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La Vérif : à qui doivent aller les pourboires au restaurant?

Les pourboires doivent-ils rester dans les poches des serveurs ou faut-il les partager avec le personnel de cuisine?Les pourboires doivent-ils rester dans les poches des serveurs ou faut-il les partager avec le personnel de cuisine?

Au restaurant, les pourboires doivent-ils rester dans les poches des serveurs? Ces derniers devraient-ils plutôt les partager avec le personnel de la cuisine? Pour trouver la réponse, nous avons fouillé afin de savoir quelles sont les différentes pratiques en matière de pourboires au pays.

Un texte de Vincent Maisonneuve et Nathalie Lemieux

En théorie, le pourboire est facultatif. Or, au Canada, il existe une règle non écrite qui dit qu’on doit donner entre 15 et 22 % du montant de la facture. Dans les faits, la somme ajoutée à l’addition varie légèrement d’une ville canadienne à l’autre.

Par exemple, à Vancouver, un client laisse en moyenne 16,5 %. À Montréal, Toronto, Halifax et Calgary, on donne légèrement moins que la norme de 15 % Et c’est en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick qu’on donne le moins, avec 13,7 %.

À qui doivent aller les pourboires?

Faut-il laisser du pourboire uniquement aux serveurs ou en partager une portion à l’ensemble du personnel en cuisine? Le débat a été lancé en 2016, lorsque des chercheurs de l’Université de Guelph ont démontré que le système de pourboire créait une iniquité salariale entre les serveurs et les cuisiniers en Ontario.

Au Québec, par exemple, les serveurs touchent en moyenne 27,38 $ de l’heure grâce à leur pourboire, alors que les chefs gagnent environ 18,57 $ de l’heure. L’écart est sensiblement le même en Ontario.

Le partage des pourboires existe déjà dans de nombreux restaurants, et ce, partout au pays. Ce qui varie d’une province à l’autre, c’est à qui revient le pouvoir de décider si le pourboire est partagé ou non, et avec qui.

Au Québec, malgré la pression des restaurateurs, le gouvernement a tranché : ce sont les serveurs qui doivent décider ou non de partager leurs pourboires.

En Ontario, depuis 2016, le patron d’un restaurant peut prendre la décision de retenir une portion des pourboires afin de les redistribuer au personnel en cuisine.

L’objectif du partage des pourboires est de réduire les inégalités salariales entre serveurs et cuisiniers. Le recrutement du personnel en cuisine est difficile, et les restaurateurs affirment ne pas avoir les marges de profit suffisantes pour augmenter eux-mêmes les salaires.

Les pourboires pour financer la hausse du salaire minimum en Ontario?

En février dernier, quelques semaines après la hausse du salaire minimum en Ontario, des serveurs ont dénoncé certains patrons de restaurants de la province. Ces employeurs avaient demandé aux serveurs de partager une plus grande part de leur pourboire avec le reste du personnel.

Des serveurs ont alors soupçonné leur patron d’utiliser les sommes supplémentaires pour financer la hausse du salaire minimum, qui venait de passer à 14 $ de l’heure. « C’est en effet devenu une pratique courante depuis la hausse du salaire minimum », soutient Bruce McAdams, professeur à l’Université Guelph et coauteur de l’étude sur les iniquités salariales en restauration.

L’affaire a fait tellement de bruit que la première ministre ontarienne a dû intervenir. Et une enquête de la Commission des relations de travail de l’Ontario est en cours.

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