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Devenir famille d’accueil, plus facile à dire qu’à faire

Le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette
Radio-Canada

Le Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean fait face à un manque criant de familles d'accueil. Pourtant, certains couples comme Alexandra Chayer et Pierre-Yves Salesse sont prêts à accueillir des enfants chez eux. Le problème, dans leur cas, c'est qu'ils doivent se conformer à de nombreuses règles en raison des caractéristiques de leur maison ancestrale.

Ils en ont fait l’acquisition en septembre dernier et ont immédiatement amorcé des démarches pour devenir une famille d’accueil.

Travaux importants

« L'intervenante est venue à la maison et elle a dit : "Je ne pense pas que vous pouvez être famille d'accueil parce que les plafonds ne sont pas assez hauts. […] Il est à 83 pouces et demi et ils veulent 88 pouces" », explique Pierre-Yves Salesse.

Devant l'impossibilité de modifier la hauteur des plafonds, le couple a finalement obtenu une dérogation, mais il n'était pas au bout de ses peines. Après la visite d'un évaluateur, il a reçu une liste de travaux à effectuer.

La maison doit être repeinte au grand complet avec de la peinture ignifuge parce que les murs sont en lattes de bois. Cette peinture permet de retarder la propagation des flammes en cas d'incendie.

« C'est de la peinture qui est très dispendieuse qu'on doit appliquer sous les couches de peinture, donc c'était un très gros travail. On a aussi les fenêtres à changer dans les chambres des enfants parce qu'il manque un demi-pouce en fait pour être légal », mentionne Alexandra Chayer.

Pierre-Yves Salesse en train de peinturer sous le regard d'Alexandra Chayer.Pierre-Yves Salesse et Alexandra Chayer ont dû repeindre leur maison au complet pour répondre aux exigences du Centre jeunesse. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Une serrure doit également être installée sur la porte menant au sous-sol parce que l'escalier ne répond pas aux normes du Centre jeunesse.

On doit prévoir un système d'intercom si on est au sous-sol et que les enfants sont à l'étage parce qu'ils n'ont pas le droit de descendre à cause de l'escalier.

Alexandra Chayer

La facture est salée : 7000 $, de quoi décourager bien des familles d’accueil potentielles.

« C'est du temps, c'est de l'argent, pis on se demandait si on était vraiment prêt à faire tout ça. Finalement on a décidé d'aller de l'avant parce que c'est vraiment quelque chose qui nous tient à cœur », raconte Alexandra Chayer.

On comprend que les centres jeunesse sont responsables des enfants et qu'ils ne veulent pas les envoyer nécessairement dans un lieu qui est non sécuritaire.

Pierre-Yves Salesse

Mais le couple dénonce qu'il y ait deux poids, deux mesures.

« Jamais on verrait le Centre jeunesse débarquer parce que les plafonds sont trop bas dans une maison ou parce qu'il manque un demi-pouce à l'ouverture des fenêtres, donc c'est surtout par rapport à ça que c'est dur à accepter », indique Alexandra.

Pierre-Yves Salesse et Alexandra ChayerPierre-Yves Salesse et Alexandra Chayer Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Une quarantaine de familles recherchées

Les travaux ont ralenti le processus d'accueil d'un premier enfant chez Pierre-Yves et Alexandra. Pourtant, les besoins de placement de la Direction de la protection de la jeunesse sont criants. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) s'apprête d'ailleurs à lancer une campagne de recrutement.

« On a besoin de familles d’accueil. On parle au bas mot d’une quarantaine de familles d’accueil. On s'assure que les gens le font pour des raisons sérieuses, pour les bonnes raisons et font les efforts nécessaires pour y arriver », précise le porte-parole du CIUSSS, Jean-François St-Gelais.

D'après le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette

Saguenay–Lac-St-Jean

Société