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L'agrile du frêne est détecté à Edmundston, une première en Atlantique

L'agrile du frêne sur une feuille.
L'agrile du frêne. Photo: iStock / yod67

L'agrile du frêne, cet insecte ravageur qui a déjà tué des millions d'arbres en Amérique du Nord, vient d'être détecté pour la première fois en Atlantique.

Un texte de Frederic Wolf

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé la présence de l’insecte à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

L’agrile ne pose aucun risque à la santé humaine, mais est une menace environnementale considérable en Amérique du Nord, tant dans les régions boisées que les centres urbains, en plus d’être un fardeau économique pour les régions touchées.

L’agrile détecté grâce à une citoyenne

À la Municipalité d’Edmundston, on n’est pas surpris. L’insecte se propage au Canada depuis quelques années et cheminait vers l’ouest et vers l’est à partir de l’Ontario.

Depuis environ cinq ans, la Municipalité installait des pièges pour tenter de capturer l’agrile. C’est toutefois une citoyenne qui a révélé la présence de cet insecte pour la première fois.

Une étudiante en sciences forestières, originaire de l’Ontario, où l’agrile fait des ravages depuis 15 ans, a alerté la Municipalité, explique Alain Laplante, coordonnateur aux espaces verts à la Municipalité d’Edmundston. « Elle s'en allait sur la rue Saint-François à Edmundston, elle a vu des frênes avec des signes de dépérissement. »

Les autorités municipales ont relayé le message à l’ACIA.

Le problème, explique Alain Laplante, c’est qu’une fois que les dommages causés par l’agrile du frêne sont constatés, l’insecte a déjà commis d'autres ravages ailleurs.

L’insecte adulte perce un trou dans le frêne pour y déposer ses oeufs. Après l’éclosion des oeufs, les larves vivent sous l’écorce de l’arbre et se nourrissent de phloème, où circule la sève, tuant tranquillement le frêne.

Une larve de l'agrile du frêne retiré de l'écorce d'un arbre à l'aide d'un couteau.Une larve de l'agrile du frêne est retiré d'un arbre infecté à Saugerties, dans l'État de New York. Photo : Associated Press / Mike Groll

« L’insecte, lui, il s’en va » après la ponte, explique M. Laplante. « Quand on vient de s'apercevoir que notre arbre a des signes de dépérissement, l'insecte est rendu pas mal plus loin. Il peut être rendu des kilomètres plus loin et avoir pondu des oeufs en s'en allant. »

Les galeries tracées par l'agrile sur un frêne.Les galeries tracées par l'agrile sont visibles sur ce frêne à Winnipeg. Photo : Radio-Canada / Holy Caruk

Cette détection de l’agrile se situe hors des zones réglementées qui sont établies par l’ACIA au Québec, en Ontario et, plus récemment, au Manitoba.

Il y aura assurément une zone réglementée au Nouveau-Brunswick, explique Alain Laplante, qui attend la visite des inspecteurs de l’ACIA pour en savoir davantage.

« Les échanges vont se poursuivent la semaine, tout ce beau monde-là débarque ici à Edmundston mardi prochain, puis on va commencer l'inventaire, on va établir un plan d'attaque. », dit-il. « On va travailler ensemble là-dessus, mais c'est vraiment eux qui vont dicter les règles. »

La largeur de la zone varie selon l’ampleur de la propagation de l’agrile.

On ne sait pas combien grand ça peut être. Peut-être que l'insecte est rendu à Grand-Sault peut-être qu’il est rendu à Ville Dégelis. Ça peut être pas mal grand, la zone.

Alain Laplante, coordonnateur aux espaces verts à la Municipalité d'Edmundston

Les zones réglementées visent à limiter le mouvement des matières potentiellement infestées.

« Notre région, on a des trains, on a beaucoup de déplacement de bois de chauffage, parce qu'on a beaucoup de campings et de campings provinciaux », explique M. Laplante. « Tout ça, c'est des vecteurs de transport. »

En vigueur immédiatement, il est interdit de déplacer tout produit du frêne, comme les billes, les branches et les copeaux de bois, ainsi que toutes les espèces de bois de chauffage provenant du lieu touché.

L’ACIA impose aussi l’abattage des arbres qui ne peuvent être traités. Un arbre dont le niveau de dépérissement se situe au-dessus de 30 % doit être abattu.

La communauté peut aider

La communauté peut aider à combattre la propagation de l’agrile et la Municipalité désire travailler avec la population pour faire l’inventaire des frênes privés.

Les traces caractéristiques laissées par l'agrile sur un frêne, à Québec.Les traces caractéristiques laissées par l'agrile sur un frêne, à Québec. Photo : Radio-Canada / Geneviève Gagnon

« On connaît très bien où sont nos frênes, qui ont été plantés par la Municipalité, mais on ne connaît pas très bien où sont les frênes chez les citoyens. On va avoir besoin de cette donnée-là », indique Alain Laplante. Edmundston sait qu'elle a au moins 500 frênes sur son territoire.

« S’il y a des gens qui ont des frênes sur leur terrain, ça serait bien qu'ils téléphonent à la Municipalité », indique le responsable des espaces verts. Il demande aux gens de communiquer avec le département des travaux publics (Nouvelle fenêtre) s’ils pensent qu’un arbre sur leur propriété pourrait être un frêne, et ce même si l’arbre est en parfaite santé.

« C'est le petit bout où les citoyens vont pouvoir nous aider », dit-il.

« Edmundston, il n'y en a pas beaucoup [de frênes], mais il y a des endroits dans la région où il y en a pas mal plus. Si on peut arrêter la propagation à Edmundston, c'est gagnant pour tout le reste de la province », conclut Alain Laplante.

Nouveau-Brunswick

Environnement