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L'absence de taxe carbone dénoncée à l'Île-du-Prince-Édouard

Une main de femme tient une pompe à essence verte.
Des experts doutent que la province puisse atteindre ses objectifs en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre sans une taxe carbone. Photo: Radio-Canada

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard fait le pari qu'il n'a pas besoin d'imposer une taxe sur le carbone. Des experts et l'opposition à l'Assemblée législative doutent cependant que la province puisse ainsi atteindre ses objectifs en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

Un texte de François Pierre Dufault

Les libéraux de Wade MacLauchlan estiment que des mesures incitatives, comme des rabais sur les factures résidentielles d'électricité, seront suffisantes pour réduire d'ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre de la province de 30 % en dessous des niveaux de 2005.

Mais rien n'est moins sûr, selon l'opposition.

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, croit que le gouvernement refuse d'assumer la responsabilité d'une telle taxe et préfère qu'Ottawa l'impose à sa place. « Est-ce votre plan depuis le début? » lui demande-t-il.

Le député progressiste-conservateur Brad Trivers, qui s'oppose personnellement à une taxe sur le carbone, accuse le gouvernement de « retarder délibérément l'imposition de la taxe » parce qu'il veut déclencher des élections hâtives au début de l'automne.

Dans les faits, le fédéral pourrait forcer l'Île-du-Prince-Édouard à imposer une taxe sur le carbone s'il juge que le plan de la province ne va pas assez loin.

Mesures « insuffisantes », selon des experts

C'est ce qui risque d'arriver, selon les experts de la Commission d'écofiscalité du Canada (CEC). Le groupe d'économistes qui milite pour l'imposition d'une taxe sur le carbone qualifie d'« insuffisantes » les mesures mises de l'avant par la province, notamment pour réduire la pollution par les transports.

« Tout ce qui touche les combustibles fossiles, tout ce qui touche le carburant pour les véhicules et le gaz naturel pour les édifices, aucune de ces émissions n’est couverte par le plan de l'Île-du-Prince-Édouard », fait valoir Dale Beugin, le directeur général de la CEC.

Le ministre insulaire de l'Environnement, Richard Brown, rétorque que son plan satisfait aux exigences d'Ottawa. « Nous avons un plan qui va nous permettre de réduire nos émissions de carbone », soutient-il.

Avec des informations de Kerry Campbell, CBC

Île-du-Prince-Édouard

Pollution