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Le MRC d’Abitibi s'oppose à la volonté du ministère et refuse l’agrandissement de la sablière

Une sablière est située directement sur l'esker Saint-Mathieu-Berry, en Abitibi-Témiscamingue.
Une sablière est située directement sur l'esker Saint-Mathieu-Berry, en Abitibi-Témiscamingue. Photo: Radio-Canada / Mélanie Picard

Les maires de la MRC d'Abitibi ont refusé la demande d'agrandissement de la sablière à Saint-Mathieu-d'Harricana, s'opposant ainsi à la volonté du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles.

Un texte de Thomas Deshaies

Les élus régionaux sont préoccupés par l’emplacement de la sablière, exploitée par les entreprises Roy et Frères. Celle-ci est située directement sur l’esker Saint-Mathieu-Berry, entre le puits d’alimentation de la Ville d’Amos et l’usine d’embouteillage d’eau Eska.

Les 16 maires de la MRC ont voté à l’unanimité contre l’agrandissement hier soir. « On a discuté amplement de cette demande, explique le préfet suppléant, Pascal Rheault. On sait très bien que la situation de cette gravière est vraiment problématique et on a donc refusé la demande. »

Pas de risque, selon le MERN

Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN), à qui appartient le terrain de la sablière, a délégué son pouvoir d’octroi des baux à la MRC d’Abitibi.

Questionné à ce sujet il y a une semaine, le directeur du développement et du contrôle de l’activité minière au MERN, Roch Gaudreau, avait affirmé que la MRC ne pouvait pas refuser la demande. « Les MRC n’ont pas le pouvoir de refuser lorsque l’exploitation est effectuée en vertu de la Loi sur les mines », avait-il expliqué.

Carte d'une portion de l'Abitibi-Témiscamingue Pour la Société de l'eau souterraine de l'Abitibi-Témiscamingue (SESAT), les normes entourant l'exploitation des sablières sont beaucoup moins contraignantes que celles entourant l'exploitation minière et un rattrapage est nécessaire Photo : Radio-Canada

La MRC demande au ministre de refuser la demande pour motif d’intérêt public

Or la MRC d’Abitibi, fait appel à l’article 142.0.1 de la Loi sur les mines, pour appuyer sa démarche d’opposition. Cet article stipule que « le ministre peut refuser une demande de bail pour l’exploitation du sable et du gravier pour un motif d’intérêt public. Il peut également refuser une telle demande afin d’éviter des conflits avec d’autres utilisations du territoire. »

Selon M. Gaudreau, il n’y pas de risque tangible pour l’eau souterraine. Il justifie l'agrandissement de la sablière par la nécessité de fournir du matériel stratégique pour les chantiers de construction environnants. « Faut quand même protéger quelques sablières pour assurer la pérennité de l'accès aux ressources », avait-il expliqué la semaine dernière.

« On était conscient de la position qu’on prenait, mais je pense qu’on l’a prise de bonne foi pour la protection de la ressource, affirme le préfet suppléant, Pascal Rheault. On est conscient qu’il y a du développement économique, puis qu’on a besoin de gravier, mais à un moment donné, il y a peut-être d’autres secteurs limitrophes, parce que c’est vraiment au cœur de l’esker. »

La MRC d’Abitibi demande aussi de suspendre temporairement l’émission de bail ou d'agrandissement dans le secteur de la sablière d’ici 2021, alors que la révision des limites de l’aire d’alimentation de la Ville d’Amos devrait être complétée.

En droit de refuser, dit le gouvernement

Le député libéral d'Abitibi-Est, Guy Bourgeois, a parlé vendredi matin en tant que porte-parole du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et a rappelé le rôle et les droits des gouvernements de proximité que sont les municipalités et les MRC.

« C'est le pouvoir qui leur est conféré. Donc, la gestion des sablières et gravières sur le territoire de la MRC Abitibi leur incombe et nous, ce qu'on vient confirmer, clairement, c'est qu'ils sont en plein droit de le faire, c'est la délégation de pouvoirs qui leur a été attribuée en lien avec ça », affirme Guy Bourgeois.

À lire également : Agrandissement de la sablière : Guy Bourgeois appuie la MRC d'Abitibi dans sa décision



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