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Un afflux anticipé au chemin Roxham fait craindre des pénuries de douaniers

Des demandeurs d'asile aux Services frontaliers du Canada à Lacolle
Des demandeurs d'asile aux Services frontaliers du Canada à Lacolle Photo: Reuters / Christinne Muschi

Alors que l'Agence des services frontaliers du Canada lance un appel aux douaniers pour venir prêter main-forte à leurs collègues du Québec en prévision d'un nouvel afflux de demandeurs d'asile au chemin Roxham, le syndicat redoute que ces réaffectations occasionnent des retards dans certains aéroports du pays.

L'Agence des services frontaliers du Canada a transmis à cette fin des notes de service pour recruter des volontaires en vue d’une réaffectation d’agents au Québec du 28 mai au 16 septembre.

L’affectation des agents douaniers se ferait par blocs de quatre semaines, selon la note.

Or, cette concentration d’effectifs le long de la frontière québécoise pendant l’été coïncide avec une période d’achalandage très élevée dans les aéroports du pays notamment à Toronto, Montréal et Vancouver.

Des agents des services frontaliersDes membres de l'Agence des services frontaliers du Canada passent près d'une tente qui abrite des demandeurs d'asile à la frontière canado-américaine, à Lacolle, au Québec, le 10 août 2017. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des retards à prévoir dans les aéroports, selon le syndicat

Ces déplacements d’effectifs vers les frontières terrestres auront forcément un impact sur les temps d’attente dans les aéroports, soutient Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l'immigration.

« On est en train d'assister un peu à un phénomène de déshabiller Paul pour habiller Jean et il risque d'y avoir des conséquences par rapport au temps d'attente. Nous sommes également préoccupés par rapport à la sécurité », explique Jean-Pierre Fortin.

Faute d’un nombre suffisant de douaniers dans les aéroports, les fouilles risquent d’être moins nombreuses et les voyageurs pourraient aussi attendre plus longtemps sur le tarmac, selon M. Fortin.

Une des conséquences qu'on a déjà vues dans le passé, c'est que les personnes qui arrivaient d'outre-mer étaient prises à rester dans l'avion des fois de longues minutes, voire des heures avant d'être envoyées dans le terminal comme tel.

Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l'immigration

Le ministre Goodale se fait rassurant

Or, pour le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, les Canadiens n’ont pas à s’inquiéter pour cet été. Il promet d’ailleurs un bon niveau de service à l’aéroport de Toronto où les gens devraient franchir les douanes en moins de 20 minutes, selon lui.

« Ils gèrent leurs ressources et on a ajouté des fonds additionnels pour cette année », affirme le ministre.

Entre 30 et 40 demandeurs d'asile arrivent chaque jour par le chemin Roxham, leur principal point de passage entre le Québec et les États-Unis.

À titre de comparaison, il en arrivait plus de 150 par jour en avril 2017.

Davantage de ressources

Une dizaine de militaires s'activent parmi des tentes kaki.Des militaires canadiens aménagent un camp pouvant accueillir jusqu'à 500 demandeurs d'asile à Cornwall, le 21 août 2017. Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Cette année, Ottawa déploie davantage d’effectifs à Saint-Bernard-de-Lacolle et met en place des unités d'hébergement temporaire près du chemin Roxham pour réduire la pression sur les ressources frontalières québécoises.

Les autorités s'attendent à une augmentation importante avec le retour du beau temps.

L'an dernier, 19 000 demandeurs d'asile sont arrivés par ce chemin. Cet hiver, entre janvier et avril, la Gendarmerie royale du Canada y a intercepté 7300 demandeurs d'asile.

Après une vague de demandeurs haïtiens l'an dernier, ce serait maintenant au tour de Nigérians de franchir de façon irrégulière la frontière canadienne au chemin Roxham. Ces Nigérians posséderaient un visa de séjour aux États-Unis en bonne et due forme, mais Ottawa croit qu'ils auraient obtenu ce visa dans le seul but de demander le statut de réfugié au Canada.

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