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Des scientifiques s’efforcent de sauver le corégone de l’Atlantique

Des corégones de l'Atlantique dans une rivière
Le ministère des Pêches et Océans n'écarte pas complètement la possibilité de relancer un programme de reproduction en captivité du corégone de l'Atlantique. Photo: www.hww.ca/Bob Semple

Il reste si peu de corégones de l'Atlantique, une espèce en péril au Canada, que des chercheurs capturent de jeunes spécimens en Nouvelle-Écosse pour les conserver en sécurité dans un bassin du gouvernement fédéral.

Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) tente de prévenir l’extinction de cette ancienne espèce parente du saumon de l’Atlantique.

De jeunes corégones de l’Atlantique sont aperçus dans leur dernier refuge, la Petite Rivière, près de Bridgewater.

Aucun spécimen adulte n’y avait été vu en 2014, et les scientifiques se demandaient alors si l’espèce était éteinte, explique le biologiste Jeremy Broome, qui participe aux efforts de préservation. Mais la capture cette semaine de 19 jeunes prouve qu’au moins quelques adultes ont survécu.

Pourquoi l’espèce est-elle en péril?

Comme le saumon, le corégone naît dans des rivières et migre dans la mer où il passe une grande partie de sa vie.

La construction de barrage dans des rivières, les pluies acides et le braconnage sont considérés comme étant des causes du déclin de l’espèce, qui se trouvaient aussi autrefois dans les rivières Tusket et Annis.

Les trois lacs qui forment le bassin hydrographique de la Petite Rivière abritent à l’heure actuelle les derniers corégones de l’Atlantique du monde.

Des espèces envahissantes (l’achigan à petite bouche et le brochet), qui ont été introduites dans cet écosystème par des pêcheurs récréatifs, ont envahi deux des lacs et elles menacent d’entraîner la disparition du corégone de l’Atlantique.

La solution temporaire du MPO

Jeremy Broome et des membres de la Fondation Bluenose Coastal Action ont vérifié chaque jour, cette semaine, les pièges qu’ils ont installés dans le secteur. Ils cherchaient des corégones de l’Atlantique âgés d’une semaine ou deux et qui mesuraient à peine deux centimètres et demi.

Les poissons ainsi capturés sont transportés dans un centre du MPO à Coldbrook, en Nouvelle-Écosse, où ils sont temporairement conservés.

Un homme tient dans ses mains un brochet mailléDes espèces envahissantes, comme le brochet maillé (ci-dessus), risquent d'entraîner la disparition du corégone de l'Atlantique. Photo : CBC/Robert Short

Le ministère cherche un endroit dans la nature où ils pourraient vivre, mais la tâche s’avère difficile. Les espèces envahissantes sont omniprésentes, explique M. Broome. Le MPO n’a pas encore trouvé un endroit où il n’y en a pas. Les recherches se poursuivent.

Un effort de conservation conjoint

Les efforts du MPO réjouissent Andy Breen, coordonnateur du projet pour la Fondation Bluenose Coastal Action, particulièrement l’installation de deux pièges supplémentaires cette année et la décision de conserver des larves dans un milieu sécuritaire.

Des membres de cette fondation font le travail sur le terrain, y compris l’installation des pièges et la cueillette de données.

Puisque le corégone de l’Atlantique est une espèce en péril, le ministère a l’obligation de formuler et de mettre en oeuvre une stratégie pour la préserver.

L’avenir de l’espèce, toutefois, est toujours incertain. Les intervenants n’ont vu aucun spécimen adulte, déplore Andy Breen. Les larves apparaissent pendant deux semaines, en mai, mais moins d’une centaine d’entre elles ont été aperçues en quatre ans, précise-t-il.

Andy Breen est pour le moment la dernière personne ayant vu un corégone de l’Atlantique adulte en 2014. À ce moment, une cinquantaine de ces poissons se nourrissaient près d’un petit barrage du lac Milipsigate.

Y aura-t-il un programme de reproduction en captivité?

Quant aux 19 petits corégones de l’Atlantique qui se trouvent dans le bassin du MPO à Coldbrook, le ministère ne s’engage pas à relancer le programme de reproduction en captivité que le gouvernement précédent avait aboli.

Relancer le programme n’est pour le moment qu’une possibilité, explique Jeremy Broome. Seul le déplacement des larves est approuvé.

Le biologiste reconnaît toutefois que le temps presse. L’extinction du corégone de l’Atlantique pourrait survenir d’ici quelques années, selon lui.

D’après un reportage de Paul Withers, de CBC

Nouvelle-Écosse

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