•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Diversité sexuelle et de genre : encore difficile d'être différent en Atlantique

Les jeunes transgenres n'ont pas la vie facile, confirme un sondage

Railleries, bousculades et regards, en ville tout comme à la campagne, ils sont plusieurs membres de la communauté LGBTQ+ à être victimes d'abus. À l'occasion de la journée contre l'homophobie et la transphobie, trois millénariaux lèvent le voile sur ce qu'ils ont vécu parce qu'ils ne sont pas hétérosexuels.

Un texte de Wildinette Paul

Mia Nowlan, 22 ans, est femme transgenre depuis quatre ans. Il y a environ un mois, elle a eu droit à son plus récent commentaire déplacé.

Mia Nowlan, femme trans.Mia Nowlan dit ne pas avoir trop prêté attention aux commentaires haineux. Photo : Mia Nowlan

Je suis sortie, et un homme m’a regardé de la tête au pied et m'a dit : '' Tu es belle, mais es-tu un homme ou une femme? ''

Mia Nowlan, transgenre

« Ce genre d’affaires te fais juste sentir comme : '' Oh wow! '' Mais moi, ça me fait rire. J’ai roulé mes yeux et je lui ai tourné le dos », raconte Mia Nowlan fièrement.

Elle se décrit comme une femme à fort caractère et cela l’aurait épargné.

« Il y a toujours du monde qui va avoir des opinions négatives, mais je n’ai jamais vraiment porté attention à cela. »

Être homosexuel en région

Sébastien Allain, 25 ans, résident de Cap-Pelé, a été moins chanceux.

Sébastien Allain, homosexuel.Sébastien Allain pense qu'il est primordial de souligner la journée contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. Photo : Sébastien Allain

Au secondaire, il a été le bouc émissaire des autres élèves. « J’ai toujours été flamboyant. Même si je ne le disais pas, les gens savaient que j'étais gai », mentionne-t-il.

Je me faisais pousser dans les casiers. Il y a une fois où on m’a lancé des roches. C’était comme s'ils [les élèves] me disaient que j'étais dans leur chemin. Ils me poussaient et se moquaient.

Sébastien Allain, homosexuel

Sébastien Allain a réalisé à la dure que son orientation sexuelle n’était pas la bienvenue. « En 2010, je me suis fait pousser au bas de l’escalier de l’école », se rappelle l’ancien élève d’une école à Bouctouche.

« C’est toujours quelque chose qu’il faut cacher. Lorsque tu es homosexuel, tu es perçu comme un faible. Les gens se moquent souvent de toi. »

Selon M. Allain, vivre en région en étant membre de la communauté LGBTQ+ peut être un casse-tête par moment.

La plus petite qu’est la région, le plus difficile que c’est puisque tout le monde se connaît et on sait comment les gens pensent. C’est compliqué de sortir et de dire que tu es différent.

Sébastien Allain, homosexuel

L’écart générationnel est aussi une barrière à l’acceptation. « Il y en a plusieurs qui ont des commentaires homophobes. Ils continuent avec ce qu’ils ont connu et parfois ce n’est même pas volontaire des fois. »

Bisexuelle métisse

Christel Robichaud est de son côté bisexuelle. Moitié guinéenne, moitié néo-brunswickoise, elle doit souvent expliquer qu’elle aime les femmes et les hommes.

Ma mère était okay. Mais quand ça arrive à ma mamie, ça devient compliqué. C’est comme si elle ne comprenait pas ou bien elle ne veut pas l’accepter.

Christel Robichaud, bisexuelle

« Elle ne m’a pas chicané ou dit que c’était mal, mais elle a vraiment de la misère, souligne-t-elle. Elle a quand même les croyances africaines. »

Christel Robichaud, une bisexuelle. La grand-mère de Christel Robichaud peine à accepter sa bisexualité. Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

En plus de faire partie de la communauté LGBTQ+, Christel Robichaud, a un handicap physique. « C’est difficile de bâtir des relations à long terme et ça m'inquiète. »

« J’ai déjà entendu que ce n’est pas naturel et que l’on devrait tous mourir, surtout en ligne. Ce n’est pas juste. Il y a de hauts risques de suicide pour les jeunes. » Elle a aussi connu son lot de pensées noires.

Les trois millénariaux rappellent que le 17 mai est une date nécessaire pour dénoncer la transphobie, l’homophobie ou la biphobie dont ils ont été victimes.

« Ça montre aux autres qui on est et qu’est-ce que nous avons vécu », conclut Sébastien Allain.

Nouveau-Brunswick

Communauté LGBTQ+