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Italie : les populistes révèlent un programme de gouvernement anti-austérité

Gros plan de Luigi Di Maio.
À Rome, le leader du Mouvement Cinq Étoiles, Luigi Di Maio, s'est dit ouvert à l'idée de former une coalition avec toutes les forces en présence. Photo: Reuters / Alessandro Bianchi
Agence France-Presse

Le Mouvement 5 étoiles italien et la Ligue ont rendu public vendredi un « contrat de gouvernement » qui ne prévoit pas de sortie unilatérale de l'euro, mais tourne résolument le dos à l'austérité imposée par Bruxelles.

Ce contrat, qui reste très à droite sur les thèmes comme l'immigration ou la sécurité, vise à présenter la semaine prochaine le premier exécutif antisystème dans un pays fondateur de l'Union européenne, à qui il manque encore un chef.
« C'est un moment historique », a annoncé sur Facebook le chef de file du M5S, Luigi Di Maio, 31 ans, en présentant le texte sur le site du mouvement.

Les militants sont invités à voter jusqu'à 18 h GMT sur « Rousseau », la plateforme Internet du M5S, formation qui prône la démocratie participative depuis son lancement, en 2009, par l'humoriste Beppe Grillo.

« Des jours et des nuits de travail [...]. Finis les mensonges des journaux et télés, voici la réalité: ça vous plaît? », a demandé sur Twitter Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), qui entendait faire voter ses militants samedi et dimanche.

Une fois approuvé, ce « contrat » en 30 points présentés par ordre alphabétique sur une soixantaine de pages devrait être soumis lundi au président de la République, Sergio Mattarella. Le mystère reste toutefois entier sur le nom et même le profil du futur chef du gouvernement. Seule certitude, « ce ne sera ni moi ni M. Di Maio [...]. Nous sommes en train de chercher une synthèse », a assuré M. Salvini, 45 ans.

« Je suis très confiant, nous avons créé la base du gouvernement et le nom du premier ministre ne sera pas un problème », a assuré M. Di Maio jeudi soir.

D'une façon générale, ce « contrat de gouvernement du changement » tourne résolument le dos à l'austérité et parie sur une politique de croissance pour réduire la colossale dette publique italienne.

« L'action du gouvernement visera un programme de réduction de la dette publique non pas par des recettes fondées sur les impôts et l'austérité, des politiques qui n'ont pas atteint leur objectif, mais plutôt par l'augmentation du PIB (Produit intérieur brut) à travers la relance de la demande interne », explique le texte.

Il ne parle plus explicitement d'une sortie de l'euro, comme cela avait été le cas dans de premières ébauches, mais entend « revoir, avec les partenaires européens, le cadre de la gouvernance économique », y compris la monnaie unique, pour « revenir à la situation des origines dans laquelle les États européens étaient mus par une intention sincère de paix, de fraternité, de coopération et de solidarité ».

De quoi préoccuper les partenaires européens, qui ont régulièrement rappelé l'Italie au respect des règles européennes.

« Je vois qu'il y a beaucoup de préoccupation au niveau européen ou international, mais c'est seulement la volonté populaire », a répondu M. Di Maio jeudi soir, alors que l'un des leaders du M5S assurait qu'il fallait écouter « ce qui se dit dans les bars (...) pas dans les conseils d'administration ».

Dans le pays le plus vieux du monde après le Japon, les deux partis prévoient aussi d'abaisser l'âge de la retraite, qui devait passer à 67 ans en 2019. Désormais, il sera possible de cesser le travail quand la somme de l'âge et des années de cotisation aura atteint le chiffre 100.

Dans cette tentative de synthèse de deux philosophies politiques, on trouve aussi bien la rhétorique du M5S sur l'environnement, les nouvelles technologies ou encore la moralisation de la vie publique que le tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam de la Ligue.

Et les deux promesses phares des partis sont bien là, sans calendrier : une réforme fiscale « courageuse et révolutionnaire » avec des baisses d'impôts importantes pour la Ligue, l'instauration d'un « revenu de citoyenneté » de 780 euros par mois pour le M5S.

Le texte évoque aussi l'abandon des sanctions contre la Russie, le développement du référendum d'initiative populaire, l'instauration d'un salaire minimum, l'annulation de la vente d'Alitalia et la remise à plat du projet de liaison Lyon-Turin, une lutte contre les jeux de hasard ou encore l'interdiction des francs-maçons au gouvernement.

Au total, ces mesures pourraient coûter au moins 100 milliards d'euros selon plusieurs experts, sans que l'on sache vraiment comment leur financement pourra être assuré.

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