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Niveau de stress inquiétant chez les professionnels du gouvernement

Des membres du SPGQ lors d’une manifestation.
Le Syndicat des professionnels et professionnelles du gouvernement du Québec regroupe environ 25 000 membres. Photo: Radio-Canada / Alain Roy

Surcharge de travail, manque de temps, stress élevé, formation insuffisante : les conclusions d'un sondage mené auprès de plus de 3600 professionnels du gouvernement du Québec sont peu reluisantes. Leur syndicat n'y voit rien d'autre que le résultat de 15 années de réduction des dépenses dans la fonction publique.

Un texte d’Alexandre Duval

« À force de vouloir couper dans le gras […] on a coupé dans la viande et maintenant ils sont rendus à l'os! », dénonce le président du Syndicat des professionnels et professionnelles du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron.

D’après un sondage interne mené à la fin de l’année 2017, pas moins de 70 % des participants ont rapporté avoir été en surcharge de travail au moins une fois dans les 12 mois précédents.

Parmi ceux-ci, 82 % ont affirmé que la surcharge de travail se produisait « constamment » ou « fréquemment ».

Ils essaient de maintenir des services publics à bout de bras avec des troupes qui sont de plus en plus essoufflées!

Richard Perron, président du SPGQ

Stress endémique

Les données du SPGQ font aussi état d’un autre problème répandu : 77 % des répondants ont rapporté avoir vécu un niveau élevé de stress au moins une fois dans les 12 mois précédant le sondage.

Parmi eux, près de 70 % ont mentionné avoir été exposés à ce niveau de stress « constamment » ou « fréquemment ».

« Ç'a un impact sur l'absentéisme au travail, les départs pour congés prolongés et la qualité de vie de nos membres », estime M. Perron.

Richard Perron, président du Syndicat des professionnels et professionnelles du gouvernement du QuébecRichard Perron, président du Syndicat des professionnels et professionnelles du gouvernement du Québec Photo : Radio-Canada

Les chiffres semblent lui donner partiellement raison, puisque près de 9 % des répondants ont aussi dit avoir pris un congé de maladie en cours d’année en raison du stress ou de la surcharge de travail.

Ça coûte une fortune à la société québécoise comme dépenses, parce qu'on ne donne pas des milieux de travail sains qui garantissent aux personnes de ne pas tomber au combat comme elles le font trop souvent maintenant.

Richard Perron, président du SPGQ

Une majorité de répondants au sondage ont aussi affirmé manquer de reconnaissance, ne pas recevoir assez de formation et être à court de temps pour bien faire leur travail.

L’effet des compressions répétées?

Le SPGQ établit un lien direct entre les problèmes rapportés par les employés et les compressions effectuées dans la fonction publique québécoise depuis une quinzaine d’années.

On montre du doigt la politique lancée par le gouvernement de Jean Charest en 2004 qui visait à ne pas remplacer la moitié des employés ayant pris leur retraite.

On accuse aussi le gouvernement actuel de Philippe Couillard d’avoir gelé les effectifs des secteurs public et parapublic en début de mandat, afin de rétablir l’équilibre budgétaire.

Résultat : 59 % des répondants au sondage disent que leur charge de travail a augmenté au cours des 10 dernières années, et 52 % soutiennent que leur motivation a diminué.

Le SPGQ se plaint également que le salaire réel des professionnels, en tenant compte de l’inflation, a diminué de 3 % de 1999 à 2010, alors que celui des autres employés du gouvernement a augmenté de 4,4 %.

Dans une situation de rareté de la main-d’oeuvre, ces gens-là vont saisir la première occasion où ils seront beaucoup mieux payés ailleurs!

Richard Perron, président du SPGQ

Le gouvernement sensible

« Le climat et le milieu de travail sont des éléments qui préoccupent le gouvernement », a réagi Cynthia St-Hilaire, l'attachée de presse du président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand.

Mme St-Hilaire mentionne qu'une nouvelle stratégie de gestion des ressources humaines sera bientôt présentée par le Conseil du Trésor pour la période 2018-2023.

On prévoit notamment une amélioration des formations offertes aux employés du gouvernement. Mme St-Hilaire rappelle aussi que les espaces de travail des fonctionnaires seront réaménagés.

Un sondage fiable?

Les données présentées par le SPGQ ont été colligées à la fin de l’année 2017. À cette période, les membres du SPGQ étaient toujours sans convention collective.

Comme moyen de pression, ils refusaient de travailler les soirs et les fins de semaine.

Interrogé pour savoir si ce contexte aurait pu influencer l’humeur des membres au moment de répondre au questionnaire, M. Perron rétorque que les problèmes de stress et de surcharge au travail remontent à plus longtemps.

« Je suis président du SPGQ depuis 2012 et ces discussions-là sont les mêmes qu'on soit en période de négociation ou hors période de négociation », dit-il.

Une entente de principe a finalement été conclue entre le SPGQ et le gouvernement en mars dernier, après trois années sans convention collective. Le vote des membres a commencé et doit se poursuivre jusqu’à la mi-juin.

Le sondage du SPGQ, en bref

L’enquête interne du SPGQ a été réalisée de manière volontaire entre le 28 novembre et le 18 décembre 2017. Sur les 14 112 membres qui ont reçu le sondage par l'intermédiaire de leur courriel personnel, 3631 y ont répondu. Le SPGQ compte environ 25 000 membres, dont des analystes informatiques, des comptables et des actuaires.

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