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Le commissaire à la santé : chien de garde ressuscité

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette.
Le ministre de la Santé Gaétan Barrette affirme qu'il n'avait jamais souhaité l'abolition du poste de commissaire à la santé. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Il y a deux ans, le poste de commissaire à la santé a été aboli. La décision du gouvernement avait alors suscité de vives réactions. On accusait ce dernier d'éliminer le chien de garde du ministère de la Santé. La belle affaire : Gaétan Barrette se donnait plus de pouvoirs, tout ça pour économiser moins de... 3 millions de dollars par année sur un budget de 35 milliards.

Une analyse de Sébastien Bovet, chef du Bureau parlementaire à Québec

Deux ans plus tard, le commissaire est de retour. Dans un simple gazouillis, le ministre de la Santé l’a confirmé : « Décision initiale prise dans le cadre de la révision de programme. J’ai fait des représentations auprès du gouvernement. La situation budgétaire actuelle permet de le ramener. D’où cette décision réfléchie. »

Facile comme ça? Le gouvernement nage dorénavant dans les surplus; il a les moyens de réanimer le commissaire. Je vous le rappelle, la dépense était loin d’être pharaonique : moins de 3 millions de dollars.

« Efficience »

Devant les journalistes, Gaétan Barrette nous a fait une révélation inattendue : « Moi, je n’ai jamais vraiment été en faveur de la chose [l’abolition]. Dans les deux dernières années, j’ai fait des représentations à l’effet que ça devrait revenir. C’était un peu une figure imposée, ça revient, c’est très bien comme ça. »

Pourtant, il y a deux ans, le ministre avait notamment invoqué l'« efficience » pour justifier la décision du gouvernement. Il ajoutait que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) pouvait faire le travail accompli par le commissaire. Si le choix de l’Institut était si efficient, pourquoi revenir en arrière deux ans plus tard?

En coulisses, on murmure que la décision d’abolir le commissaire venait « de plus haut que le ministre ». Directement du bureau du premier ministre. Oui, du même Philippe Couillard qui avait créé le même poste de commissaire à la santé 10 ans plus tôt.

Calmer le jeu

Peu importe qui est responsable, la décision du gouvernement de ressusciter le commissaire ressemble plus à une manœuvre pour calmer le jeu et se donner bonne conscience à l’approche des élections.

Dans un monde où il y a beaucoup de brouillard dans le débat public, où nos politiciens tentent d’embellir la réalité, comme citoyens, nous avons besoin de phares pour y voir plus clair. Le commissaire à la santé apporte cet éclairage indépendant, comme le fait la vérificatrice générale ou la commissaire à l’éthique.

Moins de 3 millions de dollars, ce n’est pas cher payé pour une analyse intègre des services. Ça ne l’était pas en 2016, ça ne l’est pas plus en 2018.

Ah oui! Combien l'INESSS a-t-il fait de rapports ou d'avis sur l’efficience du réseau de la santé depuis qu’il a hérité des responsabilités du commissaire à la santé? Zéro, pas un.

Pourquoi? Parce que le projet de loi abolissant le commissaire n’a jamais été adopté. Deux années sont donc passées pendant lesquelles il n’y avait personne (d’indépendant) pour surveiller le réseau.

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