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Un sans-abri de Kelowna se raconte

Un homme avec une barbe, des lunettes, une casquette bleue et des bottes de randonnée, sourit avec une main sur la hanche alors qu'il pose pour la caméra à l'extérieur sur le trottoir.
Pierre Gervais habite dans l'Okanagan depuis une trentaine d'années. Il n'a pas toujours été un sans-abri, mais des problèmes de dos l'empêchent présentement de travailler. Photo: Radio-Canada / Dominique Lévesque

La Ville de Kelowna veut aider les sans-abri qui y vivent en adoptant une stratégie de type « logement d'abord » intitulée Journey Home. Pierre Gervais, 55 ans, fait partie de ceux qui pourraient en bénéficier.

Un texte de Dominique Lévesque

Pierre Gervais est arrivé à Kelowna il y a 33 ans. Des problèmes de dos chroniques l'empêchent régulièrement de travailler.

J'ai la 2e et 3e vertèbres collées, alors mon dos, une fois de temps en temps, lâche... Le dos, c'est le pire malaise que tu peux pas avoir dans ta vie.

Pierre Gervais, itinérant à Kelowna

Au cours des années, il a dormi dans des parcs, sous des tentes et, maintenant, il dort régulièrement au refuge du Kelowna Gospel Mission, qu'il considère comme son chez-soi. Mais celui-ci comporte toutefois beaucoup de règles.

Un dortoir avec plusieurs lits superposés avec de minces couvertures. Certains lits sont faits, d'autres non.Le refuge Kelowna Gospel Mission offre 90 lits aux sans-abri, dont 14 pour les femmes. Photo : Radio-Canada / Dominique Lévesque

Il faut que tu t'inscrives et que tu arrives avant 21 h parce qu'après 21 h c'est trop tard et tu dors dehors. Comme j'en ai vu cet hiver dormir dans la neige parce qu'ils sont arrivés à 21 h 05.

Pierre Gervais, itinérant à Kelowna

Un autre refuge, le Cornerstone, est ouvert aux itinérants 24 h sur 24, mais il y a beaucoup moins de règles et, donc, beaucoup plus de consommation de drogues et d'alcool et de va-et-vient, selon Pierre Gervais.

Une autre vie

À l'avant-plan un homme qui porte une casquette, des bottes de randonnée et tient un sac avec des canettes vides. Près de lui un employé de la Ville de Kelowna vérifie un parcomètre.La Ville de Kelowna croit qu'il faut d'abord loger les sans-abri pour pouvoir ensuite leur offrir d'autres services. Photo : Radio-Canada / Dominique Lévesque

Pierre Gervais raconte qu'il a déjà eu beaucoup d'argent, qu'il a beaucoup voyagé et qu'il a même été propriétaire d'un verger. Il est homme à tout faire, horticulteur, charpentier et ferblantier.

Lorsque son dos ne le fait pas souffrir, il essaie de travailler et il ramasse les bouteilles vides pour faire un peu d'argent. Mais il déplore le coût de la vie élevé à Kelowna qui rend la vie difficile aux plus démunis.

Asteure, il faut que tu fasses de l'argent. Le monde sont à peine payé 15 $ de l'heure, j'étais payé 15 $ l'heure il y a 36 ans, et le niveau de la vie a augmenté.

Pierre Gervais, itinérant à Kelowna
Deux hommes et une femme sont debout dans une cuisine. Deux portent un tablier et préparent de la nourriture dont une salade dans un gigantesque contenant en plastique.Des bénévoles préparent trois repas et des collations chaque jour pour les personnes démunies de Kelowna. Photo : Radio-Canada / Dominique Lévesque

Priorité au logement

Un comité de travail de la Ville de Kelowna a été formé en janvier pour élaborer des solutions pour soutenir les itinérants avec tous les organismes qui les aident de près ou de loin.

L'initiative Journey Home est menée par la Dre Alina Turner, qui a travaillé avec de nombreuses villes au Canada, dont Victoria, Edmonton, Calgary et Yellowknife, pour instaurer un plan de lutte contre l'itinérance.

L'objectif est d'en arriver à zéro sans-abri dans les rues grâce à diverses stratégies de logements subventionnés et d'aider les jeunes à ne pas tomber dans l'itinérance.

L'objectif est de construire 300 logements pour ceux qui en ont besoin et de trouver des fonds pour 500 autres personnes qui ont besoin d'aide.

Martin Bell, coprésident, groupe de travail Journey Home de Kelowna
Un chariot d'épicerie, dans un hangar, qui contient un sac sport bleu et des vêtements et au sol un soulier noir d'homme. Un programme d'entreposage au Kelowna Gospel Mission permet aux itinérants de ranger leurs affaires personnelles en toute sécurité. Photo : Radio-Canada / Dominique Lévesque

Les recommandations du comité de travail de Journey Home seront présentées au conseil municipal au mois de juin.

Je vais changer, je suis juste un itinérant temporaire... Je vais peut-être avoir un logement demain.

Pierre Gervais, itinérant à Kelowna

Au moment de notre rencontre, Pierre Gervais attendait des nouvelles d'une travailleuse sociale pour savoir s'il pourra obtenir un logement subventionné.

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