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L'attente aux urgences, le talon d'Achille des ambulanciers paramédicaux à Ottawa

Une ambulance à Ottawa.
Un véhicule des ambulanciers paramédicaux d'Ottawa. Photo: Radio-Canada / Danny Globerman/CBC
CBC

Bien que, pour la première fois en trois ans, le Service paramédic d'Ottawa ait respecté les délais d'intervention approuvés par le Conseil pour les urgences, les ambulanciers paramédicaux ont dû passer plus de 37 000 heures dans les salles d'urgence en attendant que leurs patients soient pris en charge par le personnel hospitalier.

Malgré une hausse de 1,1 % du nombre d'interventions, le Service paramédic d'Ottawa a atteint la cible du Conseil pour les urgences de tous les degrés de gravité ainsi que dans les cas d'arrêts cardiaques soudains, selon le rapport 2017 des ambulanciers paramédicaux.

Mais ce sont les longs délais d'attente pour que les patients soient pris en charge dans les hôpitaux et le nombre d'appels au 911 en constante hausse qui font que le « niveau zéro » reste un problème récurrent.

Des alarmes de « niveau zéro » se produisent lorsqu'il n'y a pas d'ambulances disponibles pour transporter des patients.

En 2017, les ambulanciers paramédicaux d'Ottawa ont passé 37 423 heures dans les salles d'urgence en attendant que leurs patients soient pris en charge par le personnel hospitalier. C'est l'équivalent de 1559 jours en une seule année.

Lors d'une réunion du Comité des services communautaires et de protection (SCP), jeudi, le directeur général des Services de protection et d'urgence, Anthony Di Monte, a fait part de sa frustration quant à l'incidence du sous-effectif dans les salles d'urgence sur les ambulanciers paramédicaux.

« Nous faisons tout bien, mais c'est le talon d'Achille de ce système qui est hors de notre contrôle », regrette M. Di Monte.

Les urgences des hôpitaux : un « désastre »

Les ambulanciers paramédicaux se sentent anxieux et ils ont l'impression d'être pris en otages quand ils attendent que le personnel hospitalier s'occupe de leur patient, selon M. Di Monte. Ils ne peuvent pas non plus répondre à d'autres appels d'urgence, ce qui contribue à accentuer le problème du « niveau zéro ».

C'est catastrophique, ce qui se passe dans les salles d'urgence, et il n'y a aucune excuse à cela.

Anthony Di Monte, chef du Service paramédic d'Ottawa

La province a investi 1,5 million de dollars dans un projet pilote pour que les ambulanciers paramédicaux puissent laisser les patients à une infirmière désignée, ce qui faciliterait leur retour sur le terrain.

Le projet pilote est en cours depuis plusieurs années, mais ce n'est pas une solution pérenne, juge M. Di Monte.

Anthony Di Monte lors d'une mêlée de presse. (Archives)Le directeur des Services de protection et d'urgence de la Ville d'Ottawa, Anthony Di Monte, s'adresse aux médias, le 31 août 2017. (Archives) Photo : Radio-Canada

Bien que cela ait quand même permis aux ambulanciers paramédicaux d'éviter des milliers d'heures dans les salles d'urgence, le temps qu'ils y perdent ne cesse d'augmenter depuis 2014.

La Ville d'Ottawa a aussi embauché 36 nouveaux ambulanciers paramédicaux au cours des deux dernières années pour répondre à la hausse des appels d'urgence et améliorer le temps de réponse.

Dans les derniers mois, la Ville s'est retrouvée avec une vingtaine d'ambulances qui attendaient devant les salles d'urgence des hôpitaux, a rappelé le conseiller municipal d'Osgoode, George Darouze.

« Elles ne devraient pas être là », a-t-il ajouté.

Le campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa est le plus mauvais élève en matière de délais d'attente pour les patients, selon M. Darouze.

Des conseillers municipaux ont évoqué ce problème avec les responsables de l'Hôpital, qui ont promis de mettre fin aux délais de prise en charge.

Le Dr Guy Hébert, directeur du département de médecine d'urgence de l'Hôpital d'Ottawa, affirme que les patients qui nécessitent des soins urgents sont pris en charge très rapidement, mais que la demande est aussi élevée.

De 50 à 60 patients environ arrivent au campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa par ambulance chaque jour, a-t-il précisé. Le quart d'entre eux se font soigner au centre de traumatologie.

Ottawa-Gatineau

Santé publique