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  • Exclusif
  • Le camion blindé du SPVM sert beaucoup moins que prévu

    Le camion de protection balistique, acheté en 2013 par le SPVM
    Le camion de protection balistique, acheté en 2013 par le SPVM Photo: Radio-Canada / Dominic Brassard
    Radio-Canada

    EXCLUSIF - Cinq ans après son achat pour 365 000 $, le camion blindé du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est utilisé deux à trois fois moins qu'envisagé au départ. Radio-Canada a appris qu'il ne sert que 5 à 6 fois par année.

    Un texte de Thomas Gerbet

    Depuis le début de l'année 2018, le camion de protection balistique a servi une seule fois. Impossible de savoir quand et pourquoi. Le SPVM a invoqué deux articles de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics pour ne pas révéler cette information.

    Acheté en juin 2013, le camion blindé de 17 tonnes devait servir pour des interventions à haut risque. Critiqué à l'époque pour cette acquisition considérée comme une forme de militarisation, le SPVM avait justifié son utilité en planifiant s'en servir de 10 à 15 fois par an.

    « Contrairement à d'autres équipements, on n'a pas prévu de rentabiliser le véhicule en fonction du nombre de sorties, explique le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière. C'est un outil très spécialisé pour la protection des policiers et des citoyens. »

    Le camion Thunder-1 doit servir de bouclier au Groupe tactique d'intervention (GTI) lors d'opérations très risquées comme lorsqu'une personne armée est barricadée ou qu'il faut évacuer des otages.

    Le véhicule est muni de 13 meurtrières permettant aux policiers de faire feu vers l'extérieur ou de tendre des objets de communication à des individus barricadés pour négocier.

    « Le fait d'avoir un véhicule qui protège nos policiers, ça met dans une position où on n'a pas, ou moins, besoin d'utiliser la force létale », explique Ian Lafrenière.

    Le camion a-t-il permis de sauver des vies? Le SPVM n'est pas en mesure de répondre à cette question.

    Ian Lafrenière donne l'exemple des émeutes de Montréal-Nord, en 2008. Une policière avait été atteinte par balle et les policiers avaient réalisé un « mur humain » pour l'évacuer. Le camion aurait pu servir de bouclier.

    J'entends beaucoup de commentaires concernant la militarisation de la police, mais quand vous voyez le nombre de sorties que l'on fait avec ce véhicule, vous voyez bien que c'est très loin d'être utilisé pour épater la galerie.

    Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM

    Le SPVM assure ne pas avoir l'intention d'utiliser le camion blindé dans le cadre de manifestations, comme on peut le voir dans d'autres pays.

    Le camion en chiffres :

    • Poids chargé : 17 tonnes
    • Peut transporter une dizaine de personnes
    • Vitesse maximale : 120 km/h
    • Force : 285 chevaux

    Le SPVM a ajouté au camion un bélier hydraulique pour défoncer une porte ou une fenêtre à une distance de 3,5 mètres.

    Plusieurs services de police au Québec et au Canada sont munis d’un véhicule de protection balistique. C'est le cas de la Sûreté du Québec, ainsi que des services de police des villes de Québec, Toronto et Vancouver.

    « C'est ce que ça nous prenait dans une grande métropole comme la nôtre, dit Ian Lafrenière. Est-ce que ça nous en prend d'autres? La réponse est non. »

    Grand Montréal

    Société