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Les fous de Bassan, moins fidèles qu'on le croit

Des fous de Bassan
Des fous de Bassan Photo: iStockphoto
Radio-Canada

La survie de l'espèce aurait-t-elle eu raison de l'amour? C'est la question que se pose un chercheur de Rimouski qui s'intéresse au taux de divorce des fous de Bassan de l'île Bonaventure, pourtant connus pour leur grande fidélité.

Un texte de Catherine Poisson, d'après une entrevue réalisée par Paul Huot

David Pelletier cherchait à comprendre pourquoi le taux de reproduction des fous de Bassan avait chuté de façon importante dans les dernières années.

Il a rapidement réalisé que ses hypothèses de départ étaient erronnées.

« Je partais du principe que les fous de Bassan sont monogames à vie, mais en questionnant nos bases de données, je me suis rendu compte qu'il y avait vraiment beaucoup d'échanges entre les nids », explique le chercheur.

De retour d'un séjour de huit jours sur l'île Bonaventure, il affirme y avoir calculé un taux de divorce de 35 %, mais d'autres années ont été beaucoup plus difficiles pour les couples.

En 2012, le taux de divorce des fous de Bassan est évalué à 80 %, donc la majorité des individus auraient changé de partenaire.

David Pelletier, chercheur et enseignant en biologie au Cégep de Rimouski

Quand l'appétit va, tout va

Il est difficile de déterminer si le phénomène est nouveau, selon le chercheur, mais la disponibilité du maquereau, la proie de choix du fou de Bassan, pourrait expliquer cette infidélité.

« On constate que chaque année où il y a une faible abondance de maquereau, il y a inversement un important taux de divorce chez les fous de Bassan », observe M. Pelletier.

En comparant le taux de reproduction des individus au cours de l'année de leur divorce ainsi que des années précédentes et suivantes, le chercheur en est venu à la conclusion que cette corrélation ne serait pas le fruit du hasard.

« Dans tous les cas, ce qu'on constate, c'est qu'il y a une augmentation du succès de reproduction lorsqu'il y a changement de partenaire », souligne-t-il.

C'est une stratégie adaptative de changer de partenaire dans des conditions difficiles pour les fous de Bassan.

David Pelletier, chercheur et enseignant en biologie au Cégep de Rimouski

David Pelletier dispose d'une base de données de 10 ans. Il étudie le fou de Bassan dans le cadre du doctorat qu'il mène actuellement à l'Université du Québec à Rimouski.

Le 28 avril dernier, il a remporté un prix de la American Ornithological Society pour une conférence qu'il a présentée sur le réseau social Twitter.

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