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Samsung contre Apple : combien valent les bords arrondis de l'iPhone?

Un iPhone et un téléphone intelligent de marque Samsung.

Apple et Samsung s'affrontent devant les tribunaux.

Photo : Getty Images / Peter Macdiarmid

Agence France-Presse

Combien vaut le design de l'iPhone? C'est la question à un milliard de dollars que va tenter de trancher la semaine prochaine un tribunal américain, sommé de fixer la somme que Samsung, accusée de plagiat, doit payer à Apple.

La querelle entre les deux leaders mondiaux des téléphones intelligents dure depuis des années, et Samsung ne commercialise même plus le modèle incriminé. Mais, en jeu, il y a peut-être des centaines de millions de dollars et une possible jurisprudence sur la valeur des brevets relatifs au design.

Apple réclame un peu plus d'un milliard de dollars, tandis que Samsung pense qu'il ne doit à son rival qu'environ 28 millions de dollars.

« Samsung ne dit pas qu'elle ne doit pas payer. Elle dit juste qu'elle n'a pas à verser tous les profits tirés du téléphone », a indiqué son avocat, John Quinn, vendredi, au dernier jour du procès tenu à San José, en Californie – en pleine Silicon Valley – avant que les jurés n'entament leurs délibérations. Leur décision est attendue à partir de lundi.

Samsung condamné lors du premier procès

En 2011, un premier procès avait tranché en faveur d'Apple :les juges avaient argué que Samsung avait copié des éléments de design de l'iPhone – dont la face rectangulaire avec des bords arrondis et les icônes colorées rangées sur un écran noir – faisant partie d'un brevet déposé par Apple.

En jeu aussi dans ce choc des titans de l'industrie des technologies : la fonction qui permet de tapoter sur l'écran pour zoomer dans l'image.

Samsung avait alors été condamnée à payer 400 millions de dollars à sa concurrente. Depuis, le groupe n'a cessé de contester cette somme, fondée sur l'intégralité des profits tirés du téléphone intelligent même si Samsung n'avait été reconnue coupable d'avoir violé que partiellement le brevet d'Apple.

La querelle entre les deux colosses, qui détiennent à eux deux environ 35 % du marché mondial actuel, est même remontée jusqu'à la Cour suprême des États-Unis, qui, en 2016, a annulé la sanction de 400 millions de dollars, renvoyant le dossier dans le système judiciaire ordinaire.

De gros enjeux

« Au centre de cette affaire, c'est le design, et l'application de ce design aux téléphones intelligents », a dit pour sa part l'avocat d'Apple, Joseph Mueller, vendredi. Quand une entreprise copie le design d'un concurrent, « les dés sont pipés, et ce n'est tout simplement pas juste », a-t-il insisté.

Pour la marque à la pomme, qui tire aujourd'hui la majorité de ses revenus de l'iPhone, le téléphone intelligent était un projet à « quitte ou double » pour l'entreprise, et, en termes de protection par un brevet, son design est aussi important que l'appareil lui-même.

Pour un autre avocat d'Apple, Bill Lee, c'est comme si un autre constructeur automobile avait copié l'allure de la célèbre Coccinelle, l'emblématique voiture aux formes arrondies de Volkswagen, pour mettre un modèle concurrent sur le marché.

Depuis les débuts de l'affaire, la question de la valeur des brevets relatifs au design a fait naître un clan pro-Samsung, composé de grands noms du secteur technologique (Google, Facebook, Dell et Hewlett-Packard), tandis qu'Apple a rallié à sa cause le monde de la création et du design, certains citant des précédents comme la forme de la bouteille de Coca-Cola. Pour le secteur technologique, une décision en faveur d'Apple entraînerait de nombreux autres contentieux.

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