteau.

Les Haïtiens, racontent-ils, sont souvent méfiants devant les initiatives extérieures :

« Il y a toujours une méfiance des Haïtiens par rapport à ces Blancs-là qui arrivent de l’extérieur, qui veulent tout changer sans consulter, avec leurs méthodes. Et c’est pas tous les organismes qui sont là pour le bien-être des gens, vraiment. »

Les collaborations se multiplient entre Haïti et RimouskiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les collaborations se multiplient entre Haïti et Rimouski

Photo : Daniel Bénéteau

Marie-Ange Faro donne en ce sens des cours de créole et de culture haïtienne au Cégep, dans le but d’aider les bénévoles de Rimouski à mettre la main à la pâte sur l’île des Caraïbes. Elle contribue également à l’intégration de nouveaux venus d’Haïti qui continuent d’atterrir à Rimouski, pour poursuivre leurs études, explique-t-elle.

Une aide toujours apportée avec le souhait de favoriser les échanges et les collaborations entre Haïti et Rimouski.

Mon rêve, depuis longtemps, c’était d’aider Haïti, de mettre mon grain de sel d’une manière ou d’une autre. Je trouve ça magnifique. Je pensais pas que ça allait être intense et concret comme ça.

Une citation de : Marie-Ange Faro

La Rimouskoise d’adoption se réjouit maintenant de voir que le « grain de sel » qu’elle voulait apporter à son pays est en train de porter fruit.

Ça me fait vraiment chaud au cœur. J’aime beaucoup Haïti, je veux pas changer Haïti, mais au moins il y a quelque chose qui se passe, très concrètement, au niveau de la vie des gens.

Une citation de : Marie-Ange Faro
Des écolières à GonaïvesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des écolières à Gonaïves

Photo : Daniel Bénéteau

Ces initiatives ont suscité l'intérêt au Cégep de Rimouski et à l’Université, et intègrent maintenant des étudiants et des professeurs qui veulent, dans plusieurs domaines, contribuer au développement d’Haïti.

Daniel Bénéteau et Marie-Ange Faro semblent inarrêtables. La commercialisation du moringa, un arbre aux propriétés « miracles » pour le système immunitaire et la peau, est également un projet en voie de se réaliser, avec le fils de Daniel Bénéteau.

Un projet qui permettrait, en définitive, de créer de l’emploi en Haïti, et de faire des profits qui pourraient être ensuite réinjectés dans différentes initiatives au pays, souhaitent-ils.

Marie-Ange aimerait, à moyen terme, retourner vivre en Haïti six mois par année, pour soutenir les multiples projets que Daniel et elle souhaitent voir se concrétiser pour son pays d’origine.

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